La guerre des Gaules 2

Nouvelles révoltes des Belges

 

Après cette seconde expédition en Bretagne, les Romains rentrèrent en Gaule avec leurs prisonniers. Les récoltes ayant été médiocres, César dut disperser ses troupes pour l‘hiver. C. Fabius se rendit chez les Morins, Q. Cicéron s’installa chez les Nerviens, L. Roscius prit ses quartiers chez les Esuviens et T. Labienus chez les Rèmes. M. Crassus et C. Trebonius allèrent en Belgique. Q. Titurius Sabinus et L. Aurunculeius Cotta se rendirent avec une légion chez les Eburons. César attendit en Gaule que ses troupes soient convenablement fortifiées. Le chef carnute Tasgète, un ami de Rome, ayant été assassiné. Munatius Plancus reçut l’ordre de s’installer à la tête d’une légion chez les Carnutes.

 

Deux semaines plus tard, les Eburons Ambiorix et Catuvolcus, poussés par le Trévire Indutiomar, se soulevèrent et attaquèrent Sabinus et Cotta. Ils furent d’abord repoussés. C. Arpineius et Q. Junius furent envoyés pour négocier. Ambiorix affirma que son peuple l’avait forcé à attaquer la légion, que toute la Gaule allait bientôt se soulever et que des mercenaires germains arrivaient déjà pour participer à l’insurrection. Il suggérait à la légion de Sabinus et Cotta de partir tout de suite en disant qu’il la laisserait faire sans l’attaquer. Les légats étaient surpris qu’un peuple sans grande envergure ose s’attaquer seul aux Romains. Cotta était d’avis de résister dans le camp retranché. Sabinus, au contraire, voulait rejoindre rapidement la légion la plus proche. Après de longues discussions, Cotta céda et le départ eut finalement lieu un matin, en une longue colonne encombrée de bagages.

 

Les Gaulois avaient tendu une embuscade. Les soldats romains durent combattre dans des conditions très défavorables. Sabinus perdit complètement la tête alors que Cotta se conduisit en vrai chef. On abandonna les bagages. Ambiorix avait ordonné à ses hommes d’éviter le contact direct avec les combattants romains et de laisser les cohortes se fatiguer. Les Romains résistèrent toute la journée. Cotta fut blessé au combat. Sabinus implora Ambiorix de les épargner mais il fut tué. Cotta et la plupart des soldats périrent en se battant. Les survivants, peu nombreux, réussirent à regagner le camp abandonné et s’y suicidèrent presque tous. Quelques rares fugitifs purent rejoindre Labienus et lui raconter ce qui s’était passé.

 

Ambiorix se rendit ensuite chez les Atuatuques et chez les Nerviens pour les pousser eux aussi à la révolte. Il voulait attaquer la légion de Cicéron. Les Nerviens à leur tour rameutèrent les Centrons, les Grudiens, les Lévaques, les Pleumoxiens et les Geidumnes. Ils se jetèrent tous sur le camp de Cicéron qui eut beaucoup de mal à résister et ne parvint pas à demander des secours. Le camp résista pendant plusieurs jours. Des notables nerviens essayèrent de tendre à Cicéron le même piège qu’Ambiorix à Cotta et Sabinus. Mais il refusa sagement de quitter son camp retranché. Les Nerviens, grâce aux conseils de prisonniers romains, réussirent à organiser un siège en règle. Ils parvinrent même à mettre le feu au camp. Mais les Romains continuèrent à résister. Les centurions T. Pullo et L. Vorenus qui rivalisaient sans cesse de bravoure entre eux se jetèrent un jour sur les Gaulois, semèrent le désordre dans leurs rangs et purent rentrer au camp sains et saufs. Enfin, le Nervien Vertico, un ami de Cicéron, parvint à faire passer un message de celui-ci à César.

 

Sitôt prévenu, celui-ci convoqua Crassus chez les Bellovaques. Il ordonna à Fabius d’aller chez les Atrébates et à Labienus de se porter avec ses forces vers la frontière des Nerviens. Il prit avec lui 400 cavaliers et partit en laissant la ville de Samarobriva à la garde de Crassus. Il fut rejoint par Fabius. Labienus, informé de ce qui était arrivé à Sabinus et Cotta, resta pour surveiller les Trévires. César arriva chez les Nerviens avec ses deux légions. Apprenant son arrivée, les assaillants se retournèrent contre lui mais il en fut averti à temps. Sachant que Cicéron était dégagé, César prit son temps. Il fit bâtir un petit camp et simula la crainte. Ces feintes attirèrent les Gaulois. Alors qu’ils s’attaquaient à la palissade du camp, César fit une sortie. Les Gaulois, surpris, se débandèrent et il y eut beaucoup de victimes parmi eux. Après cela, César put rejoindre Cicéron et félicita les soldats de leur vaillance.

 

Labienus apprit très vite la victoire de César. Les Rèmes vinrent aussitôt le féliciter. Quant à Indutiomar, il rentra chez lui. César décida de passer l’hiver dans la région de Samarobriva avec trois légions pour calmer l‘agitation née de la défaite de Sabinus et Cotta. Il convoqua les chefs gaulois et réussit à les maintenir dans l‘obéissance. Mais, au même moment, les Sénons tentèrent d’assassiner leur roi, nommé Cavarinos. Celui-ci parvint à fuir mais fut néanmoins déchu par son peuple. Ils envoyèrent une ambassade à César pour justifier leur action mais refusèrent de faire comparaître devant lui leur sénat tout entier. Ces événements suffirent à redonner des envies de révolte aux autres Gaulois, sauf aux Rèmes et aux Héduens. Indutiomar et les Trévires ne réussirent pas à attirer avec eux les Germains mais ils réussirent à mettre sur pied une grande armée gauloise. Indutiomar convoqua l’assemblée en armes, ce qui est une façon de déclarer la guerre. Il fit condamner son gendre Cingétorix et annonça qu’il allait attaquer Labienus puis les Rèmes avant de rejoindre les Carnutes et les Sénons. Labienus, dont le camp était puissamment fortifié, convoqua des cavaliers des cités voisines. Il parvint à les rassembler sans qu’Indutiomar s’en aperçoive. Les Trévires provoquèrent les Romains toute la journée. Au moment où ils repartaient, les cavaliers romains firent une sortie et tuèrent Indutiomar. A cette nouvelle, les Eburons et les Nerviens se dispersèrent et la Gaule se calma aussitôt.

 

César craignait malgré cela l’agitation. Il envoya les légats M. Silanus, C. Antistius Reginus et T. Sextius lever de nouvelles troupes et demanda à Pompée de lui envoyer les recrues d‘Italie du nord. Il voulait ainsi montrer aux Gaulois que Rome pouvait remplacer rapidement une légion perdue. Il obtint toutes les troupes demandées. Les proches d’Indutiomar continuaient à attirer les Germains. Une alliance fut même conclue avec Ambiorix. César pensa qu’il lui fallait prendre les devants et se porta avant la fin de l’hiver chez les Nerviens avec quatre légions. Ils durent se soumettre. Au printemps, César tint l’assemblée des peuples gaulois. Les Sénons, les Carnutes et les Trévires ne vinrent pas. César transporta alors l’assemblée à Lutèce et se rendit chez les Sénons. Acco, le chef de la rébellion, fit intercéder les Héduens en son nom auprès de César qui accepta sa soumission. Les Carnutes firent intervenir pour eux les Rèmes. César fit porter ses efforts contre Ambiorix et les Trévires. Connaissant les liens qui unissaient Ambiorix, les Germains et les Ménapes, il envoya l’équipement à Labienus, chez les Trévires, et marcha avec cinq légions contre les Ménapes qui se réfugièrent dans la forêt. César ravagea leur pays et ils durent finalement se soumettre.

 

Les Trévires s’apprêtaient à attaquer Labienus quand ils apprirent qu’il avait reçu des renforts. Alors ils attendirent prudemment l’arrivée des contingents germains. Labienus s’installa non loin d’eux et fit croire aux Gaulois qu’il levait le camp par peur. Voyant cela, les Gaulois l’attaquèrent dans une position défavorable. Alors Labienus se retourna contre eux et remporta la victoire. Les Germains rentrèrent alors chez eux et les Trévires firent à leur tour leur soumission. César décida de traverser le Rhin pour se venger et pour couper la retraite d’Ambiorix. Il fit établir un pont. Les Ubiens lui envoyèrent des ambassadeurs pour affirmer qu’ils n’avaient pas aidé les Trévires. César réalisa que c’étaient les Suèves qui les avaient aidés. Les Ubiens lui apprirent aussi que les Suèves concentraient des troupes à l‘entrée de la forêt qui les séparait des Chérusques.

 

Considérations sur la société gauloise

 

Les Gaulois sont organisés en clans et divisés en deux groupes. Les Héduens étaient à la tête d’un de ces groupes. Les Séquanes de l’autre. Après avoir longtemps dominé, les Héduens de Diviciac s’étaient effacés devant les Séquanes. A l’arrivée de César, ils reprirent la prépondérance et les Séquanes cédèrent leur place aux Rèmes. Seuls les druides et les chevaliers sont importants parmi les Gaulois. Les druides sont à la fois prêtres et juges. Ils ont un chef et se réunissent chaque année chez les Carnutes. Ils ne font pas la guerre et ne payent pas d’impôt. Ils enseignent que les âmes passent d’un corps à un autre. La puissance d’un chevalier se reconnaît au nombre de ses serviteurs. Les chevaliers sont ceux qui font la guerre. Les Gaulois sont très religieux et pratiquent des sacrifices humains. Mercure est le dieu le plus populaire en Gaule, avant Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. Les Gaulois disent descendre de Dis Pater, le dieu des enfers. Ils ont des cérémonies funéraires grandioses. Leurs magistrats gardent secrètes leurs informations.

 

Les Germains ont des moeurs très différentes de celles des Gaulois. Ils n’ont pas de druides, ils ne font pas de sacrifices et ne connaissent que les dieux qu’ils peuvent voir comme le soleil et la lune. Ils ne cultivent pas et se nourrissent de fromage et de viande. Ils ne connaissent pas la propriété privée de la terre. Leur gloire consiste à ravager les territoires qui leur sont frontaliers. En temps de paix ils n’ont pas de chef suprême. Autrefois, les Gaulois l’emportaient sur les Germains au point que les Volques Tectosages sont allés s’installer en Germanie. Mais les Gaulois se sont progressivement amollis au contact de la civilisation de Rome et par le commerce maritime. La forêt Hercynienne est immense. On y rencontre une sorte de bœuf qui ressemble à un cerf. On y trouve aussi des élans et des aurochs.

 

Lutte contre les Germains

 

Apprenant par les Ubiens que les Suèves étaient réfugiés dans la forêt, César décida de repasser le Rhin. Il fit couper le pont derrière lui et laissa seulement sur place une tour et une garnison sous les ordres de C. Volcatius Tullus. Il se tourna alors contre Ambiorix et traversa la forêt des Ardennes. Les cavaliers furent envoyés en avant sous les ordres de L. Minucius Basilus. Après une marche rapide et discrète, Basilus réussit à surprendre et à capturer de nombreux ennemis qui lui apprirent où se trouvait Ambiorix. Celui-ci réussit cependant à s’échapper. Ambiorix envoya des messagers pour dire à ses alliés de se disperser et ils se réfugièrent où ils purent. Catuvolcus, roi d’une partie des Eburons, se suicida. Les Sègnes et les Condruses, d’origine germanique, envoyèrent des ambassadeurs à César pour affirmer qu’ils n’avaient pas aidé Ambiorix. César réunit ses bagages à Atuatuca sous la garde d’une légion récemment recrutée aux ordres de Q. Tullius Cicéron. Labienus fut envoyé avec trois autres légions vers l’océan. C. Trebonius avec également trois légions alla ravager le pays des Atuatuques. Avec les trois dernières légions, César partit à a recherche d’Ambiorix en direction de l’Escaut.

 

Il n’y avait pas en face de lui d’armée constituée et la région ne disposait pas de places fortes. Mais la nature elle-même protégeait la population. Les Romains ne pouvait l’atteindre mais les soldats isolés étaient en danger. César encouragea les peuples voisins à ravager le pays des Eburons, ce que firent les Germains Sugambres. Mais des prisonniers les poussèrent à attaquer Atuatuca. Cicéron avait tenu ses hommes consignés pendant plusieurs jours puis, pensant que César ne reviendrait pas de sitôt, il avait permis à une partie de ses troupes d’aller au ravitaillement. C’est à ce moment que les Germains arrivèrent. Le désordre et la panique se mirent dans le camp romain. Le centurion primipile Publius Sextius Baculus, pourtant malade, galvanisa la résistance. Les fourrageurs, jeunes soldats inexpérimentés, ne savaient que faire et furent attaqués par les Germains. Un groupe de vétérans dirigés par le chevalier C. Trebonius parvint à regagner le camp, suivi par les valets et les cavaliers. Tous les autres furent massacrés. Voyant le camp se mettre en défense, les Germains repassèrent le Rhin avec leur butin. Volusenus et ses cavaliers, arrivés dans la nuit, ne parvinrent pas à calmer la frayeur de ceux qui croyaient toute l’armée anéantie. Finalement, César lui-même arriva. Il comprit quelle avait été la part de la malchance dans cette affaire. Il repartit ravager le pays, mais Ambiorix lui échappa de nouveau. César ramena finalement son armée à Durocorturum, la ville des Rèmes. A l’assemblée de la Gaule, il fit exécuter Acco. Il mit ensuite les légions en quartiers d’hiver: deux chez les Trévires, deux chez les Lingons, six à Agedincum chez les Sénons. Ensuite, il repartit pour l’Italie.

 

Vercingétorix

 

Pendant l’hiver, les Gaulois crurent que les troubles qui avaient lieu en Italie retiendraient César et ils recommencèrent à comploter. Les Carnutes prirent la tête de la révolte. Conduits par Cotuatos et Conconnetodumnos, ils envahirent la ville de Cenabum et massacrèrent tous les citoyens romains qui s‘y trouvaient. La nouvelle de ce coup de force se répandit très rapidement à travers toute la Gaule. Chez les Arvernes, le mouvement fut dirigé par Vercingétorix, fils d’un nommé Celtillos qui avait été auparavant mis à mort parce qu‘il voulait devenir roi. Son oncle Gobannitio le chassa de Gergovie mais il réunit autour de lui une troupe qui lui permit de reprendre la ville. Vercingétorix fut alors proclamé roi et obtint l’appui des Sénons, des Parisiens, des Pictons, des Cadurques, des Turons, des Aulerques, des Lémovices, des Andes et des peuples proches de l’océan. Il prit en main l’organisation d’une armée, avec énergie et même férocité. Une partie de l’armée gauloise alla chez les Ruthènes sous les ordres du cadurque Lucterios. Vercingétorix se rendit avec le reste des troupes chez les Bituriges. Ceux-ci demandèrent alors l’aide des Héduens qui, conseillés par les Romains, envoyèrent des guerriers. Mais ceux-ci, prétextant un risque de trahison, ne traversèrent pas la Loire et les Bituriges passèrent du côté de la révolte.

 

Apprenant les événements qui se déroulaient en Gaule, et comme les choses s’étaient arrangées en Italie, César voulut rejoindre son armée mais il se demandait ce qu’il valait mieux faire. Lucterios parvint à entraîner les Ruthènes dans la révolte. Il s’entendit ensuite avec les Nitiobriges et les Gabales et menaça la province romaine, dans la région de Narbonne. César réussit à gagner Narbonne et installa des postes militaires chez les Ruthènes, les Volques Arécomiques et les Tolosates. Il rassembla ensuite une partie de ses troupes chez les Helviens. Comme Lucterios s’était replié, César y alla lui-même. Malgré la neige très épaisse qui recouvrait la région, il parvint chez les Arvernes qui furent surpris de son arrivée. Vercingétorix quitta alors le pays des Bituriges et rentra chez lui.

 

César laissa le commandement à Brutus et alla chercher des renforts. Il trouva des cavaliers à Vienne. Il traversa ensuite le pays des Héduens pour aller chez les Lingons. Là, il rassembla toutes les légions disponibles. Vercingétorix retourna chez les Bituriges et assiégea la place de Gorgobina, chez les Boïens. César était pris entre la nécessité d’aider un peuple ami et la difficulté de se ravitailler en hiver. Il laissa à Agedincum deux légions et se rendit chez les Boïens avec les autres. Il assiégea au passage Vellaudunum, ville des Sénons. Quand les habitants envoyèrent des négociateurs, il laissa le légat Caius Trebonius terminer l’affaire et partit vers Cenabum, ville des Carnutes. Les habitants furent surpris par son arrivée. La ville fut prise de nuit, au moment où les habitants tentaient de fuir. Elle fut pillée et incendiée. César se rendit ensuite chez les Bituriges. Vercingétorix se retourna contre César qui était en train d‘assiéger Noviodunum, ville des Bituriges. La ville était en train de se rendre quand apparut l’armée gauloise. Les habitants reprirent espoir. Les cavaliers romains plièrent sous le choc mais une troupe de Germains de l’armée de César emporta la décision. Et Noviodunum dut réellement se rendre. César repartit alors pour Avaricum, la plus grande ville des Bituriges. Vercingétorix décida de pratiquer la politique de la terre brûlée devant les Romains. En un seul jour, vingt villes bituriges furent incendiées par les Gaulois eux-mêmes. Vercingétorix accepta quand même de défendre Avaricum. Il vint s’installer à proximité et surveilla les opérations du siège.

 

César était confronté pour le ravitaillement de ses troupes d’une part à la mauvaise volonté des Héduens et d’autre part à la pauvreté des Boïens. Ses soldats souffraient de la faim mais ils refusèrent d’interrompre le siège comme leur chef le leur proposait. César apprit que Vercingétorix s’était rapproché et voulait lui tendre une embuscade. Lui-même marcha sur le camp gaulois mais il fut repéré par des éclaireurs. Les Gaulois occupèrent une colline protégée par des marais. Alors César ramena ses troupes au siège de la ville. Revenu parmi les siens, Vercingétorix fut accusé de trahison, l’arrivée de César ayant suivi de peu son départ. Il se défendit en particulier en faisant comparaître des prisonniers qui affirmèrent que les Romains allaient bientôt partir, chassés par la faim. Vercingétorix fut acclamé et on envoya des troupes secourir Avaricum.

 

Les assiégés imaginaient toutes sortes de stratagèmes pour s’opposer à l’avance des Romains. Les murs des fortifications gauloises sont faits de poutres et de pierres ce qui les rend particulièrement résistants aussi bien au feu qu’au bélier. La pluie et le froid gênaient les assaillants romains mais les travaux de siège progressaient malgré tout. Une nuit, les Gaulois tentèrent une sortie et réussirent à mettre le feu aux ouvrages de siège. Mais les Romains surent résister et le combat dura toute la nuit. Les Gaulois firent preuve d’une grande vaillance. Les morts étaient aussitôt remplacés au combat. Ils durent cependant battre en retraite quand l’incendie fut éteint. Le lendemain, les Gaulois se décidèrent à quitter nuitamment leur ville. Mais les femmes, qui ne voulaient pas être abandonnées, attirèrent l’attention des Romains par leurs cris. On donc renonça à la sortie. Le surlendemain, sous une forte pluie, César ordonna l’assaut. Les remparts furent pris aisément. Les Gaulois effrayés tentèrent de fuir mais furent massacrés. Les 40.000 habitants périrent presque tous. Une poignée d’entre eux seulement parvint à atteindre le camp de Vercingétorix.

 

Vercingétorix redonna confiance à ses troupes par un discours. Les Gaulois reconnurent qu’il avait au départ voulu incendier Avaricum au lieu d’essayer de la défendre. Ils acceptèrent même, contrairement à leurs habitudes, de fortifier leur camp. Vercingétorix tentait d’attirer à lui de nouveaux peuples. Teutomata, roi des Nitiobriges, dont le père était pourtant ami de Rome, le rejoignit avec des troupes. Ayant trouvé du ravitaillement, César resta quelques jours à Avaricum. Il s’apprêtait à repartir en guerre quand des députés héduens arrivèrent. Ils demandaient son assistance parce que deux de leurs magistrats, nommés Convictolitave et Cotos, se disputaient le pouvoir. Bien que cela le retardât dans ses projets, César décida d’intervenir pour ce peuple ami des Romains. Il convoqua tout le monde à Decetia. Il réalisa que Cotos avait été élu de façon irrégulière et le força à se démettre au profit de Convictolitave. Exhortant ensuite les Héduens à la concorde, César leur demanda des troupes pour protéger ses convois. Il envoya ensuite Labienus et quatre légions contre les Sénons et les Parisiens. Avec six autres légions, lui-même longea l’Allier en direction de Gergovie, chez les Arvernes. Vercingétorix coupa les ponts et suivit César.

 

Gergovie

 

César établit son camp dans une forêt juste en face d’un pont détruit. Le lendemain, il partit avec les bagages et la plus grosse partie de ses troupes mais il laissa secrètement en arrière deux légions qui reconstruisirent le pont sur la rivière. Quand cela fut fait, les deux légions passèrent sur l’autre rive et César rappela les autres. Il arriva devant Gergovie en cinq jours. La ville était fortifiée par la nature elle-même. César voulut néanmoins en entreprendre le siège. Les troupes gauloises étaient positionnées sur les collines qui dominaient le camp romain. César réussit à s’emparer d’une hauteur dont la possession empêchait les Gaulois de s’approvisionner facilement. Il y installa deux légions et relia les deux camps entre eux. Pendant ce temps, l’héduen Convictolitave, corrompu par l’argent des Arvernes, prit le parti de la révolte. Il confia les troupes normalement destinées à appuyer César à un complice nommé Litavic. A peu de distance de Gergovie, Litavic, se fondant sur de fausses nouvelles comme celle de la mort de deux cavaliers héduens, Eporédorix et Virilocal, réussit à convaincre sa troupe de rejoindre les Arvernes. Il fit mettre à mort les Romains qui l’accompagnaient et pilla le convoi de ravitaillement. En réalité, Eporédorix et Virilocal étaient vivants et servaient César. Eporédorix lui-même dénonça à César les menées de Litavic.

 

César envoya en toute hâte quatre légions en laissant C. Fabius et deux légions à la garde du camp. Il attaqua la troupe des Héduens révoltés. Ceux-ci comprirent qu’ils avaient été bernés en voyant Eporédorix et Virilocal bien vivants. Litavic se précipita pour se réfugier à Gergovie. César était en train de rentrer lorsque Fabius lui fit savoir qu’il avait été attaqué et qu’il s’attendait à un nouvel assaut. César regagna alors précipitamment le camp. Dans le pays des Héduens, les messages envoyés par Litavic produisirent leur effet, renforcés par l’attitude de Convictolitave. Des citoyens romains furent assassinés. Le tribun militaire M. Aristius et les Romains de Cavillonum furent attirés dehors et attaqués. A la nouvelle de la soumission de leurs troupes à César, les Héduens tentèrent de se faire pardonner. César accepta mais, comme il se méfiait désormais d‘eux, il décida de se retirer de devant Gergovie sans laisser croire aux Gaulois qu’il fuyait. Il voulut néanmoins tenter quelque chose avant de partir. Constatant qu’un secteur des défenses gauloises était dégarni, il organisa une feinte et une attaque surprise. Les Romains s’emparèrent de trois campements et le roi Teutomata eut beaucoup de mal à s’échapper.

 

César fit alors sonner la retraite mais certaines de ses légions ne l’entendirent pas et les soldats se laissèrent entraîner trop en avant par l’appât d’une victoire qu’ils pensaient facile. Ils ne s’arrêtèrent que devant les portes de la ville. Beaucoup de Gaulois crurent alors que celle-ci était perdue. Mais ils se ressaisirent rapidement et reprirent l’avantage. César ordonna au légat T. Sextius de sortir du petit camp pour les impressionner. Lui-même attendit. L’arrivée des cavaliers héduens envoyés par César pour faire diversion effraya les soldats romains au lieu de les rassurer. Des Romains qui avaient pris pied sur les remparts furent repoussés. Les légionnaires furent chassés de leurs positions mais ils se regroupèrent dans la plaine et firent face. Alors Vercingétorix décida d’arrêter la poursuite. Le lendemain, César reprocha à ses soldats leur imprudence et leur indiscipline mais finalement réconforta ses troupes affectées par ce demi-échec. Il offrit la bataille à Vercingétorix qui la refusa. Alors il repartit avec son armée vers le pays des Héduens, sans même être suivi par les Gaulois.

 

Les Héduens Viridomar et Eporédorix demandèrent à César l’autorisation de partir en avant pour ramener leurs compatriotes à la raison. Tout en se méfiant, César accepta en leur rappelant ses bienfaits à l’égard de leur peuple. Il avait rassemblé ses otages, son trésor et ses chevaux à Noviodunum. Les deux Héduens apprirent que Bibracte avait accueilli Litavic, que Convictolitave l’y avait rejoint et qu’ils avaient envoyé des députés à Vercingétorix. Viridomar et Eporédorix firent massacrer la garnison romaine de Noviodunum, se partagèrent les richesses et conduisirent les otages à Bibracte. Ils incendièrent la ville et installèrent des forts tout le long de la Loire. César força la marche et atteignit le fleuve. Il réussit le à traverser à gué, à trouver du ravitaillement et à aller chez les Sénons. Labienus, laissant les renforts à Agedincum avec les bagages, s’était dirigé avec ses quatre légions de vétérans vers Lutèce. Les Gaulois se rassemblèrent sous les ordres du vieux chef aulerque Camulogène derrière un marécage.

 

Labienus retourna alors à Metlosedum dont il s’empara, prit des bateaux, rétablit le pont et repartit vers Lutèce. Les Gaulois incendièrent Lutèce, coupèrent ses ponts et campèrent en face de Labienus. Des bruits laissaient croire que César était reparti. Les Bellovaques préparaient la guerre. Labienus cherchait surtout à revenir sans mal à Agedincum. Il fit partir ses barques sans bruit. Une moitié de la légion resta à la garde du camp. L’autre remonta le fleuve en faisant grand bruit. D’autres bateaux furent envoyés sur le fleuve avec mission de se faire remarquer. Labienus et trois légions quittèrent le camp discrètement. Grâce à un orage violent, les éclaireurs gaulois furent surpris. Les troupes de Labienus passèrent le fleuve sur les bateaux partis en secret. Les Gaulois apprirent tous ces événements et crurent que les Romains s’enfuyaient. Au lever du soleil, Romains et Gaulois engagèrent la bataille. Les légions remportèrent la victoire. Labienus put ensuite retourner à Agedincum puis se rendre auprès de César.

 

La trahison des Héduens avait donné de l’ampleur à la révolte, d‘autant plus qu‘ils disposaient désormais des otages. Une assemblée fut convoquée à Bibracte. Vercingétorix fut confirmé à la tête de la guerre. Ni les Rèmes ni les Lingons ne vinrent à cette assemblée par fidélité à Rome. Ni les Trévires, à cause de leur éloignement. Mais les Héduens se résignaient mal à obéir à Vercingétorix. Celui-ci demanda des otages à toutes les cités gauloises et convoqua la cavalerie. Il réclama des hommes aux Héduens et aux Ségusiaves pour attaquer les Allobroges. Il envoya les Gabales et des Arvernes contre les Helviens. Les Ruthènes et les Cadurques furent lancés contre les Volques Arécomiques. Il essaya aussi de convaincre les Allobroges de le rejoindre. César confia une armée de protection de la Province romaine à son cousin L. César. Les Helviens furent battus. Les Allobroges défendirent énergiquement leur frontière. César se procura de nouveaux combattants chez les Germains. Les Gaulois rassemblèrent une armée considérable. César se dirigeait vers le pays des Séquanes en suivant la frontière des Lingons. Vercingétorix vint à sa rencontre et la bataille fut décidée. Le lendemain, la cavalerie gauloise attaqua l’armée de César qui résista victorieusement. L’action du corps germain entraîna la déroute des Gaulois. Plusieurs chefs héduens furent amenés à César. Ses cavaliers s’étant enfuis, Vercingétorix emmena son armée à Alésia, chez les Mandubriens. Il fut poursuivi par César qui fit commencer aussitôt les travaux de siège.

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