Livre 8: de 341 à 322 av. JC

C. Plautius et L. Aemilius Mamercus étaient consuls quand les colons de Setia et de Norba annoncèrent la défection des Privernates. On apprit que l'armée volsque, Antiates en tête, campait vers Satricum. Plautius marcha sur Privernum. La ville fut prise, on y plaça une garnison et on s'empara des deux tiers du territoire. Puis l'armée se dirigea vers Satricum contre les Antiates. On lutta jusqu’à ce qu’un orage sépare les combattants. Les Romains étaient prêts à recommencer mais les Volsques regagnèrent Antium dans la nuit, abandonnant une partie de leurs bagages. Le consul dévasta le pays ennemi jusqu'à la mer. L'autre consul, Aemilius, entré dans le Samnium, s’attaquait aux campagnes quand des ambassadeurs vinrent demander la paix. Il les envoya au sénat qui consentit à renouveler le traité avec les Samnites. Quant aux Sidicins, on laissa aux Samnites le droit de paix et de guerre. On ramena du Samnium l'armée romaine qui avait reçu une année de solde et trois mois de vivres, condition imposée par le consul à la trêve. Les Samnites se tournèrent alors contre les Sidicins. Ceux-ci offrirent de se livrer aux Romains mais le sénat refusa. Alors ils s'unirent aux Latins. Les Campaniens eux-mêmes n'hésitèrent pas à prendre part à guerre. Ces peuples assemblés franchirent la frontière samnite et dévastèrent tout. Les Samnites envoyèrent des députés à Rome pour se plaindre. Les Latins et les Campaniens étaient sujets du peuple romain, celui-ci pouvait leur interdire de violer le territoire samnite. Le sénat répondit évasivement pour ne pas avouer que Rome avait perdu son pouvoir sur les Latins. Les Campaniens avaient été soumis par Rome mais les Latins, eux, étaient libres de faire la guerre à qui ils voulaient. Cela encouragea les Latins. Leurs chefs préparaient la guerre contre Rome et les Romains l’apprirent. Les consuls abdiquèrent afin d'avoir plus tôt de nouveaux consuls pour faire face. On eut recours à un interrègne puis on créa consuls T. Manlius Torquatus et P. Decius Mus.

Cette année-là, Alexandre, roi d'Epire, aborda en Italie. A la même époque un neveu de ce prince, Alexandre le Grand, se signala dans une autre partie du monde. Après avoir été victorieux dans de nombreuses guerres, il mourut jeune de maladie. Les Romains affectèrent de ne craindre que pour les Samnites et non pour eux-mêmes. Ils convoquèrent dix chefs latins pour leur déclarer les volontés de Rome. Le Latium avait alors deux préteurs, L. Annius de Setia et L. Numisius de Circei, tous deux colons romains et qui, après avoir soulevé Signia et Vélitres, colonies romaines elles-mêmes, avaient entraîné les Volsques à la guerre. On résolut de les convoquer nommément. Les préteurs réunirent le conseil et demandèrent ce qu'ils devraient dire. Annius pensait qu'une alliance supposait un droit égal. L’armée latine était telle qu’avec elle les Romains doublaient leurs forces. Si les Romains voulaient l’alliance des Latins, un des consuls et la moitié du sénat devaient être latins. L’assistance fut d’accord avec lui. Les préteurs arrivèrent à Rome et le sénat leur donna audience. Manlius leur interdit de faire la guerre aux Samnites, alliés de Rome. Alors Annius proposa des conditions de paix. Il fallait fusionner Romains et Latins et, même si Rome restait la capitale, un des consuls devait être latin, comme la moitié des sénateurs. Manlius déclara qu’il tuerait lui-même tout latin qui entrerait à la curie. En colère, Annius fit un faux mouvement, tomba dans l’escalier, heurta la tête contre une pierre et mourut. Torquatus, voyant cela, s'écria que les dieux voulaient la guerre. Le peuple et le sénat approuvèrent et les consuls, après avoir levé deux armées, traversèrent le pays des Marses et des Péligniens, se rallièrent à l'armée des Samnites et vinrent mettre le camp devant Capoue où les Latins et leurs alliés s'étaient réunis.

Les deux consuls firent le même rêve. Un homme d'une majesté surhumaine leur disait que celui des chefs qui aurait voué l’armée ennemie et lui-même donnerait à son peuple la victoire. Les consuls se racontèrent leurs visions et résolurent d'immoler des victimes. Les haruspices confirmèrent leurs rêves. Alors ils convoquèrent les lieutenants et les tribuns, leur exposèrent les ordres des dieux et, comme la mort volontaire d'un consul aurait effrayé l'armée en plein combat, on décida que celui des consuls qui commanderait le côté de l'armée qui plierait se dévouerait pour le peuple romain. On interdit tout combat individuel. Envoyé avec d'autres cavaliers faire des reconnaissances, T. Manlius, fils du consul, déboucha sur le camp ennemi. Il y avait là des cavaliers tusculans, commandés par Geminus Maecius qui remarqua le fils du consul et le provoqua. Le jeune homme se précipita, tua son ennemi et rentra au camp au milieu de l'ovation joyeuse de sa troupe. Il alla à la tente de son père apporter les dépouilles du cavalier ennemi. Le consul convoqua alors l'armée, livra son fils aux licteurs et le condamna à mort pour manquement à la discipline. Les soldats eurent à peine vu tomber la tète qu'ils laissèrent éclater ses cris. Ils élevèrent un bûcher hors du camp et brûlèrent le corps du jeune homme avec les honneurs. L'atrocité de ce châtiment rendit les soldats plus dociles. Même dans la bataille cette sévérité fut utile. Le combat, du reste, eut toute l'apparence d'une guerre civile tant les Latins différaient peu des Romains !

Ceux-ci disposaient leurs troupes par manipules divisés en plusieurs sections. Une section comptait soixante soldats, deux centurions et un vexillaire. En bataille, au premier rang se trouvaient les hastati, formant quinze manipules, séparés entre eux par un intervalle. Chaque manipule comportait vingt soldats de troupes légères plus ceux qui portaient le bouclier. Les troupes légères ne portaient qu’une lance et des javelots. C'est dans cette première ligne que se trouvaient les plus jeunes. Après eux, et formant autant de manipules, venaient des soldats plus âgés appelés principes, tous portant le bouclier. Ces trente manipules précédaient quinze autres sections qui, chacune, se divisaient en trois parties. Chaque partie, appelée primipile, avait trois drapeaux. Le drapeau réunissait cent quatre-vingt-six hommes. Sous le premier drapeau marchaient les triarii, vieux soldats à la valeur éprouvée. Sous le deuxième étaient ceux qui avaient moins de vigueur. Sous le troisième on trouvait les moins fiables rejetés aux derniers rangs. Quand l'armée était ainsi disposée, les hastati engageaient les premiers le combat. S’ils ne pouvaient enfoncer l'ennemi, ils se retiraient et rentraient dans les rangs des principes qui s'ouvraient pour les recevoir. Alors les principes faisaient tête et les hastati suivaient. Les triarii restaient immobiles, bouclier appuyé sur l'épaule, lance inclinée et plantée en terre. Ils semblaient une armée retranchée derrière une haie de palissades. Si les principes eux-mêmes ne réussissaient pas, ils reculaient peu à peu jusqu'aux triarii. Ceux-ci, après avoir accueilli dans leurs lignes les principes et les hastati, serraient leurs rangs. Puis ce corps compact tombait sur l'ennemi qui croyait n'avoir que des vaincus à poursuivre et voyait tout à coup surgir une armée nouvelle et plus nombreuse. On enrôlait presque toujours quatre légions de cinq mille fantassins et trois cents cavaliers chacune. On y joignait un nombre égal de troupes fournies par les Latins, qui, aujourd’hui ennemis de Rome, avaient rangé leur armée dans le même ordre.

La bataille eut lieu près du Vésuve. Les consuls commencèrent par un sacrifice. L'haruspice montra à Decius qu’une partie du foie était abimée. Le sacrifice de Manlius avait réussi. On s'avança au combat. Manlius commandait l'aile droite, Decius la gauche. Bientôt, à l'aile gauche, les hastati romains se replièrent sur les principes. Dans ce trouble, le consul Decius appela M. Valerius, le pontife, et lui demanda de lui dicter les paroles qu’il devait prononcer pour se dévouer aux dieux. Le pontife lui ordonna de mettre sa toge et, tête voilée, une main ramenée sous la toge jusqu'au menton, debout et les pieds sur un javelot, de dire «Janus, Jupiter, Mars, Quirinus, Bellone, Lares, dieux Novensiles, dieux Indigètes, dieux qui avez pouvoir sur nous et l'ennemi, dieux Mânes, je vous supplie d'accorder au peuple romain des Quirites force et victoire et de frapper les ennemis de terreur et de mort. Ainsi que je le déclare par ces paroles, pour la république des Quirites, pour l'armée, les légions, les auxiliaires, je me dévoue, et avec moi les légions et les auxiliaires de l'ennemi. aux dieux Mânes et à la Terre.»

Après ces mots, il ordonna à ses licteurs d’annoncer à Manlius qu'il s'était dévoué pour l'armée. Puis il sauta sur son cheval et se jeta au milieu des ennemis qui furent d'abord effrayés. Enfin, quand il tomba mort, les cohortes latines prirent la fuite et disparurent dans la plaine. En même temps les Romains, libérés de leur peur, reprirent la lutte. Comme les Latins, plus nombreux, l'emportaient sur d'autres points, Manlius, qui avait appris la mort de son collègue et honoré de ses larmes et de ses éloges une fin si mémorable, se demanda s'il ne fallait pas faire lever les triarii. Puis, jugeant qu'il valait mieux réserver ces troupes pour une dernière épreuve, il fit avancer les plus mauvaises troupes jusqu’à la première ligne. Les Latins, croyant imiter l'ennemi, firent marcher leurs triarii. Ceux-ci, après s'être fatigués par un combat acharné, parvinrent à faire plier l'ennemi et se crurent vainqueurs. Alors le consul lança ses triarii. Ils culbutèrent les Latins. Les Samnites, qu'on voyait au loin rangés en bataille, firent aussi peur aux Latins. Mais la gloire de la victoire appartient aux consuls. L'un détourna sur lui les vengeances des dieux. L'autre montra son expérience. Les Latins se retirèrent à Minturnes. Leur camp fut pris. Le corps de Decius fut retrouvé le lendemain au milieu d'une quantité d'ennemis morts. Son collègue lui fit des obsèques dignes de sa mort. Le chef qui dévoue les légions ennemies n'est pas tenu de se dévouer lui-même. Il peut désigner un soldat. Si cet homme ainsi dévoué meurt, le sacrifice est accompli. S'il survit, on enfouit dans la terre son effigie et on immole une victime expiatoire. Mais si le chef s’est dévoué et ne meurt pas, il ne pourra plus faire de sacrifice. Il peut aussi vouer ses armes à Vulcain ou à un autre dieu. Le javelot que le consul a tenu sous ses pieds en prononçant sa prière ne doit pas tomber aux mains de l'ennemi. Autrement, on offre à Mars un suovetaurile expiatoire.

Lavinium voulait soutenir les Latins mais perdit du temps. A la nouvelle de la défaite latine, ses troupes revinrent sur leurs pas en pensant que les Romains leur feraient payer cher ce court chemin. Les Latins échappés du combat se réfugièrent à Vescia. Numisius, leur chef, croyant les Romains aussi éprouvés qu’eux, rassembla aussitôt une nouvelle armée de Volsques et de Latins pour revenir à Capoue. Torquatus la rencontra vers Trifanum. Sans même établir un camp, on jeta les bagages en tas et on courut se battre. Le désastre des Latins fut total et tous se soumirent. La soumission des Campaniens s'ensuivit. Pour punir le Latium et Capoue, on leur prit du territoire. Les terres latines, auxquelles on joignit les terres des Privernates et celles de Falerne qui appartenaient aux Campaniens jusqu'au fleuve Volturne, furent distribuées au peuple de Rome. On exempta de peine les Laurentins et les cavaliers de Capoue qui n'avaient pas pris part à la défection. On ordonna le renouvellement du traité des Laurentins. Les cavaliers campaniens eurent droit de cité. Le peuple campanien dut payer par an à chacun d'eux (il étaient seize cents) un tribut de quatre cent cinquante deniers.

La guerre achevée, Manlius rentra à Rome. Les Antiates firent des incursions sur les terres d'Ostie, d'Ardée et de Solonium. Manlius, malade, nomma dictateur le préteur L. Papirius Crassus. Celui-ci occupa le territoire d'Antium et y campa quelques mois. Les nouveaux consuls battirent les Latins qui avaient repris les armes dans les plaines de Fénectum. Pendant que l’un recevait la soumission des Llatins, l’autre, Aemilius, mena l'armée à Pedum. Pedum était soutenue par les gens de Tibur, de Préneste et de Vélitres. Il était venu aussi des secours de Lanuvium et d'Antium. Lorsque Aemilius apprit le triomphe décerné à son collègue, il laissa la guerre inachevée et, sollicitant le triomphe avant même la victoire, revint à Rome. Indignés de cette avidité, les sénateurs lui refusèrent le triomphe jusqu'à la prise de Pedum. Dès lors, Aemilius ne cessa de décrier les patriciens, sans la moindre opposition de son collègue, plébéien lui-même. Ses accusations portaient sur la parcimonie avec laquelle on avait partagé au peuple les terres du Latium et de Falerne. Quand le sénat enfin ordonna aux consuls de désigner un dictateur pour combattre les Latins révoltés, Aemilius nomma son collègue. Cette dictature servit la cause populaire par trois lois favorables au peuple. D'abord les plébiscites contraindraient tous les citoyens romains. Ensuite, les lois portées aux comices par centuries seraient, avant l'appel aux suffrages, ratifiées par le sénat. Enfin, un des censeurs serait choisi dans le peuple. Ainsi, consuls et dictateur furent cette année plus funestes à Rome que leurs actions guerrières n'avaient été profitables. L'année suivante, pour humilier Aemilius, le sénat déclara qu'il fallait par tous les moyens emporter Pedum. Les nouveaux consuls se mirent en marche. Le Latium manquait de moyens pour la guerre. On s'enferma dans les villes. Pedum fut à peine secourue.

Les Tiburtes et les Prénestins vinrent mais les gens d'Aricie, de Lanuvium et de Vélitres, qui se ralliaient déjà aux Volsques d'Antium, furent surpris par Maenius qui les battit. Camillus, à Pedum, combattit les Tiburtes, beaucoup plus forts. La lutte fut vive mais l'issue heureuse. Une sortie des habitants jeta le trouble parmi les combattants mais Camillus les refoula et prit la ville. Les deux consuls résolurent alors de passer à la conquête du Latium. Ils ne s'arrêtèrent qu'après avoir forcé chaque ville à se rendre. Ils laissèrent des garnisons et revinrent à Rome où le triomphe leur avait été déféré unanimement. A cela, on ajouta une distinction rare en ce temps-là. On leur érigea des statues équestres dans le Forum. Avant d'ouvrir les comices pour l'élection des consuls de l'année suivante, Camillus fit une proposition. On pouvait s’assurer la paix par la sévérité ou par la clémence. Il suggérait d’accorder aux Latins le droit de cité et d’augmenter ainsi la puissance de Rome. Les sénateurs approuvèrent mais ils statuèrent selon le mérite de chaque peuple. Aux Lanuvins, on donna droit de cité et on leur rendit l'usage de leurs fêtes religieuses. Aricie, Nomentum et Pedum reçurent aussi le droit de cité. Tusculum conserva ce droit qu'elle avait déjà et sa révolte passa pour le crime de quelques factieux. Les Véliternes, anciens citoyens romains rebelles furent sévèrement punis. On renversa leurs murailles, on emmena leur sénat et on envoya des colons sur les terres des sénateurs. Antium aussi reçut une colonie nouvelle, avec permission aux Antiates de s'inscrire au nombre des colons. On lui retira ses vaisseaux mais on lui donna le droit de cité. Les Tiburtes et les Prénestins perdirent du territoire. On interdit aux autres peuples latins tout mariage et tout commerce entre eux. Aux Campaniens, en hommage à leurs cavaliers qui étaient restés fidèles, et aux gens de Fundi et de Formies, pour avoir permis le passage sur leurs terres, on donna le droit de cité sans le suffrage. Cumes et Suessula obtinrent les mêmes droits que Capoue. Des navires d'Antium, une partie rentra dans les arsenaux de Rome, une autre fut brûlée, et de leurs éperons, ou rostres, on décora la tribune élevée dans le Forum. Ce lieu consacré prit dès lors le nom de Rostres.

Sous les consuls suivants, la guerre éclata entre Sidicins et Aurunques. Ceux-ci, depuis que Manlius avait reçu leur soumission, n'avaient jamais bougé. C'était un titre à réclamer les secours de Rome. Mais avant que les consuls aient bougé, on apprit que les Aurunques s'étaient fortifiés dans Suessa. Leur ville avait été détruite par les Sidicins. Le sénat, irrité de la lenteur des consuls, leur demanda de nommer un dictateur. Ce fut C. Claudius Inregillensis. Mais les augures déclarèrent l'élection vicieuse. Cette année, la vestale Minucia, soupçonnée pour sa parure trop recherchée, fut dénoncée aux pontifes par un esclave. Elle fut enterrée vivante. La même année, pour la première fois, un plébéien devint préteur. L'année suivante, il y eut la guerre contre les Ausones. Ce peuple habitait la ville de Calès et s’était allié aux Sidicins. Un seul combat dispersa leur armée. Trop souvent les Sidicins avaient causé la guerre. Aussi, le sénat réussit-il à faire nommer consul le meilleur général de l’époque, M. Valerius Corvus. On lui donna pour collègue M. Atilius Regulus. Corvus marcha sur Calès et dispersa l'ennemi. Puis il voulut prendre la ville. Sachant la chose difficile, il pensait entreprendre un siège. Mais un prisonnier romain qui, grâce à la négligence de ses gardiens, s’était évadé le poussa à attaquer des ennemis ivres. Le butin fut immense. On mit garnison dans Calès et les légions revinrent à Rome. Le consul triompha et, pour qu'Atilius ne reste pas sans rien, les deux consuls conduisirent ensemble l'armée contre les Sidicins. Avant de partir, ils nommèrent un dictateur pour tenir les comices. La guerre n'était pas finie mais, avant même d'en finir avec les Sidicins, les nouveaux consuls proposèrent l'envoi d'une colonie à Calès. Le sénat décida que deux mille cinq cents hommes seraient inscrits.

Ensuite ils entrèrent en territoire ennemi et le dévastèrent. Les Sidicins semblaient résolus à une lutte acharnée. On disait aussi que le Samnium bougeait. Il fallait un dictateur. On choisit P. Cornelius Rufinus mais l'élection parut vicieuse. Une peste suivit. On eut recours à un interrègne. L’interroi créa des consuls. Un bruit de guerre avec les Gaulois fit nommer un nouveau dictateur, M. Papirius Crassus, mais des éclaireurs rapportèrent que tout était calme. Depuis un an, on soupçonnait le Samnium de projets hostiles. L'armée romaine ne quitta pas le territoire des Sidicins. Mais la guerre d'Alexandre d'Epire attira les Samnites en Lucanie. Les deux peuples marchèrent contre ce roi qui avait fait une descente près de Paestum et lui livrèrent bataille. Vainqueur dans ce combat, Alexandre conclut la paix avec Rome. La même année, on fit le recensement. Les habitants d'Accerra furent faits Romains. Suivit une année funeste sous les nouveaux consuls. Les principaux citoyens mouraient presque tous de la même manière. Une esclave se présenta devant un édile et promit de révéler la cause de cette mortalité s'il lui promettait une récompense. Le sénat consentit à donner des assurances à l'esclave. Alors elle déclara que des matrones préparaient des poisons. On surprit quelques femmes occupées à cuire des drogues et on trouva des poisons cachés. Vingt matrones furent arrêtées. Deux d'entre elles, Cornelia et Sergia, des patriciennes, soutinrent que c'étaient de bons breuvages. On leur ordonna d'en boire. Elles en moururent. Leurs complices dénoncèrent beaucoup de femmes. Cent soixante-dix furent condamnées. Nul empoisonnement n'avait encore été jugé à Rome. On tint le fait pour un prodige et on vit là des folles plutôt que des criminelles.

Les traditions rapportaient qu'autrefois, lors des sécessions de la plèbe, le dictateur avait planté un clou et que cela avait ramené les hommes à la raison. On s'empressa de créer un dictateur pour planter le clou. Ce fut Cn. Quinctilius. Le clou planté, il abdiqua. On créa ensuite des consuls. Au début de l’année, des députés volsques de Fabrateria et de Luca vinrent demander à Rome d'être admis sous sa tutelle. Si on les protégeait contre les Samnites, ils promettaient fidélité. Le sénat envoya des ambassadeurs interdire aux Samnites toute violation du territoire de ces deux peuples. La même année, la guerre éclata contre les Privernates alliés au peuple de Fundi. Le consul Papirius prit position près du camp des ennemis. Vitruvius, leur chef, disposa son armée devant le camp. Il fut vaincu mais la proximité du camp sauva ses hommes. Dans la nuit, il gagna Privernum. Plautius, l’autre consul, dévasta la campagne et, chargé de butin, mena son armée sur les terres de Fundi. Le sénat de Fundi implora sa clémence en accusant les Privernates. Le consul admit la fidélité de Fundi et se tourna vers Privernum. Les deux armées consulaires assiégèrent la ville mais on rappela un des consuls à Rome pour les comices. La guerre privernate n'était pas finie qu’éclata le bruit d'une agitation gauloise. Aussitôt les nouveaux consuls, le jour de leur entrée en fonctions aux calendes de juillet, se partagèrent les provinces. La guerre contre les Gaulois revint à Mamercinus qui leva des troupes. Une forte armée s'assembla à Véies mais ne s'éloigna pas de peur de manquer l'ennemi. Finalement, ces forces se tournèrent contre Privernum et Vitruvius fut pris. Le sénat ordonna à Plautius de renverser les murs de Privernum, d'y laisser une garnison et de venir recevoir le triomphe. Il décida que Vitruvius serait fouetté et mis à mort, que sa maison de Rome serait détruite et ses biens consacrés à Semo Sancus. De la somme qu'on en tira, on fit deux disques de bronze qu'on plaça dans le sanctuaire de Sancus. Ensuite le consul, persuadé que cela suffisait, proposa qu’on fasse la paix avec Pivernum. On proposa de leur accorder le droit de cité. La même année, on envoya des colons à Anxur. Il ne se passa rien de notable l'année suivante sinon l'établissement d'une colonie à Frégelles et une distribution de viande au peuple par M. Flavius lors des funérailles de sa mère. On dit qu’il payait ainsi sa dette au peuple qui l'avait absous d'une accusation de viol. Cela lui valut le tribunat du peuple aux élections suivantes.

Palaepolis et Naples étaient habitées par un même peuple originaire de Cumes et qui venait de Chalcis en Grèce. Leur flotte faisait leur puissance. Après avoir envahi les îles d'Aenaria et de Pithécusses, ils s'étaient établis sur le continent. Cet Etat, sûr de sa force, comptant sur l'alliance des Samnites et sur la peste qui frappait Rome, se montra hostile aux Romains établis sur en Campanie et à Falerne. Les féciaux envoyés à Palaepolis pour demander réparation en rapportèrent une réponse insolente. La guerre fut décidée. Le soin de combattre les Grecs échut au consul Publilius. Son collègue Cornelius, avec l'autre armée, dut s'opposer aux Samnites et comme le bruit courait que, en cas de défection de la Campanie, ils porteraient leur camp de ce côté, ce fut là aussi que le consul prit position. Publilius annonça que deux mille soldats nolains et quatre mille samnites étaient arrivés à Palaepolis. Cornelius prévint que tout le Samnium était sur pied et cherchait à soulever les cités voisines. On envoya des députés aux Samnites avant de déclarer la guerre mais ils accusèrent Rome des premiers torts et se justifièrent de ceux qu'on leur imputait. Ils refusèrent un arbitrage et invitèrent Rome au combat en Campanie. Publilius, maître d'une position favorable entre Palaepolis et Naples, avait arrêté les communications de ces deux villes. Le jour des comices approchait. Le rappel de Publilius aurait été risqué. On proposa au peuple de lui laisser le commandement jusqu'à la fin de la guerre contre les Grecs. Cornelius était déjà dans le Sanmium et comme on ne voulait pas le retarder on lui écrivit de nommer un dictateur pour présider les élections. Il choisit M. Claudius Marcellus. Mais les augures dirent que l'élection était vicieuse. Les tribuns pensèrent que c'était parce qu'il était plébéien. Il fallut un interrègne. L’interroi créa deux nouveaux consuls.

La même année fut fondée Alexandrie en Egypte et Alexandre, roi d'Epire, fut tué par un exilé de Lucanie, ce qui confirma les prédictions de Jupiter de Dodone. Quand il avait été appelé par les Tarentins en Italie, l'oracle lui avait dit de se garder de l'eau achérusienne et de la ville de Pandosia. Il se hâta donc de passer en Italie pour s'éloigner de la ville de Pandosia en Epire et du fleuve Achéron. Après avoir battu les Bruttiens et les Lucaniens, pris Héraclée, Sipontum, Consentia et Terina, envoyé en Epire trois cents familles comme otages, il vint occuper des collines près de Pandosia, ville aux confins de la Lucanie et du Bruttium. De là, il faisait des incursions en territoire ennemi. Il avait autour de lui deux cents exilés lucaniens qu'il croyait sûrs. Des pluies avaient inondé la campagne et isolé les trois armées du roi. Les deux où le roi n'était pas furent détruites par l'ennemi qui réunit ses forces pour attaquer le roi lui-même. Alors les exilés lucaniens promirent à leurs compatriotes de le livrer. Cependant le roi réussit à se dégager. Comme sa troupe passait un gué difficile, un soldat dit que ce n'était pas sans raison qu'on appelait ce fleuve Achéron. Ce mot arriva aux oreilles du roi et lui rappela sa destinée. Il hésita. Alors un de ses serviteurs l'avertit que les Lucaniens cherchaient l'occasion de le perdre. Le roi se retourna et, les voyant venir en troupe contre lui, il tira son épée et poussa son cheval dans le fleuve. Il allait réussir quand un javelot lancé par un exilé lucanien le tua. On coupa son cadavre en deux. Une moitié fut envoyée à Consentia. On garda l'autre pour s'amuser. On le frappait à coups de javelots et de pierres, quand une femme dit en pleurant qu'elle avait un époux et des enfants prisonniers chez l'ennemi. Elle espérait avec ce cadavre racheter sa famille. Les mutilations cessèrent. Les ossements du roi furent portés en Epire à Cléopâtre sa femme et à sa soeur Olympias, dont l'une était mère et l'autre soeur d'Alexandre le Grand.

La même année on célébra à Rome un lectisterne, le cinquième depuis la fondation de la Ville, afin d'apaiser les dieux. Ensuite les nouveaux consuls, déclarèrent la guerre aux Samnites. Il leur vint un secours inattendu. Les Lucaniens et les Apuliens, peuples avec qui Rome n'avait jamais eu affaire, promirent des hommes pour la guerre. Pendant ce temps, les légions avançaient dans le Samnium. Trois places tombèrent en leur pouvoir. Le territoire fut dévasté. Pendant ce temps, la guerre contre les Grecs assiégés touchait à sa fin. Les ennemis, dont les communications étaient coupées et les forces divisées, subissaient chez eux plus de maux qu'ils n'en redoutaient du dehors. Prisonniers de leurs propres défenseurs qui outrageaient leurs enfants et leurs femmes, ils enduraient les calamités des villes conquises. Ils apprirent que Tarente et les Samnites leur envoyaient des secours mais ils jugèrent que le moindre mal était encore de se rendre aux Romains. Charilaus et Nymphius, les chefs de la ville, se partagèrent les rôles. L'un passerait auprès du général romain, l'autre demeurerait dans la place. Ce fut Charilaus qui alla trouver Publilius Philo. Il demanda que Rome considère le courage qu'il fallait pour revenir à son amitié. Le général l'approuva et donna trois mille hommes pour occuper la partie de la ville où s'étaient établis les Samnites. Cette troupe était sous les ordres du tribun militaire L. Quinctius. Pendant ce temps, Nymphius avait entrepris le chef samnite qui lui avait permis d’équiper une flotte pour envahir le territoire de Rome. Pour cela il fallait partir de nuit. Pour hâter ces apprêts, toute l'armée samnite, moins la garde nécessaire au service de la ville, fut envoyée au rivage.

Pendant que Nymphius gagnait du temps, Charilaus entra dans la place, plaça des soldats romains les hauteurs et fit pousser le cri d'attaque. Les Grecs, avertis, ne bougèrent pas. Les Nolains et les Samnites s'enfuirent et rentrèrent chez eux dépouillés de tout. On décerna le triomphe à Publilius. Le premier, il obtint la prorogation de son commandement et le triomphe après le consulat. La guerre éclata presque aussitôt avec les Tarentins. Quand ils apprirent que les Romains étaient maîtres de Palaepolis, ils se plaignirent comme s'ils avaient été trahis. Leur haine contre Rome grandit surtout quand ils surent que les Lucaniens et les Apuliens s'étaient rangés sous la protection du peuple romain. De jeunes Lucaniens se blessèrent eux-mêmes et se présentèrent devant leurs concitoyens en criant que le consul les avait presque tués. La foule força les magistrats à convoquer le sénat. On décréta le renouvellement de l'alliance avec les Samnites. Cette année, l'esclavage pour dettes fut aboli à cause de la cruauté d'un usurier, L. Papirius. Il retenait chez lui C. Publilius en raison des dettes de son père. Il essaya de le séduire puis de l'effrayer par des menaces. Enfin il le fit frapper de verges. Blessé, le jeune homme s'échappa et se plaignit à tous de l'usurier. Les citoyens vinrent en foule, émus de compassion. Les consuls proposèrent au peuple que jamais, sinon pour crime, un citoyen ne pourrait être enchaîné. Les biens du débiteur, et non son corps, répondraient de sa dette. Ainsi tous les citoyens captifs furent libérés et on défendit pour toujours de remettre aux fers un débiteur.

On apprit que les Vestins se joignaient aux Samnites. Le sénat s'en inquiéta. L'impunité des Vestins encouragerait l'audace mais leur punition inspirerait la colère. De toute manière on soulèverait les nations voisines, les Marses, les Péligniens et les Marrucins. Les sénateurs décidèrent la guerre. Elle échut à Brutus et le Samnium à Camillus. Le souci de défendre leurs frontières empêcha les deux peuples de joindre leurs forces. Camillus malade nomma dictateur L. Papirius Cursor qui choisit Q. Fabius Maximus Rullianus pour maître de cavalerie. L'autre consul battit les Vestins. Il prit d’assaut Cutina puis Cingilia et abandonna le butin à ses troupes. Le dictateur rentra à Rome reprendre les auspices en ordonnant au maître de la cavalerie de garder sa position sans combattre. Fabius, après le départ du dictateur, apprit que l'ennemi était peu sur ses gardes. Il marcha sur Imbrinium où il rencontra les Samnites. Le succès fut total. Vingt mille ennemis périrent. Le maître de la cavalerie rassembla les armes ennemies et les brûla, comme s’il voulait empêcher le dictateur de parer son triomphe de ces dépouilles. Il écrivit ensuite au sénat et non au dictateur ce qui prouvait qu'il n'entendait point partager sa gloire. Le dictateur, apprenant cela, se mit en colère. Plein de rage, il retourna au camp. Fabius conjura les soldats qui avaient combattu sous ses ordres de le protéger. De toute l'assemblée on lui cria que personne ne porterait la main sur lui tant que les légions seraient là.

Le dictateur convoqua l'armée. Il demanda au maître de la cavalerie s'il devait obéir au dictateur et si celui-ci pouvait livrer une bataille sans renouveler les auspices. Fabius s’embrouilla dans ses réponses. Papirius ordonna d'apprêter les verges et les haches et Fabius se réfugia auprès des soldats. Certains suppliaient le dictateur de pardonner au maître de cavalerie. Autour de Fabius, on était près à la révolte. Les lieutenants conjuraient le dictateur de remettre l’affaire à plus tard. Cela ne faisait qu’exciter l'animosité du dictateur. La nuit termina ce débat. Le maître de cavalerie reçut l’ordre de se présenter le jour suivant mais il s'enfuit à Rome. Là, sur l'avis de son père, M. Fabius, qui avait été consul et dictateur, il se plaignit au sénat de l'injustice du dictateur. Tout à coup on entendit des licteurs qui repoussaient la foule. C'était Papirius qui arrivait. Il ordonna de saisir Fabius. Le sénat voulut intercéder mais il persista. Le père de l'accusé en appela au peuple On se rendit à l'assemblée du peuple. Le vieux Fabius attaqua la tyrannie de Papirius. Le peuple n’avait jamais imposé plus qu’une amende à ceux qui avaient été battus à la guerre. Et là on voulait exécuter un vainqueur ! Il avait pour lui le sénat, le peuple, les tribuns et l'armée. Son adversaire invoquait la discipline militaire et des exemples comme celui de Brutus. Il annonçait les pires maux si son autorité était bafouée. Le peuple et les tribuns le conjurèrent de pardonner à la jeunesse de Q. Fabius. Le jeune homme et son père tombèrent aux genoux du dictateur pour le fléchir. Celui-ci estima alors que la discipline l’avait emporté. Sans être absous, Q. Fabius fut grâcié. Le sénat et le peuple manifestèrent leur joie.

Cette année, chaque fois que le dictateur quitta l'armée, l'ennemi fit mouvement. Le lieutenant M. Valerius, en charge du camp, avait l'exemple de Q. Fabius. Des fourrageurs ayant été massacrés dans une embuscade, on pensa qu'il aurait pu les secourir sans les ordres du dictateur. Celui-ci n’en fut que plus impopulaire. Après avoir nommé un nouveau maître de cavalerie, L. Papirius Crassus, il retourna au camp où son arrivée inspira peu de joie aux troupes et peu de crainte aux ennemis. Le lendemain, ils s'approchèrent du camp. Si le zèle des soldats avait secondé le général, on aurait pu ce jour-là mettre à fin la guerre. Mais les soldats entravèrent la victoire. Le général le sentit bien. Alors il visita les soldats blessés, demandant à chacun comment il se portait et les recommandant aux soins des officiers. Cela lui réussit et il regagna le coeur des soldats. Quand il marcha de nouveau à l'ennemi, les Samnites furent complètement battus. L'armée victorieuse se porta ensuite où l'appelait l'espoir du butin. Elle parcourut le pays ennemi sans résistance. Le dictateur avait abandonné tout le butin aux hommes. Domptés, les Samnites demandèrent la paix. Le dictateur exigea d'eux un vêtement et une année de solde pour chacun de ses hommes et les renvoya devant le sénat. L'armée quitta le Samnium et le dictateur rentra à Rome en triomphe. Avant d'abdiquer, il créa de nouveaux consuls. Les Samnites n’obtinrent qu'une trêve d'un an. L'abdication de Papirius les encouragea à reprendre les armes.

En plus des Samnites survint un nouvel ennemi, les Apuliens. Le sort envoya Sulpicius contre les Samnites et Aemilius contre les Apuliens. Les deux régions furent dévastées. M. Flavius, tribun du peuple, proposa de punir les Tusculans qui avaient poussé les Véliternes et les Privernates à faire la guerre aux Romains. Les Tusculans, avec femmes et enfants, vinrent à Rome se jeter aux genoux de tous les citoyens. La compassion réussit mieux à les sauver que l'examen de leur cause. La loi fut repoussée. L'année suivante, le dictateur A. Cornelius Arvina mena une puissante armée dans le Samnium. Il était campé en territoire ennemi quand soudain les Samnites s'avancèrent avec tant d'audace qu'elles plantèrent leurs palissades à deux pas des postes romains. Peu satisfait de sa position, le dictateur fit partir sans bruit les légions mais les camps étaient si proches qu'il ne put cacher sa retraite. La cavalerie samnite le suivit. Au jour, elle attaqua et retarda la marche. Pendant ce temps, l'infanterie arrivait. Le dictateur s'arrêta et ordonna de tracer un camp. Mais la cavalerie ennemie l'en empêcha. Finalement, il rangea ses troupes en bataille. Le combat fut longtemps égal. Soudain la cavalerie samnite, apprenant que les bagages des Romains étaient restés sans gardiens, se précipita au pillage. Le dictateur ordonna de laisser faire puis ordonna d’attaquer ces cavaliers encombrés de butin. On en fit un carnage. La cavalerie ennemie détruite, M. Fabius vint par derrière attaquer l’infanterie. La terreur se répandit chez les Samnites. Plus on avançait plus s'accroissait la confusion de l'ennemi qui fut massacré sur place ou mis en fuite. L'infanterie tua ceux qui résistaient. La cavalerie tailla en pièces les fuyards et, dans le nombre, le général lui-même succomba. Cette bataille brisa les forces samnites. Dans toutes leurs assemblées on disait qu’une guerre entreprise contre la foi d'un traité demandait une réparation solennelle. Quelques-uns osaient nommer les chefs de la défection. C'était surtout Brutulus Papius. Les préteurs décrétèrent qu’il serait livré aux Romains et que le butin et les prisonniers seraient envoyés à Rome. Leurs féciaux furent envoyés à Rome, avec le corps de Brutulus qui s’était suicidé. Un sénatus-consulte ordonna le triomphe du dictateur.

 

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