D'Antioche à Jérusalem

VII

(1098-1099)

 

D'Antioche à Jérusalem

 

Après avoir réglé les affaires d'Antioche, les princes envoyèrent des députés à l'empereur de Constantinople pour lui demander de conduire en personne les secours promis, ainsi qu'il s'y était engagé, sinon ils cesseraient de se considérer liés à lui. Ces députés furent Hugues, frère du roi de France, et Baudouin, comte du Hainaut. Au cours du voyage, ce dernier disparut lors d'une attaque et on ne sut jamais quel avait été son sort. Hugues arriva à Constantinople, s'acquitta de sa mission mais n'en informa pas les princes et ne retourna pas auprès d'eux. Après la victoire remportée par les Chrétiens, apparut à Antioche une épidémie aux causes inconnues. Il fallait ensevelir trente à quarante personnes par jour. Adhémar, évêque du Puy, en mourut. Les femmes furent particulièrement atteintes par la maladie. En peu de temps il en périt cinquante mille. Certains dirent que cela venait de l'air et d'autres que le peuple s'était jeté avec trop d'avidité sur la nourriture.

 

Le peuple demandait à repartir. Les princes, redoutant la chaleur et le manque d'eau, estimèrent qu'il valait mieux attendre jusqu'en octobre. Ils disaient que, pendant ce temps, on achèterait d'autres chevaux, que les hommes se rétabliraient par le repos et qu'ainsi il serait plus facile de se remettre en route. Cependant, pour éviter la contagion, ils décidèrent de se séparer les uns des autres. Bohémond alla en Cilicie et s'empara de Tarse, d’Adana, de Mamistra et d'Anavarze. Les autres, loin de la foule, s'occupèrent de leur santé et de leurs chevaux. Beaucoup se rendirent à Edesse, auprès de Baudouin. A la même époque, Rodoan, prince d'Alep, était en conflit avec un de ses satrapes, le gouverneur de Hasarth, et était allé mettre le siège devant ce château.

 

Le gouverneur envoya au duc Godefroi un chrétien qui lui était dévoué avec des présents pour se concilier ses bonnes grâces. Il promettait de se mettre à son service, il offrait même son fils en otage et il le suppliait de venir l'aider. Le duc lui promit sa protection. En même temps il demanda à son frère le comte d'Edesse des troupes pour délivrer Hasarth. Il n'y avait que cinq jours que Rodoan était devant la place quand Godefroi sortit d'Antioche et se mit en marche pour porter secours à son nouvel allié. Les messagers que ce dernier avait envoyés au duc avaient réussi mais ils ne purent retourner jusqu'à lui. Ils prirent alors deux pigeons dressés, leur attachèrent sous la queue des billets sur lesquels ils rapportaient le résultat de leur négociation et leur rendirent la liberté. Les pigeons retournèrent là où ils avaient été élevés. Cette lecture ranima le courage du gouverneur.

 

Le duc était parti d'Antioche depuis un jour lorsqu'il rencontra son frère Baudouin et trois mille hommes. Comme les forces du duc lui paraissaient insuffisantes, son frère lui conseilla d'appeler à son aide les princes restés à Antioche. Le duc envoya aussitôt une députation à Bohémond et au comte de Toulouse. Il leur avait déjà fait la même demande mais, jaloux de la préférence que le gouverneur d'Hasarth semblait lui témoigner, ils n'avaient pas bougé. A la seconde convocation, ils se joignirent à son expédition. Réunis, ils eurent trente mille combattants. Rodoan, malgré ses quarante mille Turcs, préféra se retirer. Les princes, ignorant cette fuite, continuèrent à avancer. Des hommes étaient sortis d'Antioche pour rejoindre l'expédition. Beaucoup d'entre eux tombèrent dans une embuscade. Les Turcs firent quelques prisonniers et tuèrent les autres.

 

Le duc, informé de ce désastre, rebroussa chemin et atteignit les ennemis avant qu'ils aient le temps de se cacher dans leurs retraites. On reprit les prisonniers, on tua un grand nombre de Turcs et on en prit beaucoup plus. Cette troupe, qui formait le corps d'élite de Rodoan et où se trouvaient ses familiers était composée de dix mille hommes. Après cette victoire, l'armée chrétienne se remit en marche. Le gouverneur du château vint à sa rencontre à la tête de trois cents cavaliers. Là, il rendit grâce au duc et aux autres princes et s'engagea personnellement envers eux. Le duc, voyant que la peste persistait, se rendit à l'invitation de son frère qui l'avait prié de venir s'établir chez lui pour éviter les chaleurs du mois d'août. Il emmena avec lui beaucoup d'indigents auxquels il se promettait de fournir tout ce dont ils auraient besoin.

 

Il s'établit dans les environs de Turbessel, de Hatab et de Ravande, vivant sur le pays et voyant très souvent Baudouin. Pendant qu'il était là, il entendit les habitants, surtout les religieux, se plaindre de deux frères, Pancrace et Covasille. Ces deux hommes, des Arméniens, possédaient des places fortes et en profitaient pour accabler de vexations les habitants. Ils avaient poussé l'audace jusqu'à voler des présents que le comte d'Edesse envoyait à son frère et les avaient envoyés à Bohémond. Godefroi, indigné, envoya contre eux cinq cents cavaliers et fit raser leurs châteaux. La présence du duc attirait un grand nombre de gens du peuple, cherchant quelque soulagement à la misère qui les menaçait. Il se montrait généreux envers tous que ceux qui venaient le solliciter.

 

Cette affluence de pèlerins amena à Edesse tant de Latins que les habitants de la ville commencèrent à s'en lasser. Reçus avec hospitalité, ils multipliaient les vexations envers la population. Baudouin ne demandait plus conseil aux nobles du pays. Ceux-ci en vinrent à se repentir de l'avoir choisi pour chef. Ils se lièrent avec les princes turcs du voisinage et se mirent à chercher un moyen de le faire assassiner ou au moins de le chasser. Ils firent transporter leurs trésors dans les châteaux et les villes environnantes. Le comte fut informé par un homme qui lui était dévoué. Il fit aussitôt arrêter tous les conjurés. Il ordonna de crever les yeux aux chefs du complot. Il chasse les autres de la ville et confisqua leurs biens au profit de son trésor. Il amassa ainsi vingt mille pièces d'or dont il se servit pour récompenser ceux qui venaient à lui.

 

La terreur se répandit et les habitants ne songèrent plus qu'à le renverser. Son beau-père, craignant d'être inquiété pour la dot qu'il lui avait promise en lui donnant sa fille et dont il ne s'était pas encore acquitté, se retira dans les montagnes où il possédait des places fortes. Il y avait dans le pays un noble, Turc d'origine, nommé Balak, autrefois seigneur de Sororgia, qu'un traité d'alliance unissait à Baudouin et qui s'était lié avec lui avant que les Latins soient venus en foule à Edesse. Voyant faiblir l'attachement que Baudouin avait eu pour lui, il le pria de venir en personne recevoir l'hommage de la dernière forteresse qui lui restait, déclarant que la bonté du comte valait à ses yeux les plus riches héritages. Il disait qu'il voulait s'installer à Edesse avec femme et enfants et feignait de redouter l'indignation des gens de sa tribu à cause des liens qu'il avait contractés avec les Chrétiens. Le comte accepta.

 

Au jour indiqué, il sortit avec deux cents cavaliers et s'achemina vers la forteresse, précédé par le Turc. Celui-ci y avait introduit en secret cent hommes armés. Lorsque la troupe de Baudouin fut arrêtée près du fort, Balak lui demanda de n'entrer qu'avec quelques amis pour éviter des dégâts. Des gens de sa suite, méfiants, retinrent le comte presque par force au moment où il allait entrer. Le comte ordonna alors à douze hommes de sa suite de pénétrer les premiers dans la citadelle. Pendant ce temps, il prit position dans le voisinage avec le reste de sa troupe et attendit. Les cent Turcs enfermés dans la place sortirent de leur retraite, se jetèrent sur les cavaliers et les firent prisonniers. Le comte, dès qu'il fut informé, s'avança sous les murs du fort, essaya de raisonner Balak, lui rappela ses serments et lui demanda de rendre ses prisonniers, offrant même de payer une rançon.

 

Le Turc refusa si on ne lui rendait Sororgia. Baudouin, voyant qu'il était impossible de s'emparer d'un fort inexpugnable, reprit le chemin d'Edesse. Sororgia était alors au pouvoir de Fulbert de Chartres qui avait sous ses ordres cent cavaliers. Celui-ci, apprenant l'injure que son seigneur avait reçue, chercha à le venger. Pour cela, il établit une embuscade et s'avança, accompagné de quelques hommes, sous les murs de la citadelle de Balak. Ceux qui occupaient le fort, le voyant prendre des bestiaux, s'élancèrent sur lui et le poursuivirent jusqu'au lieu de l'embuscade. Fulbert alors se retourna contre les Turcs, leur tua quelques hommes, repoussa les autres et fit six prisonniers. Il les échangea contre six des hommes pris à Baudouin. Quatre autres purent s'échapper. Les deux derniers furent décapités par ordre de Balak.

 

Dès lors, Baudouin se méfia des Turcs. Il en donna une preuve éclatante. Il y avait dans le pays un Turc nommé Baldouk qui avait vendu au comte la ville forte de Samosate. Il s'était engagé à s'établir à Edesse avec sa famille mais trouvait sans cesse de nouveaux prétextes pour retarder l'accomplissement de ses promesses. Baudouin lui fit trancher la tête. Pendant ce temps, le comte de Toulouse sortit d'Antioche avec un grand nombre de gens du peuple et alla assiéger Albar, à deux jours de marche d'Antioche. La ville prise, Raymond soumit également toute la contrée. Il désigna aussitôt pour évêque de ce pays un certain Pierre, de Narbonne, qui faisait partie de son escorte, et lui assigna la propriété de la moitié de la ville et de son territoire. Plus tard, lorsque l'église d'Antioche fut réorganisée par Bernard, premier patriarche latin de cette ville, l'église d'Albar fut élevée à la dignité de métropole et Pierre devint archevêque.

 

Il y avait aussi, à la suite du comte de Toulouse, un noble, nommé Guillaume, que le hasard avait favorisé lors de la prise d’Antioche en faisant tomber entre ses mains la femme d'Accien et ses deux petits fils encore enfants, nés de son fils Samsadol. Samsadol, pour les racheter, paya une forte somme d'argent à Guillaume. Vers la même époque on vit arriver au port St Siméon une expédition d'hommes venant de Ratisbonne, au nombre de quinze cents environ. Ils succombèrent tous en peu de temps à la maladie qui régnait dans le pays. Pendant trois mois, jusqu’en décembre, la peste exerça ses ravages. Après la prise d'Albar, au début de novembre, les princes qui avaient quitté Antioche pour échapper à la contagion s'y réunirent de nouveau et décidèrent d'aller assiéger Marrah, à huit milles d'Albar.

 

C'était pour eux un moyen de calmer le peuple qui ne cessait de réclamer que l'armée reparte pour Jérusalem. Après avoir fait les préparatifs nécessaires, les comtes de Toulouse, de Flandre et de Normandie, le duc Godefroi, son frère Eustache, et Tancrède allèrent investir Marrah. Les habitants étaient fiers de leurs richesses et se montraient arrogants depuis qu'ils avaient tué plusieurs des nôtres dans une rencontre. Ils plantaient des croix sur leurs remparts et les couvraient d'immondices pour insulter les Chrétiens. Ceux-ci livrèrent plusieurs assauts et se seraient emparés de la ville dès le deuxième jour s'ils avaient eu des échelles. Le troisième jour Bohémond arriva avec de nouvelles troupes et acheva l'investissement de la place.

 

Les Chrétiens poussèrent les travaux du siège. Après avoir comblé les fossés, ils cherchèrent à renverser les murailles. Les assiégés lançaient des pierres, des matières enflammées, des ruches remplies d'abeilles, de la chaux vive, et faisaient tout pour repousser les assiégeants loin des remparts. Les chrétiens attaquaient depuis le matin et les Turcs ne se battaient plus avec la même ardeur lorsque quelques-uns des nôtres dressèrent leurs échelles et parvinrent sur les remparts. Le premier fut un noble, originaire de l'évêché de Limoges, nommé Guilfert des Tours. Il fut suivi de plusieurs autres qui s'emparèrent de quelques tours mais la nuit les empêcha d'occuper le reste de la ville. Afin d'ôter aux ennemis tout moyen de sortir de la place, les chevaliers veillèrent toute la nuit.

 

Cependant le peuple, fatigué de ses longs travaux et de la disette, voyant que la ville était tranquille, se hâta d'y pénétrer sans en prévenir les chefs. Il trouva la ville abandonnée et la pilla. Les habitants qui s'étaient enfuis par des souterrains. Le matin, les princes entrèrent dans la ville sans combat mais ne trouvèrent plus que fort peu de butin. Ayant appris que les assiégés s'étaient retirés dans des souterrains, ils y firent allumer des feux qui les forcèrent à se rendre. Les uns furent tués, les autres furent capturés. Guillaume, évêque d’Orange, mourut dans cette ville. Le duc, après y être resté quinze jours avec l'armée, retourna à Antioche, accompagné du comte de Flandre. Godefroi, voyant que le peuple voulait partir, prit congé de son frère.

 

Après la prise de Marrah, il s'éleva des contestations entre Bohémond et le comte de Toulouse. Ce dernier voulait donner cette ville à l'évêque d'Albar. Bohémond refusait de céder à l'évêque la partie qu'il avait occupée lui-même si le comte ne lui remettait pas les tours dont il s'était emparé à Antioche. Finalement Bohémond renonça à la discussion, repartit pour Antioche indigné et s'empara de vive force des tours que le comte de Toulouse faisait garder par ses hommes. De son côté le comte, pouvant disposer à son gré de la place qu'il avait occupée, la donna à l'évêque d'Albar. Le peuple se plaignait que les princes perdent leur temps. Le but de leur entreprise paraissait négligé. Aussi les Chrétiens résolurent-ils de détruire la ville dès que le comte serait absent afin qu'il ne reste plus aucun obstacle à l'accomplissement de leurs vœux.

 

Les princes se réunirent à Rugia, entre Antioche et Marrah, pour délibérer. Le comte de Toulouse s'y rendit. Les princes se séparèrent sans avoir pris aucune résolution mais, tandis que le comte était à cette réunion, le peuple, en dépit des efforts de l'évêque, renversa de fond en comble les tours et les remparts de Marrah. Raymond en fut extrêmement affligé mais, reconnaissant la détermination du peuple, ne dit rien. Les Chrétiens ne cessaient de le supplier de se mettre à la tête du peuple et de le conduire, déclarant aussi que, s'il refusait, ils choisiraient parmi les soldats un chef quelconque. Les troupes étaient en proie à la disette. On dit même que certains se laissèrent aller jusqu'à manger de la chair humaine. En même temps la peste sévissait. Cela dura plus de cinq semaines.

 

Le comte de Toulouse hésitait. Voulant satisfaire son armée mais sûr que les princes ne le suivraient pas, il donna au peuple un délai de quinze jours pour le départ. Il prit avec lui quelques troupes et se porta en territoire ennemi pour y chercher des vivres. Il s'empara de plusieurs villes, mit le feu à quelques bourgs, prit une grande quantité de bétail, beaucoup d'esclaves, des provisions suffisantes pour ramener l'abondance et les envoya à Marrah. Mais à son retour il retrouva les inquiétudes qu'il avait avant son départ, le peuple repoussant toute idée de retard. Le comte reconnut que les Chrétiens soutenaient une cause juste et qu'il lui était impossible de résister plus longtemps à leurs vœux Bien qu'aucun des autres princes ne soit disposé à le suivre, il brûla la ville et se remit en marche.

 

Comme il n'avait que peu de cavaliers, il demanda à l'évêque d'Albar de bien vouloir le suivre. Celui-ci confia ses affaires à un noble nommé Guillaume de Comliac en lui laissant sept cavaliers et trente fantassins. Guillaume s'acquitta avec dévouement de sa mission. Au jour fixé pour le départ, le comte de Toulouse se mit en route à la tête de dix mille hommes, dont seulement trois cent cinquante cavaliers. Le comte de Normandie et Tancrède se joignirent bientôt à lui, amenant chacun quarante cavaliers et un grand nombre de piétons. Ils traversèrent Césarée, Hamah et Emèse. Les princes de ces villes leur accordèrent des escortes et leur fournirent des vivres. Les habitants des localités par où ils passaient leur faisaient des présents pour obtenir que le pays soit ménagé.

 

L'armée s'accroissait de jour en jour et vivait dans l'abondance. Le nombre de chevaux s'accrut. Après avoir marché quelques jours, les princes décidèrent de se rapprocher de la mer afin d'avoir plus facilement des nouvelles des autres princes et pour pouvoir se procurer toutes les choses dont ils auraient besoin par le moyen des vaisseaux qui allaient d'Antioche à Laodicée. Tout se passait bien mais il arrivait que des brigands attaquent ceux qui ne pouvaient suivre la marche de l'armée. Pour s'y opposer, le comte de Toulouse fit marcher Tancrède, Robert, duc de Normandie, et l'évêque d'Albar en tête de l'armée et se tint en arrière avec quelques hommes. Les pillards se présentèrent mais le comte les mit en déroute, leur prit leurs chevaux et tout ce qu'ils avaient et fit quelques prisonniers. Dès lors, le peuple avança sans rencontrer d'obstacle.

 

Dans tout le pays qu'il parcourut, il n'y eut pas une ville, pas un bourg qui n'envoie des présents à l'armée et à ses chefs, qui ne demande des traités d'amitié. Une seule ville s'opposa au passage de l'expédition. Elle fut prise et pillée. Quelques jours après, les Chrétiens descendirent dans une plaine près de la mer où se trouve la ville d'Archis et ils y établirent leur camp. Archis, une des villes de Phénicie, située au pied du mont Liban sur une colline, à cinq milles de la mer, domine une plaine riche. Elle fut fondée, selon la tradition, par Aracheus, septième fils de Chanaan, qui lui donna son nom. Les Chrétiens dressèrent leur camp près de cette ville en apprenant qu'il y avait des Chrétiens captifs à Tripoli, à six milles d'Archis.

 

Au cours du siège d'Antioche les Croisés avaient pris imprudemment l'habitude de se répandre dans le pays et s'exposaient à tomber aux mains des ennemis. Il n'y avait presque pas de ville ou de bourg où l'on ne retienne ainsi quelques Chrétiens. On en comptait plus de deux cents à Tripoli. Lorsqu'ils furent avertis de l'arrivée de leurs frères, ils firent dire aux princes de mettre le siège devant Archis pour s'en emparer ou du moins pour faire payer la levée de ce siège au roi de Tripoli et lui arracher une grosse somme d'argent en même temps que la liberté des captifs. C'est ce que firent les princes. Cent cavaliers et quatre cents fantassins sortirent du camp chrétien sous la conduite de Raymond Pelet et allèrent jusqu'à Antarados, aussi appelée Tortose, à plus de vingt milles de d'Archis, pour trouver du ravitaillement.

 

Antarados est sur la côte, à deux milles d'une petite île où fut autrefois la ville d’Arados. Antarados fut ainsi appelée parce qu'elle se trouve en face d'Arados. L'une et l'autre sont en Phénicie. Elles furent fondées par Aradius, le plus jeune des fils de Chanaan, fils de Cham, fils de Noé. Le détachement arrivé commença à attaquer Antarados. Les habitants se défendirent avec courage. La nuit venue, ils sortirent secrètement et se retirèrent dans les montagnes. Le matin, les Chrétiens s'approchèrent des murailles et, voyant la ville vide, entrèrent. Ils trouvèrent une grande quantité de vivres et de butin dont ils s'emparèrent. Ils retournèrent au camp chargés de riches dépouilles. L'armée se réjouit beaucoup de ce nouveau succès.

 

Au début de mars, le peuple qui était resté à Antioche, voyant approcher l'époque fixée pour le départ, recommença à solliciter le duc de Lorraine, le comte de Flandre et les princes qui se trouvaient encore en ville, les suppliant de marcher à la tète de ceux qui désiraient accomplir leurs vœux. Cela détermina les princes à se mettre en route. Ils firent préparer tout ce qui était nécessaire pour reprendre leur marche et, conduisant la foule des cavaliers et des piétons qui voulaient se rendre à Jérusalem, ils se réunirent à Laodicée de Syrie, à la tête de vingt-cinq mille hommes. Bohémond les accompagna jusque-là. Il lui était impossible d'aller plus loin de peur de perdre Antioche. Après avoir pris congé de tous, il retourna dans la ville confiée désormais à sa garde.

 

Laodicée est une ville antique, située sur la côte et peuplée de Chrétiens. C'est la seule ville de Syrie qui reconnaisse l'autorité de l'empereur des Grecs. Guinemer de Boulogne, qui était arrivé à Tarse avec sa flotte lorsque Baudouin, le frère du duc, avait pris possession de celte ville, s'était rendu ensuite à Laodicée. Il attaqua la place mais il fut pris et emprisonné avec la plupart de ses compagnons. Comme il venait des terres du père de Godefroi et avait rendu hommage à son frère Baudouin, le duc demanda sa liberté au gouverneur. Celui-ci lui rendit Guinemer, ses hommes et ses navires. Le duc lui donna le commandement de la flotte et lui prescrivit de le suivre tandis qu'il s'avancerait sur terre. Les Chrétiens rallièrent à Laodicée leurs frères qu'ils trouvèrent dans cette ville et ceux qui étaient demeurés à Antioche, en Cilicie et dans toutes les villes des environs. Ainsi réunis, ils suivirent le rivage et se rendirent à Gibel, douze milles plus loin.

 

Ils dressèrent leur camp autour de la place et l'assiégèrent. C'était la première des villes maritimes soumises à l'Egypte. Le gouverneur de cette place offrit au duc six mille pièces d'or et de riches présents pour l'engager à lever le siège. Mais, comme le duc se montrait inflexible, il fit les mêmes offres au comte de Toulouse pour qu'il le délivre du duc de Lorraine. Raymond accepta l'argent. Il fit croire qu'une armée ennemie venait du golfe Persique pour venger Corbogath et chargea l'évêque d'Albar de porter des lettres par lesquelles il priait le duc de Lorraine et le comte de Flandre de renoncer au siège de Gibel et de rejoindre leurs alliés pour résister. Les princes levèrent le siège de Gibel et continuèrent leur route. Ils passèrent à Valénia, ville côtière, puis à Maréclée, la première ville de Phénicie qu'on rencontre en venant du nord, et arrivèrent à Antarados.

 

Ils la trouvèrent vide et admirèrent l'île voisine dans laquelle la flotte trouva un bon mouillage. De là ils parvinrent à Archis où ils retrouvèrent le reste de l'armée. Tancrède leur raconta la ruse du comte de Toulouse. Celui-ci fit des efforts pour se réconcilier avec les autres princes. Il y réussit au bout de quelque temps. Seul Tancrède persista à se plaindre de lui. Le comte de Toulouse avait fait de vaines tentatives pour s'emparer de la ville avant l'arrivée du duc. Il pensa qu'il réussirait avec ce renfort mais ses espoirs furent déçus. Tous les efforts furent vains. Le peuple, dont l'unique désir était de poursuivre sa route, se battait mollement, surtout depuis l'arrivée du duc de Lorraine. Les hommes du comte de Toulouse cherchaient à se soustraire aux travaux du siège afin que le comte parte avec les autres qui, de leur côté, s'étaient arrêtés malgré eux pour céder à ses sollicitations.

 

Les discussions à propos de la lance trouvée à Antioche, sur la question de savoir si c'était bien la lance qui avait percé le flanc de Jésus ou si ce n'était qu'une fable, reprirent. Le peuple doutait de la réalité du récit et les chefs de l'armée se montraient également incertains. Les uns y croyaient. D'autres affirmaient que c'était une invention du comte de Toulouse. Cette discussion était entretenue par Arnoul, chapelain du comte de Normandie, homme lettré mais de mœurs dissolues. Celui qui affirmait avoir eu cette révélation, voulant dissiper les doutes, ordonna d'allumer un bûcher pour se soumettre à l'épreuve du feu. Le peuple se rassembla, six jours avant Pâques. L'homme qui devait subir l'épreuve se nommait Pierre Barthélémy. C’était un clerc peu lettré.

 

Après avoir prononcé une prière, il prit en main la lance et traversa le feu sans dommages. Mais cela ne fit que susciter une autre question. Barthélémy mourut peu de jours après et certains affirmèrent que cela ne pouvait venir que de l'épreuve qu'il avait tentée. D'autres disaient qu'il était sorti sain et sauf du bûcher mais qu'il avait été étouffé par la foule. Ainsi cette question demeura encore indécise. A la même époque, nos princes virent revenir les députés qu'ils avaient envoyés en Egypte sur l'invitation du calife égyptien. Ils étaient accompagnés d'une nouvelle ambassade égyptienne chargée d'apporter un message. Au début, le calife avait sollicité nos princes pour qu'ils l'aident à se protéger des Turcs et des Persans.

 

Maintenant il croyait accorder aux Chrétiens une faveur en leur permettant d'aller sans armes à Jérusalem, par groupes de deux ou trois cents à la fois, et d'en revenir sains et saufs, après avoir accompli leur vœu et prononcé leurs prières. Les princes prirent ces propositions pour une insulte et chassèrent les ambassadeurs. Ce changement des Egyptiens venait de la prise d'Antioche. A la suite de leur défaite, les Turcs ne faisaient plus peur. L''Egypte profita des circonstances. Un certain Émir, chef de la milice du roi des Egyptiens, leur prit Jérusalem dont ils s'étaient emparés trente-huit ans auparavant. Les Egyptiens méprisèrent désormais les secours qu'ils avaient recherchés. Les princes avaient aussi reçu des députés de l’empereur de Constantinople, chargés de se plaindre de Bohémond qui retenait Antioche malgré son serment de fidélité.

 

Ils rappelèrent que tous ceux qui étaient passés à Constantinople s'étaient engagés par serment à ne garder aucune des villes qui avaient fait auparavant partie de l'Empire et à les restituer à l'empereur s'ils parvenaient à s'en rendre maîtres. Mais ils avaient oublié les autres conditions. La convention passée à Constantinople entre les princes et l'empereur disait que celui-ci s'engageait à suivre l'expédition des Chrétiens à la tête de ses troupes. Les princes répondirent aux députés que l'Empereur avait violé le premier les conventions auxquelles il avait souscrit et que c'était avec justice qu'il n'obtenait pas ce dont les princes avaient pu s'emparer. L'empereur s'était aussi engagé envers nos princes à leur fournir sur toute la route les denrées dont ils pourraient avoir besoin. Il avait négligé d'accomplir ses promesses.

 

En conséquence, ils estimaient être dans leur bon droit quant à ce qui s'était passé à Antioche. Les députés de l'empereur insistèrent pour que les princes attendent l'arrivée de leur maître qui devait arriver au début de juillet. Ils ajoutaient qu'il donnerait de riches présents aux princes et qu'il accorderait aux gens du peuple une bonne solde. Le comte de Toulouse jugea qu'il serait bon d'attendre l'arrivée de l'empereur. Les autres princes préféraient poursuivre leur route. Il voulaient surtout éviter les ruses de l'empereur. Il y eut de vives disputes entre les princes et il fut impossible de s'entendre. Le gouverneur de Tripoli en profita. Il avait d'abord offert des sommes considérables pour que l’armée chrétienne lève le siège d'Archis mais, lorsqu'il sut la division qui régnait dans le camp, non seulement il refusa de donner l'argent promis, mais il prit ses dispositions pour marcher contre nos troupes.

 

Les princes laissèrent l'évêque d'Albar défendre leur camp, se préparèrent à la guerre et conduisirent leur armée du côté de Tripoli. Ils trouvèrent le gouverneur sorti à la tête de tous les habitants, attendant avec assurance l'arrivée des Chrétiens. Comme pendant deux mois le comte de Toulouse avait perdu son temps sous les murs d’Archis, les gens de Tripoli redoutaient peu notre armée. Dès que les Chrétiens furent en présence de leurs ennemis, ils s'élancèrent sur eux, les mirent en déroute et les forcèrent à se réfugier derrière leurs remparts. Ils en tuèrent sept et n'en perdirent que trois ou quatre. Le 9 avril, l'armée célébra Pâques près de Tripoli. Après cette victoire, les princes rentrèrent au camp. Le peuple recommença à demander qu'on abandonne ce siège et qu'on se remette en route pour Jérusalem.

 

Finalement, il obtint enfin ce qu'il demandait. On mit le feu au camp. Le duc, le comte de Flandre, le comte de Normandie et Tancrède furent les premiers. Ils abandonnèrent Archis malgré le comte de Toulouse qui fit de vains efforts pour les retenir et se dirigèrent vers Tripoli pour suivre la route qui menait à Jérusalem. Ceux qui avaient accompagné le comte au début étaient les plus empressés à suivre l'armée. Le comte, voyant qu'il ne pouvait les retenir, suivit le mouvement général. Après une marche de vingt milles, ils établirent leur camp devant Tripoli. Le gouverneur leur offrit quinze mille pièces d'or, des chevaux, des soieries et promit de libérer les Chrétiens prisonniers. Il obtint, à ces conditions, que notre armée respecte les trois villes de son territoire, Archis, Tripoli et Biblios. Il envoya en outre aux Chrétiens du bétail et des vivres pour éviter qu'ils ne ravagent les campagnes.

 

Quelques chrétiens de Syrie qui habitaient le mont Liban vinrent féliciter les princes sur leur passage. Les Croisés leur demandèrent quelle était la route qui les conduirait à Jérusalem le plus sûrement. Les Syriens les engagèrent à suivre la côte qui leur offrait l'avantage d'avoir toujours à leur disposition les navires qui suivaient la marche de l'armée. Outre ceux que conduisaient Guinemer et ses compagnons venus de Flandre, de Normandie et d'Angleterre, la flotte se composait encore de vaisseaux génois, vénitiens et grecs qui venaient de Chypre, de Rhodes et des autres îles, chargés de marchandises. Les Croisés prirent avec eux des guides syriens et suivirent la côte, laissant sur la gauche les sommets du Liban.

 

Après avoir passé Biblios, ils dressèrent leur camp au bord d'un fleuve, près d'un lieu nommé Maus. Ils y attendirent les retardataires. Le troisième jour, ils campèrent près de Béryte. Le gouverneur leur envoya de l'argent et des vivres pour qu'on épargne les environs. Le lendemain, ils arrivèrent à Sidon. Le gouverneur de cette ville ne montra aucun empressement à recevoir les Croisés. Se fiant à ses forces, il tenta même d'inquiéter notre armée. Quelques-uns des nôtres s'élancèrent aussitôt sur elles et les forcèrent à se retirer derrière leurs remparts. Dès ce moment, il ne tenta plus de gêner les pèlerins. Le lendemain les princes décidèrent de donner quelque repos au peuple. Ils envoyèrent des hommes dans les environs chercher les vivres dont ils avaient besoin. Ils ramenèrent beaucoup de bétail et rentrèrent au camp n'ayant perdu qu'un noble parti seul en avant et qu'on ne revit plus.

 

Le lendemain, les Croisés repartirent, traversèrent un pays couvert de rochers puis descendirent dans une plaine, laissant sur leur droite l'antique Sarepta de Sidon, le pays d'Elie. Ils arrivèrent à Tyr, métropole de la contrée, antique résidence d'Agénor et de Cadmus, et dressèrent leurs tentes au milieu des vergers. Le lendemain ils poursuivirent leur route, franchirent les défilés situés entre la mer et les montagnes et arrivèrent dans la plaine au milieu de laquelle se trouve la ville d'Accon. Les Croisés dressèrent leur camp près de cette ville. Le gouverneur leur offrit des présents et ils purent acheter des marchandises. Il se montra bien disposé pour nos princes et se lia d'amitié avec eux. Il leur promit même, s'ils s'emparaient de Jérusalem dans l'espace de vingt jours, de leur livrer Accon sans résistance.

 

En partant de là, les Chrétiens laissèrent sur leur gauche la Galilée, passèrent entre le mont Carmel et la mer, et arrivèrent à Césarée, métropole de la seconde Palestine. Ils établirent leur camp à deux milles de la ville et y célébrèrent la Pentecôte, le 28 juin. Après une journée de repos, ils se remirent en route, laissant sur leur droite les villes maritimes d'Antipatris et de Joppé, et, s'avançant à travers une vaste plaine, ils traversèrent l'Eleuthère et arrivèrent à Lydda où l'on voit le tombeau de St Georges. L'empereur Justinien avait fait construire une église en son honneur. Les ennemis, lorsqu'ils apprirent l'arrivée des Chrétiens, la rasèrent, craignant que les Croisés ne veuillent s'emparer de ses poutres pour en faire des machines de guerre.

 

Nos princes, ayant appris qu'il y avait dans le voisinage une ville appelée Ramla, détachèrent cinq cents cavaliers commandés par le comte de Flandre, avec ordre de s'assurer des dispositions des habitants. Ils s'approchèrent de la ville, entrèrent sans obstacle et ne trouvèrent presque personne. Les habitants avaient quitté la ville la nuit précédente. Le comte envoya aussitôt des messagers aux princes pour les inviter à le rejoindre. Les Croisés se rendirent dans la ville où ils trouvèrent en abondance du grain, du vin et de l'huile, et y demeurèrent trois jours. Ils nommèrent évêque un certain Robert, originaire de l'évêché de Rouen, et lui conférèrent les villes de Lydda et de Ramla.

 

Les habitants de Jérusalem, instruits de la marche de nos troupes, et sachant que cette foule de Chrétiens qui avançait vers eux avait pour but de s'emparer de leur ville, s'occupaient avec zèle de la fortifier et rassemblaient des vivres et des armes. Le prince égyptien qui était parvenu à expulser les Turcs de Jérusalem et à s'en rendre maître ordonna de réparer les murailles dès qu'il apprit que l'armée chrétienne venait de quitter Antioche. Afin de s'assurer de la fidélité des habitants, il prescrivit qu'on leur paye une bonne solde sur son propre trésor et les dispensa des charges diverses auxquelles ils étaient assujettis. Les habitants s'empressèrent d'obéir. Ils firent entrer à Jérusalem un grand nombre d'hommes armés. Puis ils se rassemblèrent à la mosquée et décidèrent de tuer tous les chrétiens de la ville et de détruire l'église de la Résurrection et le sépulcre du Seigneur afin que les Croisés renoncent à leur projet.

 

Mais ils pensèrent que cela irriterait les Croisés au point de les pousser à les massacrer et ils changèrent d'avis. Ils prirent aux fidèles tout ce qu'ils possédaient. Ils exigèrent une somme de quatorze mille pièces d'or du patriarche, des habitants et des monastères des environs. Le patriarche se vit obligé, pour se la procurer, d'aller à Chypre et de mendier des aumônes. Nos ennemis ne s'en tinrent pas là. Ils chassèrent tous les hommes de la ville et n'y laissèrent que les vieillards, les malades, les femmes et les enfants. Ces malheureux vécurent dans les villages voisins. Les habitants leur témoignaient la plus grande méfiance et exigeaient sans cesse toutes sortes de corvées honteuses. Il y avait à Jérusalem un homme nommé Gérald. Il était chef de l'hôpital qui recevait les pauvres qui allaient à Jérusalem faire leurs prières. Les gens imaginèrent qu'il avait de l'argent. Il fut arrêté et torturé.

 

Après avoir passé trois jours à Ramla, les princes y laissèrent une garnison et se remirent en marche. Ils arrivèrent à Nicopolis. C'est l'ancienne Emmaüs, la ville où Jésus apparut à ses apôtres après sa résurrection. Il y a là une fontaine qui guérit les hommes les bêtes. On dit que le Christ s'y lava les pieds. Les Chrétiens y passèrent tranquillement la nuit et y trouvèrent de tout en abondance. Une députation des chrétiens de Bethléem se présenta au duc Godefroi et le supplia de leur envoyer un détachement. Elle dit que les ennemis accouraient en foule à Jérusalem. Les gens de Bethléem craignaient que leurs persécuteurs ne détruisent l'église qu'ils avaient déjà rachetée si souvent. Le duc y envoya Tancrède et cent cavaliers.

 

Ils entrèrent dans la ville, escortés par le peuple et par le clergé. On les conduisit à l'église et ils virent la crèche. Les habitants firent arborer au-dessus de l'église la bannière de Tancrède. Dès qu'ils apprirent l'envoi d'un détachement à Bethléem, les gens du peuple se remirent en route, en pleine nuit et en dépit des ordres des princes. Un noble, Gaston de Béziers, prenant avec lui une trentaine de cavaliers, poussa jusqu'à Jérusalem. L'aurore paraissait. Gaston poursuivit sa marche pour voir s'il ne trouverait pas quelque troupeau à ramener au camp. Près de la ville, il rencontra des bêtes gardées par des bergers qui se réfugièrent à Jérusalem. Gaston s'était emparé des bêtes et avait repris le chemin du camp lorsque les gens de la ville s'élancèrent à sa poursuite.

 

Gaston et ses hommes se sauvèrent. Tancrède, revenant de Bethléem, passa par là et Gaston lui raconta ce qui venait de lui arriver. Ils réunirent leurs forces, rebroussèrent chemin, poursuivirent les habitants de Jérusalem, reprirent leur butin et retournèrent au camp. Ils racontèrent qu'ils avaient pris ces bêtes à côté de Jérusalem. En entendant prononcer ce nom, les Chrétiens louèrent Dieu qui leur avait permis d'arriver jusque là. S'étant un peu avancés, ils contemplèrent la cité sainte en versant des larmes de joie et dressèrent leur camp.

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