Les Thermopyles

Xerxès n'envoya pas de hérauts à Athènes ni à Sparte. Darius l'avait fait. Les Athéniens les avaient jetés dans le Barathre et les Spartiates dans un puits en leur disant d'y prendre la terre et l'eau pour les porter à leur roi. Après cela, à Sparte, les entrailles des victimes cessèrent d'être favorables. Finalement, les Spartiates demandèrent si un citoyen acceptait de se sacrifier. Sperthias et Boulis, des notables, furent volontaires pour expier le meurtre des hérauts et partirent pour Suse. Hydarnès, gouverneur de la côte d'Asie, leur demanda pourquoi ils n'acceptaient pas l'amitié du roi. Ils lui répondirent que s'il savait ce qu'était la liberté il serait le premier à la défendre. A Suse, les gardes leur ordonnèrent de se prosterner et d'adorer le roi. Mais ils refusèrent en disant qu'il n'était pas dans leurs habitudes d'adorer un homme et qu'ils n'étaient pas venus pour cela. Xerxès montra sa grandeur d'âme et dit qu'il ne ferait pas comme ceux qui violaient le droit des gens en tuant des hérauts. La malédiction cessa. Elle se réveilla plus tard dans la guerre entre le Péloponnèse et Athènes. Nicolaos, fils de Boulis, et Anéristos, fils de Sperthias, envoyés en ambassade en Asie par les Spartiates, furent trahis par le Thrace Sitalcès et Nymphodore d'Abdère. ils furent capturés et amenés en Attique où ils furent tués. Ces événements sont postérieurs à l'expédition du roi contre la Grèce.

La marche de Xerxès menaçait toute la Grèce. Les Grecs qui avaient donné la terre et l'eau se flattaient de n'éprouver de sa part aucun mal. Les autres étaient effrayés parce que les forces de la Grèce n'étaient pas en état de résister aux attaques de Xerxès et que beaucoup penchaient pour les Mèdes. Si, par peur, les Athéniens avaient abandonné leur patrie ou s'ils s'étaient soumis à Xerxès, personne ne se serait opposé au roi sur mer. Les Spartiates auraient été abandonnés par les alliés qui, voyant la flotte barbare prendre leurs villes l'une après l'autre, auraient dû les trahir. Ils seraient morts les armes à la main ou auraient traité avec Xerxès en voyant les autres Grecs prendre son parti. Dans les deux cas, la Grèce aurait été asservie. Les Athéniens, en préférant la liberté de la Grèce, réveillèrent le courage de ceux qui ne s'étaient pas encore déclarés pour les Perses. Les réponses de l'oracle de Delphes, pourtant effrayantes, ne les persuadèrent pas d'abandonner la Grèce. Ils demeurèrent fermes et osèrent soutenir le choc de l'ennemi qui fondait sur leur pays.

Les Athéniens envoyèrent à Delphes des députés. Ils reçurent de la Pythie Aristonicé une réponse qui évoquait la destruction d'Athènes et qui les affligea. Timon, les voyant désespérés, leur conseilla d'aller de consulter de nouveau le dieu. La prêtresse leur répondit que Zeus accordait à Athéna une muraille de bois qui ne pourrait être prise. Les Athéniens y trouveraient leur salut. Cette réponse parut moins dure que la précédente. A Athènes, le sens de l'oracle fut discuté et les sentiments furent partagés. Les plus âgés pensaient que l'acropole ne serait pas prise car elle était autrefois fortifiée d'une palissade. D'autres soutenaient que le dieu désignait la flotte et qu'il fallait s'équiper sans délai. Thémistocle conseillait au peuple de se préparer à un combat naval parce que les navires étaient le mur de bois. Les Athéniens admirent son avis. Avant cela, il avait émis un autre avis excellent. Il y avait dans le trésor public des richesses venant des mines de Laurion. On était sur le point de les distribuer aux citoyens. Chacun aurait reçu dix drachmes. Thémistocle persuada les Athéniens de construire avec cet argent deux cents navires de guerre, pensant à la guerre contre les Eginètes. Cette guerre fut le salut de la Grèce parce qu'elle força les Athéniens à devenir marins. Ces vaisseaux ne servirent pas à l'usage auquel on les avait destinés mais on les employa pour les besoins de la Grèce. Ils se trouvèrent faits d'avance et il ne fallut plus qu'en ajouter quelques autres.

Il fut décidé que, pour obéir au dieu, la cité, avec les autres Grecs qui voudraient se joindre à elle, attaquerait sur mer les Barbares qui envahissaient la Grèce. Les Grecs les plus soucieux de la patrie décidèrent de se réconcilier et de faire la paix entre eux particulièrement Athènes et Egine. Sachant que Xerxès était à Sardes avec son armée, ils furent d'avis d'envoyer des espions pour s'instruire de ses projets. Il fut aussi résolu d'envoyer des ambassadeurs à Argos, en Sicile, à Corcyre et en Crète. Ils voulaient réunir la nation hellénique et faire les derniers efforts pour écarter les dangers dont tous les Grecs étaient menacés. Il n'y avait pas d'Etat en Grèce dont les forces égalent celles du sicilien Gélon. Les trois espions envoyés en Asie furent surpris et torturés. Quand Xerxès le sut, il envoya des gardes avec ordre de lui amener ces hommes. Ils arrivèrent à temps. Le roi ordonna aux gardes de leur montrer toutes ses troupes et de les renvoyer sains et saufs. Il pensait qu'ainsi les Grecs n'attendraient pas l'arrivée de ses troupes pour se soumettre. De même, tandis qu'il était à Abydos, il vit des navires qui traversaient l'Hellespont pour porter du blé à Egine et dans le Péloponnèse. Très sûr de lui, il les laissa passer.

Les Grecs confédérés envoyèrent des députés à Argos. Les Argiens disent qu'ils avaient connu dès le début les desseins des Barbares contre la Grèce. Ayant appris que les Grecs solliciteraient leur aide contre les Perses, ils avaient demandé à Delphes quel parti prendre. La Pythie leur avait répondu de défendre leur tête et la tête sauverait leur corps. Leur sénat répondit aux députés que les Argiens étaient prêts à accorder du secours, après avoir conclu une trêve de trente ans avec les Spartiates, s'ils avaient la moitié du commandement. Les ambassadeurs spartiates répondirent qu'il était impossible d'ôter le commandement à un des deux rois de Sparte. Rien n'empêchait que le roi d'Argos ne partage l'autorité avec eux. Les Argiens préférèrent obéir aux Barbares plutôt que de céder. Ils expulsèrent les ambassadeurs. On dit en Grèce que Xerxès, avant d'entreprendre son expédition, avait envoyé à Argos un héraut qui évoqua une lointaine origine commune et suggéra aux Argiens de ne pas intervenir. On ajoute que ceux-ci n'exigèrent une part dans le commandement de l'armée que pour avoir un prétexte à ne pas bouger sachant que les Spartiates refuseraient. On raconte que, plus tard, des ambassadeurs athéniens avaient entendu des Argiens parler de leur alliance avec Xerxès et Artaxerxès, son fils, dire qu'il n'y avait pas de ville qu'il aime plus qu'Argos.

On envoya aussi des ambassadeurs en Sicile pour s'entendre avec Gélon. Un de ses ancêtres était originaire de Télos, île voisine du cap Triopion. Les Lindiens de Rhodes et Antiphémos l'avaient emmené lorsqu'ils avaient fondé Géla. Ses descendants étaient devenus hiérophantes de Déméter et Perséphone. Ils tenaient cette dignité de Télinès. Une sédition s'étant élevée à Géla, les vaincus s'enfuirent. Télinès les ramena dans leur patrie sans violences à condition que ses descendants seraient hiérophantes. Pourtant les Siciliens disent que c'était un homme mou et efféminé. Cléandros ayant été tué par Sabyllos de Géla après avoir régné sept ans dans cette ville, son frère Hippocrate s'empara de la couronne. Sous son règne, Gélon, descendant de Télinès, de simple garde du corps d'Hippocrate s'éleva à la dignité de général de la cavalerie. Seule Syracuse évita le joug d'Hippocrate. Corinthiens et Corcyréens la réconcilièrent avec ce prince à condition qu'elle lui donnerait Amarine. Hippocrate, après avoir régné autant de temps que Cléandros, mourut devant Hybla en faisant la guerre aux Siciliens. Alors Gélon se posa en défenseur d'Euclide et de Cléandros, les fils d'Hippocrate, contre les citoyens qui ne voulaient pas les reconnaître pour leurs maîtres puis il s'empara du pouvoir et en dépouilla les fils d'Hippocrate. Il ramena de Casmène les Sacristains qu'on appelait Gamores qui avaient été chassés par leurs propres esclaves. En les rétablissant dans Syracuse, il s'empara de la place.

Lorsqu'il fut maître de Syracuse, il fit beaucoup moins de cas de Géla. Il en confia le gouvernement à son frère Hiéron et garda Syracuse. Cette ville devint très florissante. Il y transféra les habitants de Camarine et rasa leur ville. Il fit de même à l'égard de la moitié des habitants de Géla. Il assiégea les Mégariens de Sicile et les força à se rendre. Les plus riches s'attendaient à périr mais Gélon les envoya à Syracuse et leur donna le droit de cité. Quant au peuple, il le fit vendre hors de la Sicile. Il agit de même avec les Eubéens de Sicile, parce qu'il était persuadé que le peuple était un voisin incommode. C'est ainsi que Gélon devint un puissant monarque. A peine les ambassadeurs grecs furent-ils arrivés à Syracuse que Gélon leur donna audience. Ils l'invitèrent à réunir ses forces aux leurs contre les Barbares. Gélon leur reprocha de lui avoir refusé assistance contre les Carthaginois et en diverses occasions. Maintenant que la guerre était chez eux, ils se souvenaient de lui. Il accepta néanmoins d'envoyer deux cents trirèmes, vingt mille hoplites, deux mille cavaliers, deux mille archers, deux mille frondeurs et deux mille hommes de cavalerie légère, ainsi que du blé pour toute l'armée jusqu'à la fin de la guerre à condition de commander. L'ambassadeur spartiate refusa catégoriquement. Gélon proposa alors de laisser le commandement de l'armée de terre aux Spartiates et de garder la marine. L'ambassadeur d'Athènes, à son tour, refusa. Alors Gélon les renvoya.

Gélon envoya Cadmos à Delphes. Si le roi était vainqueur, il devait lui offrir la terre et l'eau, et, si les Grecs l'emportaient, revenir en Sicile. Ce Cadmos avait hérité de son père la souveraineté de Cos mais il l'avait remise aux habitants sans y être forcé, par amour pour la justice. Etant ensuite parti pour la Sicile, il s'installa avec les Samiens à Zancle. Par la suite, maître des richesses que Gélon lui avait confiées, il retourna avec elles en Sicile après la victoire que remportèrent les Grecs et le départ de Xerxès. Les Siciliens disent que, sans les circonstances, Gélon aurait donné du secours aux Grecs même sous commandement spartiate. Térillos, tyran d'Himère, chassé par Théron, souverain d'Agrigente, avait fait venir, sous la conduite d'Amilcar, roi des Carthaginois, une armée de trois cent mille hommes. Le chef carthaginois s'était laissé persuader par Anaxilaos, tyran de Rhégion, qui lui avait donné ses enfants en otages pour l'engager à venir en Sicile venger son beau-père. Il avait en effet épousé Cydippé, fille de Térillos. Les Siciliens disent que Gélon ne put, pour cela, secourir les Grecs mais qu'il envoya de l'argent à Delphes. Ils disent que le jour où les Grecs battirent le roi à Salamine, Gélon et Théron défirent en Sicile Amilcar. Les Carthaginois racontent quincaillère immolait des victimes et les brûlait sur un bûcher. Voyant que ses troupes prenaient la fuite, il se jeta lui-même clans le feu.

Les ambassadeurs repartis de Sicile tâchèrent de pousser les Corcyréens à prendre le parti de la Grèce. Les Corcyréens promirent d'envoyer des troupes. Ils équipèrent soixante navires et jetèrent l'ancre sur les côtes de Laconie pour observer les événements. Ils pensaient que le roi l'emporterait et espéraient obtenir des conditions avantageuses. Ils avaient une excuse toute prête à l'égard des Grecs. Ils leur dirent que les vents les avaient empêchés de doubler le cap Malée. Les Crétois, sollicités par les Grecs, demandèrent au dieu de Delphes s'il était avantageux de les secourir. La Pythie les accusa d'être des insensés en voulant aider les Grecs alors qu'ils n'avaient retiré que des désagrément de leur participation à la guerre de Troie. Sur cette réponse, les Crétois refusèrent aux Grecs les secours qu'ils leur demandaient. On dit que Minos, cherchant Dédale, alla en Sicile et y mourut de mort violente. Plus tard les Crétois passèrent en Sicile avec une flotte et assiégèrent pendant cinq ans la ville de Camicos. Ne pouvant ni la prendre ni continuer à cause de la famine, ils repartirent. Surpris par une tempête près de l'Iapygie, ils furent poussés sur la côte, restèrent dans le pays et bâtirent la ville d'Hyria. Ils changèrent leur nom de Crétois en celui d'Iapyges-Messapiens et, d'insulaires qu'ils étaient, devinrent habitants de terre ferme. Cette ville envoya plus tard des colonies. Longtemps après, les Tarentins, cherchant à les détruire, subirent un échec. Les pertes des Tarentins et de ceux de Rhégion furent considérables. Micythos était resté à Rhégion pour prendre soin des affaires. Ayant dû abandonner cette ville, il alla s'établir à Tégée en Arcadie. Selon les Praisiens, la Crète étant déserte, beaucoup de Grecs s'y établirent. La guerre de Troie arriva dans la troisième génération après la mort de Minos et les Crétois ne furent pas des moins empressés à aider Ménélas. A leur retour de Troie, ils furent atteints par la peste et la famine, eux et leurs troupeaux. La Crète ayant été dépeuplée pour la deuxième fois, il y eut une troisième colonisation. En leur rappelant ces malheurs, la Pythie les détourna de donner du secours aux Grecs.

Les Thessaliens suivirent par nécessité le parti des Mèdes. Dès qu'ils apprirent que le roi allait passer en Europe, ils envoyèrent des ambassadeurs aux Grecs dire qu'ils fallait garder le passage de l'Olympe pour protéger la Thessalie et la Grèce entière. Ils étaient prêts à le faire si on leur envoyait des renforts. Autrement, ils devraient traiter avec le roi. Les Grecs décidèrent d'envoyer par mer une armée pour garder le passage. Arrivées à Alos, en Achaïe, les troupes laissèrent leurs navires et allèrent à Tempé où est le passage qui conduit de basse Macédoine en Thessalie près du Pénée, entre le mont Olympe et le mont Ossa. Les Grecs, qui étaient dix mille hommes pesamment armés, campèrent à cet endroit. La cavalerie thessalienne se joignit à eux. Evainétos, un des polémarques, avait été choisi pour commander les Spartiates. Thémistocle était à la tête des Athéniens. Alexandre, roi de Macédoine, leur conseilla de se retirer, de peur qu'ils ne soient écrasés par l'ennemi. Les Grecs suivirent ce conseil, parce que le roi de Macédoine leur paraissait bien intentionné. Ils apprirent aussi qu'il y avait un autre passage du côté de la haute Macédoine, près de la ville de Gonnos. Et c'est en effet par là que pénétra l'armée de Xerxès. Les Grecs se rembarquèrent pour se rendre à l'isthme. Les Thessaliens, abandonnés par leurs alliés, embrassèrent le parti du roi et lui rendirent des services importants.

Il fut finalement décidé de garder le passage des Thermopyles car il paraissait plus étroit que celui par lequel on entre de Macédoine en Thessalie. Quant à la flotte, on l'envoya au cap Artémision, sur le territoire d'Histiée. Ces deux endroits sont près l'un de l'autre, de sorte que la flotte et l'armée de terre pouvaient communiquer. L'Artémision se rétrécit au sortir de la mer de Thrace et devient un petit détroit entre l'île de Sciathos et les côtes de Magnésie. Après le détroit de l'Eubée, il est borné par un rivage sur lequel on voit un temple d'Artémis. L'entrée en Grèce par Trachis est d'un demi-plèthre à l'endroit où il a le moins de largeur. Mais le passage le plus étroit est devant et derrière les Thermopyles car derrière, près d'Alpènes, il ne peut passer qu'une voiture à la fois, et c'est pareil devant, près de la rivière de Phénix et de la ville d'Anthela. A l'ouest des Thermopyles il y a une montagne escarpée qui s'étend jusqu'au mont Oeta. Le côté du chemin à l'est est borné par la mer, des marais et des ravins. Ce même passage était fermé d'une muraille. Les Phocidiens l'avaient bâtie parce qu'ils redoutaient les Thessaliens. De ce passage ils avaient fait une fondrière en y lâchant les sources chaudes. La muraille, très ancienne, était en grande partie écroulée. Mais les Grecs, l'ayant relevée, jugèrent à propos de repousser de ce côté-là les Barbares. Près du chemin est un bourg nommé Alpènes, d'où les Grecs se proposaient de tirer leurs vivres. Après avoir considéré le lieu, celui-ci parut commode aux Grecs parce que les Barbares ne pourraient faire usage de leur cavalerie et que la multitude de leur infanterie deviendrait inutile. Aussi résolurent-ils d'y soutenir le choc de l'ennemi.

Dès qu'ils apprirent l'arrivée du roi en Piérie, ils se rendirent, les uns par terre aux Thermopyles et les autres par mer à Artémision. Pendant ce temps les Delphiens, inquiets, consultèrent la Pythie qui leur répondit d'adresser leurs prières aux Vents, qu'ils seraient de puissants défenseurs de la Grèce. Les Delphiens en firent part à tous les défenseurs de la liberté et acquirent ainsi un droit éternel à leur reconnaissance. Tandis que la flotte de Xerxès partait de Therma, dix vaisseaux cinglèrent droit à l'île de Sciathos où les Grecs avaient trois vaisseaux d'observation, un de Trézène, un d'Egine et un d'Athènes. Voyant les Barbares, ils prirent la fuite. Les Perses, s'étant mis à leur poursuite, prirent d'abord le vaisseau trézénien, commandé par Praxinos. Ils égorgèrent à la proue le plus bel homme de l'équipage, regardant comme un présage heureux que le premier Grec pris soit aussi un bel homme. Il s'appelait Léon. Ils eurent du mal avec la trirème d'Egine, commandée par Asonidès. Pythéas, un des défenseurs, combattit jusqu'au bout. Comme il respirait encore, les Perses, admirant son courage, le soignèrent. De retour au camp, ils le montrèrent à toute l'armée avec admiration et eurent pour lui toute sorte d'égards alors qu'ils traitèrent les autres comme des esclaves. La troisième, commandée par Phormium d'Athènes, s'échoua à l'embouchure du Pénée. Les Barbares s'emparèrent du vaisseau sans pouvoir prendre son équipage qui s'en retourna à Athènes par la Thessalie. Les Grecs en station dans l'Artémision l'apprirent par les signaux qu'on leur fit de Sciathos avec du feu. Ils en furent tellement effrayés qu'ils se retirèrent à Chalcis pour garder le passage de l'Euripe. Ils laissèrent néanmoins des guetteurs sur les hauteurs de l'Eubée, afin d'observer l'ennemi.

Des dix vaisseaux barbares, trois abordèrent à l'écueil nommé la Fourmi, entre Sciathos et la Magnésie, et y élevèrent une colonne. Cependant la flotte partit de Therma dès que les obstacles furent levés et avança vers cet endroit, onze jours après le départ du roi. Pammon de Scyros leur indiqua ce rocher qui se trouvait sur leur passage. Les Barbares arrivèrent au cap Sépias et au rivage qui est entre la ville de Casthanée et ce cap. Jusque là, il n'était pas arrivé de malheur à leur armée. Elle était encore de mille deux cent sept navires venus d'Asie et les troupes anciennes des différentes nations montaient à deux cent quarante et un mille quatre cents hommes. Indépendamment de ces soldats fournis par ceux qui avaient donné les vaisseaux, il y avait encore sur chacun d'eux trente combattants perses, Mèdes et Saces. Ces troupes s'élevaient à trente-six mille deux cent dix hommes. À ces deux nombres il faut ajouter les soldats qui étaient sur les navires à cinquante rames. Cela ferait deux cent quarante mille hommes, puisqu'il y avait trois mille vaisseaux de cette sorte. La flotte venue d'Asie était en tout de cinq cent dix-sept mille six cent dix hommes et l'armée de terre d'un million sept cent mille fantassins et de quatre-vingt mille cavaliers.

Il faut ajouter les Arabes qui conduisaient des chameaux et les Libyens montés sur des chars qui faisaient vingt mille hommes. Il faut ajouter aussi les troupes levées en Europe. Les Grecs de Thrace et des îles voisines fournirent cent vingt navires et vingt-quatre mille hommes. Quant aux troupes de terre que donnèrent les Thraces, les Péoniens, les Eordes, les Bottiéens, les Chalcidiens, les Bryges, les Pières, les Macédoniens, les Perrhèbes, les Enianes, les Dolopes, les Magnésiens, les Achéens et tous les peuples qui habitent les côtes de la Thrace, elles se montaient à trois cent mille hommes. Ce nombre, ajouté à celui des troupes asiatiques, faisait en tout deux millions six cent quarante et un mille six cent dix hommes. Les valets et les équipages des navires de transport étaient au moins aussi nombreux. Xerxès mena donc jusqu'à Sépias et aux Thermopyles plus de cinq millions d'hommes. Quant aux femmes qui faisaient le pain, aux concubines, aux eunuques, personne ne pourrait en dire le nombre avec exactitude, non plus que celui des chariots de bagages, des bêtes de somme, et des chiens indiens qui suivaient l'armée, tant il était grand.

La flotte repartit et aborda au rivage de la Magnésie situé entre la ville de Casthanée et la côte de Sépias. Les premiers vaisseaux se rangèrent vers la terre et les autres se tinrent à l'ancre. Le rivage n'étant pas assez grand pour une flotte si nombreuse, ils se tenaient les uns à la suite des autres sur huit rangs. Ils passèrent la nuit dans cette position. Le lendemain, au point du jour, il s'éleva une tempête. Ceux qui s'aperçurent que le vent fraîchissait se sauvèrent avec leurs navires en les tirant à terre. Quant à ceux que le vent surprit en mer, les uns furent poussés contre le mont Pélion, les autres contre le rivage. Quelques-uns se brisèrent au promontoire Sépias; d'autres furent portés à la ville de Mélibée, d'autres enfin à Casthanée. On dit qu'un autre oracle ayant dit aux Athéniens d'appeler leur gendre à leur secours, ils avaient adressé leurs prières au vent Borée qui, selon la tradition, épousa une Athénienne nommée Orithyie. C'est cette alliance qui fit penser aux Athéniens que Borée était leur gendre. Ainsi, dès qu'ils virent la tempête, ils firent des sacrifices à Borée et Orithyie pour qu'ils brisent les navires des Barbares comme au mont Athos. Quatre cents vaisseaux furent perdus ainsi qu'une multitude d'hommes et des richesses immenses. Aminoclès de Magnésie retrouva quantité de vases d'or et d'argent que la mer avait jetés sur le rivage. Il devint ainsi très riche.

Les chefs de la flotte, craignant que les Thessaliens ne profitent du désastre pour les attaquer, se fortifièrent avec les débris de navires. La tempête dura trois jours. Enfin les mages l'apaisèrent en immolant des victimes aux Vents, ou peut-être s'apaisa-t-elle d'elle-même. Les guetteurs apprirent aux Grecs le naufrage. Après avoir fait des libations à Poseidon, ils retournèrent à l'Artémision, espérant n'y trouver qu'un petit nombre de vaisseaux ennemis. Le vent étant tombé, les Barbares remirent les vaisseaux en mer et longèrent le continent. Lorsqu'ils eurent doublé le promontoire de Magnésie, ils allèrent droit au golfe qui mène à Pagases. Dans ce golfe de Magnésie est un lieu où on dit que Jason et ses compagnons qui allaient en Colchide conquérir la toison d'or abandonnèrent Héraclès descendu à terre pour chercher de l'eau. C'est là que la flotte de Xerxès vint mouiller. Quinze vaisseaux de cette flotte, restés derrière les autres, virent les Grecs à Artémision et, les prenant pour des amis, vinrent donner au milieu d'eux. Ce détachement était commandé par Sandocès, gouverneur de Cymé en Eolide. Il avait été juge royal et Darius l'avait fait crucifier pour corruption. Il était déjà en croix quand le roi l'avait fait détacher. Les Grecs prirent sans peine ces navires ennemis. Aridolis, tyran d'Alabanda en Carie, et Penthylos de Paphos furent pris. Des douze navires qu'il commandait, ce dernier en perdit onze par la tempête et il tomba aux mains des ennemis avec le dernier. Les Grecs les envoyèrent enchaînés à l'isthme de Corinthe. La flotte barbare arriva aux Aphètes.

De son côté, Xerxès et l'armée de terre, ayant traversé la Thessalie et l'Achaïe, étaient entrés en Malide. En passant par la Thessalie, le roi essaya sa cavalerie contre celle des Thessaliens qu'on lui avait vantée comme la meilleure de Grèce. Il l'emporta. Tandis que Xerxès allait à Alos en Achaïe, ses guides lui racontèrent ce qu'on dit en ce pays sur le lieu consacré à Zeus Laphystios. Athamas trama avec Ino la mort de Phrixos. Cytissoros, fils de Phrixos, revenant de Colchide, délivra Athamas des Achéens qui allaient le sacrifier. Ceux-ci interdirent à l'aîné de cette famille l'entrée de leur Prytanée sous peine d'être immolé. Xerxès s'abstint de toucher au bois sacré. Il alla ensuite en Malide. De hautes montagnes l'entourent. Anticyre est la première ville qu'on rencontre sur ce golfe en venant d'Achaïe. Le Sperchios, qui vient du pays des Enianes, l'arrose, et se jette près de là dans la mer. A vingt stades se trouve le fleuve Dyras. On dit qu'il sortit de terre pour secourir Héraclès qui se brûlait. Vingt stades plus loin est le Mélas, proche de la ville de Trachis. Une plaine s'étend des montagnes à la mer. Dans la montagne qui environne la Trachinie, il y a une ouverture que traverse l'Asopos. Le Phénix est une petite rivière qui vient de ces montagnes et se jette dans l'Asopos. Le pays auprès du Phénix est très étroit. Le chemin ne peut admettre qu'une voiture à la fois. Du Phénix aux Thermopyles il y a quinze stades. Dans cet intervalle est le bourg d'Anthela.

Xerxès campait en Trachinie et les Grecs aux Thermopyles. L'armée des Barbares occupait tout le terrain qui s'étend au nord jusqu'à Trachis et celle des Grecs était au sud. Les Grecs qui gardaient le passage étaient trois cents hoplites spartiates, mille tégéates et mantinéens, cent vingt hommes d'Orchomène, mille Arcadiens, quatre cents Corinthiens, deux cents hommes de Phlionte et quatre-vingts de Mycènes. Il y vint aussi sept cents Thespiens et quatre cents Thébains. On avait aussi appelé au secours les Locriens d'Oponte et les Phocidiens en leur disant qu'on attendait le reste des alliés et que la mer était gardée par les Athéniens et les Eginètes. Chaque groupe était commandé par un officier de son pays et Léonidas de Sparte commandait toute l'armée. Léonidas était devenu roi contre son attente, Cléomène et Dorieus, ses frères, étant plus âgés que lui. Mais Cléomène était mort sans fils et Dorieus avait fini ses jours en Sicile. Ainsi Léonidas, qui avait épousé une fille de Cléomène, monta sur le trône. Il partit pour les Thermopyles et choisit pour l'accompagner le corps permanent des trois cents Spartiates qui avaient des enfants. Il prit avec lui les troupes thébaines commandées par Léontiadès parce qu'on accusait les Thébains d'être liés aux Mèdes. Il les invita donc à la guerre pour savoir s'ils lui enverraient des troupes ou s'ils renonceraient à l'alliance des Grecs. Ils lui en envoyèrent, quoiqu'ils fussent mal intentionnés.

Les Spartiates firent d'abord partir Léonidas avec le corps de trois cents hommes qu'il commandait. La fête des Carnéia les empêchait de se mettre en route avec toutes leurs forces mais ils comptaient partir aussitôt après. Les autres alliés en firent autant car c'était le moment des jeux olympiques et ils s'étaient contentés de faire prendre les devants à quelques troupes. Les Grecs des Thermopyles furent saisis de frayeur à l'approche des Perses et pensèrent se retirer mais Léonidas décida qu'il fallait rester et on envoya des courriers à toutes les villes alliées pour demander de l'aide. Xerxès envoya un cavalier reconnaître leur nombre. Il avait entendu dire, en Thessalie, qu'un petit corps de troupes s'était assemblé dans ce passage et que les Spartiates, commandés par Léonidas, étaient à leur tête. Le cavalier ne put voir les troupes qui étaient derrière la muraille. Il ne vit que celles qui campaient devant. Les Spartiates gardaient ce poste. Les uns étaient occupés aux exercices gymniques, les autres prenaient soin de leur cheveux. Il repartit après avoir tout observé. Personne ne le poursuivit, tant on le méprisait. Le cavalier raconta à Xerxès ce qu'il avait vu. Comme cela lui paraissait ridicule, celui-ci envoya chercher Démarate et l'interrogea sur la conduite des Spartiates. Celui-ci lui apprit qu'ils avaient l'habitude de prendre soin de leur chevelure quand ils étaient à la veille d'exposer leur vie. Il ajouta qu'ils étaient le plus valeureux peuple de Grèce.

Xerxès ne pouvait comprendre que les Grecs, en si petit nombre, puissent combattre son armée. Il laissa passer quatre jours, espérant que les Grecs s'enfuiraient. Le cinquième, il se mit en colère et envoya contre eux un détachement de Mèdes et de Cissiens, avec ordre de les capturer. Les Mèdes fondirent sur les Grecs mais eurent de lourdes pertes. Ce combat dura tout le jour. Les Mèdes se retirèrent. Les Perses prirent leur place. C'était la troupe que le roi appelait les Immortels et qui était commandée par Hydarnès. Ils allèrent à l'ennemi comme à une victoire certaine mais ils ne firent pas mieux que les Mèdes parce que, l'action se passant dans un lieu étroit, leur nombre ne servait à rien. Les Spartiates montrèrent leur habileté. Ils tournaient le dos, en rangs serrés. Les Barbares, les voyant fuir, les poursuivaient mais, au dernier moment, les Spartiates se retournaient et en renversaient un grand nombre. Enfin, les Perses se retirèrent. Les Barbares ne réussirent pas mieux le lendemain. Les Grecs, rangés par nations, combattirent tour à tour, sauf les Phocidiens qu'on avait placés sur la montagne pour garder le sentier. Les Perses, voyant qu'ils se battaient comme le jour précédent, se retirèrent. Le roi était très embarrassé lorsque le malien Ephialte vint le trouver dans l'espoir d'une récompense. Ce traître lui montra le sentier qui conduit par la montagne aux Thermopyles. Plus tard sa tête fut à prix. Il fut tué par un nommé Athénadès pour un tout autre sujet.

Aussitôt Xerxès envoya Hydarnès avec les troupes qu'il commandait. Il quitta le camp à l'heure où on allume les flambeaux. Le sentier commence à l'Asopos, il passe par le haut de la montagne et finit vers Alpènes, la première ville du pays des Locriens du côté des Maliens, près de la roche appelée Mélampyge et de la demeure des Cercopes. C'est là que le chemin est le plus étroit. Les Perses marchèrent toute la nuit. A l'aurore, ils étaient déjà au sommet de la montagne. On avait posté là mille Phocidiens pour garder le sentier. Les Perses montaient sans être vus. Les Phocidiens les découvrirent au bruit que faisaient sous leurs pieds les feuilles des arbres. Aussitôt ils accoururent. Les Perses ne s'attendaient pas à rencontrer l'ennemi. Hydarnès, craignant les Spartiates, demanda à Ephialte de quel pays étaient ces troupes puis rangea les Perses en bataille. Les Phocidiens, accablés de flèches, s'enfuirent dans la montagne et se préparèrent à résister mais les Perses descendirent de la montagne sans s'occuper d'eux. Le devin Mégistias, ayant consulté les entrailles des victimes, apprit le premier aux Grecs qui gardaient les Thermopyles qu'ils devaient périr le lendemain à l'aurore. Ensuite des transfuges les avertirent de ce qui se passait. Les uns s'enfuirent, les autres restèrent avec Léonidas. On dit que Léonidas les renvoya pour ne pas les exposer à une mort certaine mais qu'il pensa qu'il n'était ni de son honneur ni de celui des Spartiates d'abandonner le poste qu'ils gardaient.

La Pythie avait répondu aux Spartiates qui l'avaient consultée au début de la guerre qu'il fallait que Sparte soit détruite ou que leur roi périsse. Léonidas congédia aussi le devin Mégistias d'Acarnanie pour qu'il ne meurt pas avec lui. Mais celui-ci ne l'abandonna pas et se contenta de renvoyer son fils qui l'avait suivi dans cette expédition. Les Thébains et les Thespiens restèrent avec les Spartiates, les premiers contre leur gré, Léonidas les ayant retenus comme otages, les Thespiens volontairement. Ils étaient commandés par Démophilos. Xerxès fit des libations au lever du soleil et se mit en marche. Léonidas et les Grecs s'avancèrent jusqu'à l'endroit le plus large du défilé. Le combat s'engagea et il y périt un grand nombre de Barbares. Leurs officiers, postés derrière les rangs le fouet à la main, frappaient les soldats, et les poussaient à marcher. Il en tombait beaucoup sous les pieds de leurs propres troupes. Les Grecs employaient tout ce qu'ils avaient de forces contre les Barbares comme des gens qui ne font aucun cas de la vie. Déjà la plupart avaient leurs piques brisées et ne se servaient plus que de leurs épées.

Léonidas fut tué dans cette action après avoir fait des prodiges de valeur. Les Perses perdirent aussi beaucoup de gens de marque dont deux fils de Darius. Le combat fut très violent sur le corps de Léonidas. Les Grecs mirent quatre fois en fuite les ennemis et retirèrent son corps de la mêlée. Cela dura jusqu'à l'arrivée des troupes conduites par Ephialte. Les Grecs regagnèrent l'endroit le plus étroit du défilé et se tinrent tous, sauf les Thébains, sur la colline qui est à rentrée du passage. Ceux à qui il restait encore des épées s'en servirent. Les autres combattirent à mains nues et avec les dents mais les Barbares les ensevelirent sous les traits. On raconte que Diénécès de Sparte, ayant entendu dire à un Trachinien que le soleil serait obscurci par les flèches des Barbares, répondit que comme cela on combattrait à l'ombre sans craindre l'ardeur du soleil. Les Spartiates Alphéos et Maron, et le Thespien Dithyrambos se distinguèrent le plus après Diénécès. Ils furent tous enterrés là où ils avaient été tués et on voit sur leur tombeau une inscription qui dit que quatre mille Péloponnésiens ont combattu dans ce lieu contre trois millions d'hommes. Une inscription pour les Spartiates dit «Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts pour obéir à ses lois.» Les amphictyons tirent graver ces inscriptions sur des colonnes pour honorer la mémoire de ces braves.

On dit qu'Eurytos et Aristodémos, du corps des trois cents, avaient été renvoyés du camp par Léonidas et étaient retenus malades à Alpènes. Eurytos, apprenant l'arrivée des Perses, ordonna à son ilote de le conduire sur le champ de bataille où perdit il la vie tandis qu'Aristodémos restait à Alpènes. Aristodémos fut, à son retour à Sparte, accablé de reproches. Personne ne voulut ni lui parler, ni lui donner du feu, et il eut l'ignominie d'être surnommé le lâche. Il répara sa faute à la bataille de Platées. On dit que Pantitès, lui aussi du corps des trois cents, survécut à la défaite. Il avait été envoyé en Thessalie. A son retour à Sparte, il se suicida. Les Thébains de Léontiadès combattirent l'armée du roi tant qu'ils furent avec les Grecs. Mais dès qu'ils virent que la victoire se déclarait pour les Perses, ils s'approchèrent des Barbares en leur tendant les mains. Ils leur dirent qu'ils avaient été des premiers à donner au roi la terre et l'eau et qu'ils étaient là malgré eux. Cela leur sauva la vie. La plupart furent marqués des marques royales sur l'ordre de Xerxès, à commencer par Léontiadès, leur chef. Telle fut l'issue du combat des Thermopyles.

Démarate prévint Xerxès que Sparte, capitale du pays de Lacédémone, contenait huit mille hommes qui ressemblaient tous à ceux qui avaient combattu. Il lui conseilla d'envoyer trois cents navires sur les côtes de Laconie. Près de ces côtes il y avait l'île de Cythère. Si la flotte perse partait de celte île pour répandre la terreur sur les côtes de Laconie, on n'aurait pas à craindre que les Spartiates donnent du secours aux autres Grecs. Le reste de la Grèce asservi, la Laconie seule serait trop faible pour résister. L'entrée du Péloponnèse était un isthme étroit où les Grecs livreraient de rudes combats. Achéménès, frère de Xerxès et chef de la flotte, prit la parole pour réfuter ce conseil. Il estimait qu'après avoir perdu quatre cents navires par naufrage, si on en envoyait trois cents autres croiser sur les côtes du Péloponnèse, les ennemis seraient aussi forts que les Perses. Si la flotte restait unie, elle serait invincible. Les deux armées marchant ensemble, la flotte porterait secours à l'armée de terre. Si on les séparait, elles seraient inutiles l'une à l'autre. Achéménès accusa même Démarate de donner de mauvais conseils par jalousie.

Xerxès suivit l'avis de son frère mais repoussa les accusations contre Démarate. Il passa à travers les morts. Ayant appris que Léonidas était roi et général des Lacédémoniens, il lui fit couper la tête et mettre son corps en croix. Les Lacédémoniens avaient été les premiers à apprendre que le roi se disposait à marcher contre la Grèce. Cette nouvelle leur était parvenue d'une façon singulière. C'est Démarate, réfugié chez les Mèdes et mal donc intentionné envers les Lacédémoniens, qui, pourtant, les avisa de la marche du roi. Il prit des tablettes doubles, en ôta la cire et écrivit sur le bois. Puis il couvrit les lettres de cire les lettres afin qu'il n'arrive au porteur rien de fâcheux. L'envoyé de Démarate les ayant données aux Spartiates, ils ne comprirent rien. C'est Gorgo, fille de Cléomène et femme de Léonidas, qui comprit le stratagème.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site