Livre 36: 192-191 av. JC

Les consuls Cornelius Scipion et Acilius Glabrio, sitôt entrés en charge, reçurent l'ordre du sénat de faire des sacrifices aux dieux pour obtenir la victoire. Les haruspices annoncèrent que cette guerre reculerait les frontière de Rome. Le sénat demanda au peuple s'il voulait la guerre. Acilius reçut le commandement en Grèce et l'ancien consul L. Quinctius devait être son lieutenant. Cornelius devait marcher contre les Boiens. La guerre fut officiellement déclarée à Antiochus et Acilius célébra des jeux à Jupiter pour le succès de l'opération. Les vieux navires devaient être radoubés. On recruterait des équipages parmi les affranchis. Des députés furent envoyés à Carthage et en Numidie pour demander du blé. Il fut interdit aux sénateurs et aux magistrats de quitter Rome. L'armement de la flotte fut retardé par une contestation des colonies maritimes. Le sénat déclara qu'elles n'étaient pas exemptes de service. Acilius convoqua les troupes à Brindes aux ides de mai.

Des ambassadeurs vinrent à Rome proposer l'aide de Philippe de Macédoine et de Ptolémée d'Egypte. On les remercia mais on accepta seulement un intervention de Philippe en Etolie. Les Carthaginois proposèrent d'envoyer des vivres, d'armer une flotte et de payer ce qui restait de leur amende. Massinissa offrit du blé, des chevaux et des éléphants. On accepta seulement le blé à condition de le payer. Pendant ce temps, Antiochus essayait de rallier les villes grecques. Les Eléens du Péloponnèse lui demandèrent de l'aide contre les Achéens. Les Epirotes, eux, voulaient se faire bien voir tout en restant amis des Romains. Antiochus partit pour exploiter le ressentiment de la Béotie contre Rome. A Thèbes, il tint le même langage qu'à Chalcis et demanda qu'on s'allie à lui sans déclarer la guerre aux Romains. On rédigea un décret équivoque plutôt hostile à Rome. Le roi donna rendez-vous aux Etoliens à Démétriade. Amynander fut appelé d'Athamanie. Consulté, Hannibal exposa un plan.

Il fallait obtenir l'aide de Philippe. Des intérêts communs et la rancune du roi de Macédoine faisaient espérer la réussite. Il fallait au moins l'empêcher de se joindre aux ennemis. Une partie de la flotte stationnerait devant Corcyre pour barrer la route aux Romains. Le reste irait sur la côte italienne face à la Sardaigne et à l'Afrique. Le roi, avec l'armée de terre, irait à Byllis couvrir la Grèce et menacer les Romains de passer en Italie. On applaudit la sagesse d'Hannibal mais on ne le suivit pas. On fit seulement venir d'Asie la flotte et les troupes. Antiochus envoya des ambassadeurs assister à l'assemblée des Thessaliens et donna rendez-vous aux Etoliens et à Amynander à Phères. En attendant, il fit recueillir les ossements des Macédoniens tués à Cynoscéphales et leur fit un tombeau. Cela déplut à Philippe qui s'empressa de prévenir le propréteur Baebius.

Antiochus était devant Phères avec Amynander et les Etoliens. Des envoyés de Larissa vinrent lui demander en quoi les Thessaliens avaient provoqué sa colère. En même temps ils envoyèrent cinq cents hommes renforcer la garnison de Phères mais ce corps trouva les passages fermés et dut se replier. Les habitants de Phères restèrent fidèles aux Romains et défendirent leur ville. Le roi sentait que l'avenir dépendait de son succès. Il fit tout pour terroriser les assiégés qui, finalement, capitulèrent. Bientôt presque tout le pays fut en son pouvoir. Il décida alors d'attaquer Larissa. Eléphants en tête, il avança vers la ville. Amynander s'empara de Pellina tandis que Ménippe et les Etoliens prenaient Malléa et Cyrétiae. Ils rejoignirent ensuite Antiochus. Le roi hésitait. Les uns voulaient attaquer, les autres voulaient attendre le printemps, quand la ville se soumit d'elle-même.

Baebius, joint à Philippe, envoya Appius Claudius au secours de la garnison de Larissa. Il gagna les montagnes qui dominent Gonni, à vingt milles de Larissa. Par la taille de son camp, il fit croire à l'ennemi que toutes les forces romaines et macédoniennes étaient là. Alors Antiochus, les Etoliens et les Athamans repartirent. Appius arriva à Larissa à la grande joie des habitants. A Chalcis, le roi s'éprit de la fille d'un nommé Cléoptolème. Le père, malgré ses réticences, consentit au mariage. Aussitôt le roi, oubliant la guerre, passa l'hiver en festins. Ses hommes l'imitèrent et négligèrent le service. Au printemps, constatant le relâchement de la discipline, Antiochus mena l'armée en Etolie. Après avoir offert un sacrifice à Apollon à Delphes, il tint conseil à Naupacte avec les notables étoliens. Mnasiloque, un chef acarnanien qu'il avait acheté, avait gagné le préteur Clytus. Celui-ci, voyant que Leucade, la capitale, ne se laisserait pas entraîner, déclara qu'il fallait envoyer toutes les forces de l'Acarnanie à Médion et Thyrhéion pour les défendre contre Antiochus. Les députés trouvèrent qu'il suffisait de cinq cents hommes. Clytus espérait qu'ils seraient des otages pour le roi.

A Médion. Les habitants étaient divisés. Clytus proposa qu'on porte la question de l'alliance devant l'assemblée acarnanienne. Mnasiloque était dans la délégation. Il demanda au roi d'approcher pendant qu'il gagnait du temps. Ils étaient à peine partis qu'Antiochus arrivait. Certains prirent les armes mais Clytus et Mnasiloque le firent entrer. Le roi se fit rassurant et plusieurs peuples d'Acarnanie se rallièrent. Il alla ensuite à Thyrhéion. Les habitants fermèrent les portes. Par hasard, un détachement romain arriva, ce qui raviva le courage des alliés. Le roi regagna Chalcis. Aux premiers jours du printemps, Baebius et Philippe descendirent en Thessalie. Antiochus était en Acarnanie. Philippe attaqua la ville de Mallée en Perrhébie et Baebius la place de Phacium. Le Romain l'emporta rapidement et rejoignit Philippe à Mallée. La ville capitula et les deux armées allèrent reprendre les places prises par les Athamans.

Le consul Acilius, qui venait d'arriver avec vingt mille fantassins, deux mille cavaliers et quinze éléphants, envoya son infanterie à Larissa et rejoignit Philippe devant Limneium qui capitula. Il gagna ensuite Pellinion qui se rendit aussi. Les Athamans et les hommes d'Antiochus capturés furent livrés à Philippe. Acilius partit pour Larissa et reçut en route la soumission de Cierion et de Métropolis. Philippe conduisit son armée en Athamanie. Amynander se réfugia en Ambracie et ses Etats passèrent sous contrôle macédonien. Le consul passa quelques jours à Larissa puis avança vers Crannon. Pharsale, Scotoussa et Phères se soumirent. Mille hommes d'Antiochus passèrent aux Romains. Les autres furent renvoyés à Démétriade. Le consul approchait du défilé que domine Thaumaci quand les habitants de cette ville l'attaquèrent. Après avoir tenté de négocier, il s'empara de la ville restée sans défenseurs et tailla en pièce les assaillants. Il ravagea ensuite le territoire d'Hypata.

Déçu, Antiochus s'en prit à Thoas et rendit sa confiance à Hannibal. Il demanda aux Etoliens de se rendre à Lamia. Il partit à la tête de dix mille fantassins, de renforts venus d'Asie et de cinq cents cavaliers. Les Etoliens furent peu nombreux. Ainsi abandonné, Antiochus prit position dans le défilé des Thermopyles. Cette montagne coupe la Grèce en deux. Même des voyageurs sans bagages ne passent que difficilement. Le mot Thermopyles vient de sources chaudes et est célèbre par le dévouement des Lacédémoniens. Antiochus établit son camp à l'entrée du défilé. Le consul s'installa dans les gorges, près du roi. Craignant que les Romains ne trouvent un passage, il demanda aux Etoliens d'occuper les sommets. Le consul envoya deux mille hommes pour les déloger. Lui-même rassembla ses soldats et les encouragea. Il n'y avait en face d'eux que des Syriens et des Grecs d'Asie nés pour l'esclavage. Antiochus avait passé l'hiver en débauches. Les Etoliens étaient inconstants. Le butin serait abondant et ils ouvriraient la voie des richesses de l'Orient. De Cadix à la Mer Rouge, ils auraient pour limites l'Océan qui entoure l'univers. Le signal du combat fut donné à l'aube. Les ennemis durent se replier devant le nombre des Romains. Ils auraient pu résister derrière les retranchements si les Etoliens n'avaient été chassés d'une des trois hauteurs. Quand ils virent les enseignes romaines, les défenseurs du camp prirent la fuite. Les Romains perdirent du temps au pillage.

Antiochus regagna Chalcis avec une faible escorte. Ses troupes avaient été anéanties. Le consul traversa la Phocide et la Béotie sans violences mais, sur le territoire de Coronée, on trouva une statue d'Antiochus dans un temple. Les soldats ravagèrent la campagne et le consul reprocha aux Béotiens leur ingratitude. Des vaisseaux de la flotte royale stationnaient dans le golfe maliaque. A la nouvelle de la défaite, l'escadre regagna Démétriade. L'amiral romain, A. Atilius, intercepta d'importants convois puis rentra au Pirée avec les navires capturés et distribua beaucoup de blé aux Athéniens. Antiochus rentra finalement à Ephèse. Les Romains trouvèrent les portes de Chalcis ouvertes. Toutes les villes d'Eubée se rendirent sans combat. L'armée retourna aux Thermopyles sans exercer de représailles. Le consul envoya Caton porter à Rome la nouvelle de la victoire. Le sénat décréta trois jours de supplications et ordonna d'immoler quarante grandes victimes. M. Fulvius Nobilior, parti comme préteur deux ans auparavant en Espagne, obtint l'ovation.

Acilius fit dire aux Etoliens qu'ils seraient bien avisés de livrer Héraclée contre l'oubli de leur attitude. A leur réponse, il comprit qu'il fallait recommencer la guerre. Il installa son camp près d'Héraclée, ville située au pied du mont Oeta et dominée par une citadelle. On dressa les machines de siège. Les Etoliens multipliaient les sorties. Pendant vingt-quatre jours, ils n'eurent pas de répit. Enfin le consul, informé par des transfuges, usa d'un stratagème. Il fit sonner la retraite dans la nuit et reprit le combat la matin. Les Etoliens crurent que les attaquants étaient fatigués. Acilius refit la même chose plusieurs fois. Les Etoliens prirent l'habitude de quitter leur poste. Quelques jours plus tard, Acilius ne reprit l'assaut que sur trois points. Les Etoliens laissèrent sans défense le quatrième. C'est par là que des Romains embusqués pénétrèrent dans la ville. Au jour, les Etoliens découragés capitulèrent. Parmi les prisonniers se trouvait Damocrite qui s'était montré insolent envers Quinctius au début de la guerre.

Pendant ce temps, Philippe assiégeait Lamia. Lamia et Héraclée sont proches, si bien qu'il y avait une sorte de rivalité entre Romains et Macédoniens. Mais les difficultés étaient plus grande à Lamia. Le roi négocia avec des notables pour les persuader de se rendre. Il pensait que, si Héraclée tombait la première, ils préféreraient se rendre aux Romains. Il ne se trompait pas. Sitôt Héraclée prise, on lui demanda de renoncer. Auparavant, les Etoliens avaient envoyé des messagers à Antiochus pour le supplier de revenir en Europe et d'envoyer des secours. Il donna de l'argent aux ambassadeurs et promit d'envoyer des troupes. La chute d'Héraclée abattit le courage des Etoliens qui demandèrent la paix au consul. Celui-ci leur accorda une trêve de dix jours. Flaccus leur conseilla d'avouer leurs fautes et de se présenter en suppliants. Devant le consul, Phénéas, le chef de la délégation, dit que les Etoliens s'abandonnaient à la merci du peuple romain.

Le consul exigea qu'on lui livre Dicéarque, Ménestas et Amynander. Phénéas protesta mais Acilius fit entourer les députés par les licteurs. Les Etoliens comprirent alors dans quelle situation ils se trouvaient. Arguant de la nécessité d'une ratification par l'assemblée étolienne, Phénéas demanda une trêve de dix jours qui lui fut accordée. Les notables pensaient qu'il fallait obéir mais la population était indignée. L'espoir revint avec le retour de Nicandre de la cour d'Antiochus. Débarqué dans le golfe maliaque, il se mit en route pour Hypata avec une faible escorte, tomba sur un poste macédonien et fut conduit devant Philippe qui le traita comme un hôte. Le roi lui reprocha l'aveuglement avec lequel les Etoliens avaient appelé successivement les Romains et Antiochus en Grèce. Philippe le fit escorter et Nicandre arriva à Hypata au moment où on discutait de la paix avec les Romains.

Après avoir laissé aux soldats le butin d'Héraclée, Acilius, apprenant que les Etoliens se concentraient sur Naupacte, envoya des hommes s'emparer des hauteurs et partit. Il perdit beaucoup de bêtes de somme dans les précipices. Les soldats souffrirent eux aussi mais l'ennemi n'avait pas coupé le passage. L'armée parvint devant Naupacte et le consul investit la ville. En même temps, les Achéens entreprirent le siège de Messène qui refusait d'entrer dans leur ligue. Messène et Elis étaient les seules villes du Péloponnèse hors de la ligue achéenne. Après le départ d'Antiochus, les Eléens avaient dit qu'ils verraient et les Messéniens avaient pris les armes. A la vue des ennemis qui ravageaient leur territoire, ils avertirent Quinctius qu'ils voulaient se rendre aux Romains mais pas aux Achéens. Quinctius ordonna à Diophane, préteur des Achéens, de lever le siège. Le Romain reprocha aux Achéens de s'être engagés dans l'entreprise sans autorisation mais il obligea les Messéniens à entrer dans la ligue.

Devant l'assemblée des Achéens, il demanda la restitution de Zacynthe aux Romains. Cette île avait été cédée par Philippe à Amynander. Son gouverneur l'avait livrée aux Achéens et les Romains la réclamaient comme prix de leur victoire. Les Achéens cédèrent. Quinctius était intraitable quand on lui résistait et accommodant quand on se soumettait. Il compara les Achéens à la tortue; invulnérable dans sa carapace mais fragile quand elle en dépassait. Leurs possessions extérieures étaient sans défenses. L'assemblée applaudit et Zacynthe revint aux Romains. Au moment où le consul allait marcher sur Naupacte, Philippe conduisit son armée contre Démétriade. Il y avait là une garnison laissée par Antiochus grossie des fuyards des Thermopyles. La ville capitula. Euryloque se suicida. Les navires purent partir. Philippe reprit ensuite plusieurs régions voisines.

Naupacte était sur le point de succomber. Sa chute devait entraîner la ruine des Etoliens. Quinctius crut honorable de les ménager. Il se promena près des remparts et les habitants lui demandèrent son secours. Il alla trouver le consul et lui expliqua que l'intérêt des Romains était moins d'affaiblir les Etoliens que d'empêcher Philippe de trop s'agrandir. Le consul reconnut la justesse de ces vues et laissa toute liberté à Quinctius. Celui-ci retourna devant la ville et suggéra qu'on lui envoie quelqu'un. Phénéas et les notables sortirent. Il leur dit de demander au consul une trêve assez longue pour pouvoir envoyer une ambassade offrir leur soumission au sénat. Il plaiderait leur cause. Le consul leva le siège et alla assister à l'assemblée des Achéens où rien ne fut décidé. Acilius reçut une délégation d'Epirotes. Leur fidélité avait été douteuse mais ils n'avaient pas fourni de soldats à Antiochus. Le consul leur accorda une trêve de trois mois et le sénat leur fit grâce. Des ambassadeurs de Philippe furent également reçus par le sénat qui leur rendit Demetrius, le fils du roi qui était otage à Rome.

On dédicaça le temple de la Grande Mère de l'Ida. A cette occasion, on célébra les jeux mégalésiens qui furent les premiers jeux scéniques. On remplit ces devoirs religieux d'autant plus que la guerre menaçait. Des bœufs montèrent sur le toit d'une maison. Les haruspices les firent brûler et on jeta leurs cendres au Tibre. Les livres sibyllins furent consultés et on établit un jeûne en l'honneur de Cérès tous les cinq ans. Un sacrifice et un jour de supplication furent également décrétés. Après cela, le consul P. Cornelius Scipion partit pour la Gaule et avança sur les terres des Boiens. Au même moment, les Ligures attaquèrent le camp du proconsul Minucius mais furent battus. Les Boiens se soumirent. Le consul Cornelius prit des otages aux Boiens et confisqua la moitié de leur territoire. Il demanda ensuite le triomphe. Un tribun du peuple estima que le consul aurait dû rejoindre Minucius au lieu de rentrer. Il triompherait en sortant de charge. Cornelius répondit qu'il voulait triompher des Boiens et que Minucius triompherait plus tard des Ligures. Le sénat accepta et le consul fit défiler d'énormes quantités d'or et d'argent avec de nombreux prisonniers. Chaque soldat reçut cent vingt-cinq as.

Pendant ce temps, Antiochus se croyait en sécurité à Ephèse. Mais Hannibal s'étonnait de ne pas voir encore les Romains en Asie. Antiochus gagna la Chersonèse pour protéger la voie terrestre et confia la flotte à Polyxénidas. L'amiral romain C. Livius disposait de cinquante navires et de nombreux alliés. A Corcyre, il apprit ce qui se passait aux Thermopyles. Il gagna alors le Pirée. Alors que le consul assiégeait Naupacte, Livius fut retenu à Délos par des vents contraires. Le roi rentra à Ephèse et tint conseil sur la possibilité d'un combat naval. Polyxénidas y était favorable avant l'arrivée d'Eumène et des Rhodiens. Son avis l'emporta. Cent navires allèrent à Phocée et le roi rassembla son armée de terre à Magnésie. Les Romains passèrent à Phocée. Eumène les y rejoignit. La flotte combinée, forte de deux cents navires, s'approcha de Corycos. La flotte de Polyxénidas s'avança et la mêlée devint générale. Polyxénidas, réalisant la supériorité de la flotte romaine, s'enfuit, favorisé par la légèreté des navires syriens. Treize navires ennemis avaient été capturés et dix coulés. Les Romains n'en avaient perdu qu'un seul. Comme l'hiver approchait, Livius fit mettre les navires à sec. A Rome, les comices désignèrent comme consuls L. Cornelius Scipion et C. Laelius.

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