Livre 39: 187-183 av. JC

Pendant ce temps, les consuls guerroyaient en Ligurie. Cette région semblait destinée à occuper l'armée entre deux grandes guerres. C'est un pays montagneux avec un ennemi très mobile. Le sol pauvre offre peu de butin et pousse les Ligures à envahir les terres voisines. Le consul Flaminius soumit les Ligures Friniates mais leur mauvaise foi les poussa à se réfugier sur le mont Auginius. La plupart passèrent l'Apennin mais furent repris. Les Ligures Apuans qui menaçaient sans cesse les terres de Pise et de Bologne furent également réduits. Ensuite, pour ne pas laisser ses hommes inactifs, Flaminius leur fit construire une route entre Arretium et Bologne. Son collègue Aemilius obligea les Ligures réfugiés sur les monts Ballista et Suismontius à descendre dans la plaine et les y battit. Tous les peuples en-deçà de l'Apennin étaient soumis. Aemilius acheva la pacification de la Ligurie et fit construire une route entre Plaisance à Ariminium pour rejoindre la voie Flaminia.

En Gaule, le préteur Furius avait désarmé les Cénomans sans prétexte. Ils protestèrent et le consul Aemilius leur donna raison. Les alliés se plaignirent parce que de nombreux Latins s'étaient installés à Rome et avaient été compris dans le recensement. Douze mille furent renvoyés dans leurs cités. Le proconsul Fulvius rentra d'Etolie et demanda le triomphe et l'obtint. Apprenant qu'Aemilius, qui le détestait, rentrait à Rome pour s'y opposer, il en avança la date. Il fit porter devant son char de grosses quantités d'or et d'argent, des statues et des armes. Vingt-sept chefs ennemis prisonniers défilèrent. Chaque soldat reçut vingt-cinq deniers sur le butin. Les comices désignèrent comme consuls Sp. Postumius Albinus et Q. Marcius Philippus.

A la fin de l'année, Manlius triompha des Gaulois d'Asie. Le luxe entra dans Rome avec l'armée d'Asie. On vit des lits ornés de bronze, des tapis précieux, des meubles élégants. On vit aussi apparaître des musiciens dans les banquets et les cuisiniers, jusque là les derniers des esclaves, devinrent recherchés. Manlius fit porter beaucoup d'or et d'argent. Cinquante-deux chefs ennemis défilèrent. Chaque soldat reçut quarante-deux deniers et la solde fut doublée. Le sénat décida qu'avec ces richesses on rembourserait les avances faites par le peuple. Des dépêches annoncèrent que les Celtibères et les Lusitaniens dévastaient les terres des alliés. Les nouveaux consuls furent chargés de l'affaire.

Ils furent également chargés d'instruire contre les associations secrètes. Un soi-disant prêtre grec était arrivé en Etrurie. Il avait initié quelques personnes à sa mystérieuse religion et, peu à peu, les adeptes étaient devenus nombreux. Les réunions se transformèrent en orgies. La contagion s'étendit à Rome. P. Aebutius, orphelin d'un chevalier, avait été élevé par sa mère, Duronia, et son second mari, T. Sempronius Rutilus, un homme malhonnête qui voulut corrompre son pupille en le faisant initier aux mystères de Bacchus. Pour l'initiation, il fallait d'abord observer dix jours de chasteté. Or le jeune homme fréquentait une prostituée, Hipsala Faecenia, tombée amoureuse de lui. Il lui expliqua la cause de cette abstinence. Hipsala avait assisté à ces scènes quand elle était esclave. Elle lui fit jurer de ne pas y aller. Alors sa mère et son beau-père le chassèrent de chez lui. Il se réfugia chez sa tante paternelle et lui raconta tout. Le lendemain, sur ses conseils, il alla tout rapporter au consul Postumius.

Celui-ci demanda à sa belle-mère d'organiser chez elle une rencontre entre lui et la tante du jeune homme, puis avec Hipsala qu'il encouragea à lui révéler ce qui se passait dans le bois sacré de Stimula lors des bacchanales. Il fallut lui promettre la sécurité et elle raconta. Au départ, le sanctuaire n'était ouvert qu'aux femmes et l'initiation se faisait de jour. Une campanienne nommée Paculla Annia avait initié des hommes en amenant ses deux fils, Minius et Herennius Cerrinius, remplacé le jour par la nuit et multiplié les cérémonies. Depuis lors les hommes se livraient à la débauche entre eux et les hésitants étaient tués. Les membres de la secte était déjà nombreux et certains venaient de familles nobles. Après cette déposition, Hipsala fut installée chez la belle-mère du consul et Aebutius chez un de ses clients. Ensuite Postumius fit son rapport au sénateurs qui ordonnèrent d'entamer une procédure contre les Bacchanales. Postumius révéla devant l'assemblée du peuple tout ce qu'on savait.

C'étaient des femmes et des hommes efféminés abrutis par l'ivresse. Cette secte pouvait s'attaquer à l'Etat lui-même. Rien n'était plus dangereux que le crime masqué par la religion. Le consul promit des récompenses à quiconque dénoncerait un coupable. Sitôt l'assemblée dispersée, la peur se répandit en ville et dans toute l'Italie. A la nuit, les gardes arrêtèrent beaucoup de fuyards aux portes de la ville. Des gens furent dénoncés, certains se suicidèrent. On estimait le nombre des conjurés à sept mille. Leurs chefs furent exécutés. Ceux qui avaient été initiés mais n'avaient pas commis de crimes furent laissés en prison mais les coupables de meurtre, de prostitution ou de fraudes furent condamnés à mort. Il y en eut plus que de prisonniers. Les femmes furent remises à leur famille pour être exécutées discrètement. On ordonna aux consuls de faire disparaître les bacchanales de toute l'Italie et de ne respecter que les autels anciennement consacrés à Bacchus. Aebutius et Hipsala reçurent chacun cent mille as. Aebutius fut dispensé de service militaire et Hipsala eut le droit d'épouser un homme libre.

Q. Marcius marcha contre les Ligures Apuans mais il s'engagea dans un défilé où l'ennemi l'attendait et perdit quatre mille hommes. Malgré ses efforts, le consul ne parvint pas à étouffer l'affaire. Au même moment, on reçut une lettre d'Espagne. Le préteur Atinius avait battu les Lusitaniens mais avait été tué. En Espagne citérieure, Manlius Acidinus battit les Celtibères. Il aurait pu les soumettre si son successeur n'était pas arrivé. Ces nouvelles arrivèrent alors qu'on célébrait les jeux tauriens. M. Fulvius fit représenter pendant dix jours les jeux qu'il avait voués en Etolie. Beaucoup d'artistes vinrent de Grèce. C'est la première fois qu'on vit à Rome un combat d'athlètes et une chasse de lions et de panthères. On apprit qu'on avait découvert en Ombrie un hermaphrodite de douze ans. On le fit exécuter hors du territoire romain. Des Gaulois transalpins s'installèrent sans violence en Vénétie. L. Scipion célébra pendant dix jours les jeux voués lors de la guerre contre Antiochus avec l'argent donné par les rois et les cités d'Asie. Les comices qui désignèrent Ap. Claudius Pulcher et M. Sempronius Tuditanus comme consuls.

Philippe avait été blessé par l'interdiction du sénat de se venger de ceux qui l'avaient abandonné pendant la guerre. Plus tard, Lamia s'était rendue aux Romains après lui avoir résisté. Acilius l'avait calmé en le laissant occuper l'Athamanie. Malgré cela, le roi préparait ses forces. Il augmenta les impôts et l'exploitation des mines. Il encouragea ses sujets à avoir des enfants et fit venir des Thraces en Macédoine. Sa haine de Rome fut ranimée par l'attitude du sénat qui écouta les plaintes des Thessaliens et des Perrhébiens contre lui. Eumène dénonça ses conquêtes en Thrace. Le sénat envoya des commissaires pour juger sur place. Toutes les cités en contestation avec Philippe furent convoquées en assemblée à Tempé. Les récriminations des Thessaliens étaient innombrables. Philippe lui aussi avait à se plaindre. Après avoir entendu tout le monde, les commissaires romains exigèrent que le roi reste dans les anciennes limites de la Macédoine. Il en fut très irrité. On alla ensuite à Thessalonique discuter de la Thrace et du cas de la ville de Maronée. Les députés d'Eumène vinrent contester les droits de Philippe. Celui-ci répondit en comparant son rôle dans la guerre contre Antiochus avec celui d'Eumène. Il estimait que les Romains ne lui rendaient pas justice. Son discours impressionna les commissaires mais ils firent une réponse ambigüe. Tout cela aigrit Philippe contre les Romains et Persée reprit les projets de son père. A Rome, on ne soupçonnait rien.

Le proconsul L. Manlius, de retour d'Espagne, demanda le triomphe mais l'usage voulait qu'on ne l'accorde que si la province était pacifiée. On lui décerna l'ovation. Il fit défiler de fortes quantités d'or et d'argent destinées au Trésor public. Il y eut des mouvements d'esclaves en Apulie. Le préteur qui était à Tarente enquêta sur les attroupements de bergers brigands et condamna près de sept mille hommes dont beaucoup furent exécutés. Au début du printemps, les préteurs commandant en Espagne réunirent leurs troupes et avancèrent en Carpétanie. Près de Tolède, il y eut une rencontre imprévue avec l'ennemi qui eut l'avantage par sa connaissance du terrain mais n'en profita pas. Les Romains avaient perdu cinq mille hommes. Les ennemis partirent vers le Tage. Les préteurs reçurent des secours des villes espagnoles alliées et les suivirent. Les Espagnols furent surpris de leur arrivée et les laissèrent même passer le fleuve à gué sans réagir. La bataille fut âpre mais une charge des cavaliers romains mit les ennemis en déroute. Leur camp fut pris. Seuls quatre mille d'entre eux, sur trente-cinq mille, purent s'échapper. Les Romains perdirent huit cents hommes.

Les consuls menèrent leurs armées en Ligurie. Sempronius ravagea les terres des Apuans et avança jusqu'à Luna. Ap. Claudius battit plusieurs fois les Ingaunes, leur prit six places et fit exécuter quarante-trois meneurs. Il rentra ensuite à Rome pour les comices et parvint à faire désigner son frère, P. Claudius Pulcher, comme consul patricien avec le plébéien L. Porcius Licinus. Au début de leur consulat, les commissaires envoyés en Macédoine, ainsi que les ambassadeurs de Philippe et d'Eumène arrivèrent. Ils ne firent que répéter ce qui avait déjà été dit. Le sénat décida l'envoi d'une nouvelle commission, dirigée par Ap. Claudius, qui devrait libérer la côte thrace de la domination macédonienne et intervenir dans le Péloponnèse où les Lacédémoniens se plaignaient de la perte de leurs lois. De rage, Philippe fit massacrer la population de Maronée. Les commissaires protestèrent auprès du roi et ils se quittèrent, les uns mécontents, l'autre persuadé qu'il devait prendre les armes. Philippe voulut gagner du temps en envoyant à Rome son deuxième fils, Demetrius, qui y avait été otage et y avait laissé de bons souvenirs. En même temps, il faisait une expédition en Thrace pour mettre au pas les petits rois de la région. Il excitait également les barbares voisins de l'Hister à entrer en Italie.

Dans le Péloponnèse, le préteur Lycortas convoqua l'assemblée. Elle condamna à mort Areus et Alcibiade, les deux anciens bannis lacédémoniens qui, maintenant, accusaient les Achéens. Les commissaires furent reçus à Clitor, en Arcadie. Appius déclara que le sénat désapprouvait les violences dont étaient victimes les Lacédémoniens. Lycortas répondit que, dans le massacre de ceux qui avaient été convoqués par Philopoemen, c'étaient les bannis, dont Areus et Alcibiade, qui étaient fautifs. On accusait les Achéens d'avoir renversé les murailles de Lacédémone, mais ces remparts étaient l'œuvre des tyrans et la cité avait vécu huit cents ans sans eux. Quant aux lois de Lycurgue, c'étaient également les tyrans qui les avaient détruites. Les Achéens avaient seulement fait entrer Lacédémone dans une fédération des cités du Péloponnèse. Lycortas ajouta que les Achéens acceptaient l'autorité de Rome mais ne voulaient pas que l'ancien ennemi soit mieux traité que l'allié. L'assemblée applaudit ce discours mais les Romains ne pouvaient reculer. Appius conseilla aux Achéens de se soumettre volontairement avant d'y être forcés. On lui répondit de décider lui-même et de ne pas obliger les Achéens à violer des serments. Il ne fit que casser la sentence portée contre Areus et Alcibiade.

On avait assigné la Ligurie aux deux consuls parce qu'il n'y avait pas de guerre ailleurs. On discuta sur le devenir de l'armée d'Espagne. Il fut finalement décidé d'envoyer de nouvelles recrues et de libérer les vétérans. La mort d'un préteur provoqua des discussions sans fins entre le sénat, le consul Porcius et un des candidats. Celui-ci était déjà édile et le consul estimait illégale sa candidature. Finalement, on renonça au remplacement du préteur décédé. Après cela, il y eut la question de la censure. Elle était briguée en particulier par M. Porcius Caton. Il était bon général, bon juriste et bon orateur. On pouvait seulement lui reprocher un caractère rude et une franchise excessive. Tous ses compétiteurs s'étaient ligués contre lui, s'indignant de voir un homme nouveau à cette magistrature. Ils craignaient surtout qu'il ne montre dans sa censure une sévérité dangereuse. Il fut élu par le peuple malgré l'opposition de la noblesse. Son collègue fut L. Valerius Flaccus. Ensuite les magistrats rejoignirent leurs provinces. Naevius, préteur de Sardaigne, fut retardé par son enquête contre des empoisonneurs. Deux mille personnes furent condamnées. Postumius, préteur de Tarente, dispersa des bandes de bergers et poursuivit les débris des Bacchanales.

En Espagne ultérieure, les Lusitaniens étaient abattus. En citérieure, Terentius prit Corbion et le reste de l'hiver fut calme. Les sénateurs décernèrent le triomphe aux anciens préteurs Calpurnius et Quinctius qui rapportèrent beaucoup d'or. Les censeurs exclurent sept sénateurs dont le consulaire T. Quinctius Flaminius. Caton prononça contre lui un discours implacable. Il lui reprocha d'avoir emmené en Gaule un jeune débauché. Un jour qu'ils étaient ivres, un noble boien se présenta avec ses enfants pour demander la protection de Rome. Quinctius l'avait tué pour amuser son compagnon. Les censeurs demandèrent aux citoyens d'intégrer à leur déclaration de revenus les bijoux de leur femme. Les esclaves de moins de vingt ans vendus depuis le dernier lustre furent estimés dix fois plus que leur prix. Les particuliers ne purent plus prélever d'eau des aqueducs et les maisons qui dépassaient sur la voie publique furent détruites. Il firent construire de nouveaux égouts. Ils affermèrent les impôts à un très haut prix et les travaux publics au rabais. Ce fut une censure célèbre mais elle excita la haine contre Caton.

Deux colonies furent fondées à Potentia, dans le Picenum, et à Pisaurum, chez les Gaulois. Les nouveaux consuls furent M. Claudius Marcellus et Q. Fabius Labeo. Le préteur Julius se hâta de partir pour la Gaule. Les Gaulois transalpins étaient entrés en Italie et bâtissaient une ville là où se trouve maintenant Aquilée. Il devait s'y opposer. Le grand pontife mourut. Pour ses funérailles, on distribua de la viande au peuple et on donna un combat de cent vingt gladiateurs. Un orage obligea à abriter sous des tentes le banquet organisé au forum. La foule dit que la prédiction selon laquelle on camperait un jour au forum était accomplie. Les consuls présentèrent au sénat les députés des pays d'outre-mer. Jamais Rome n'avait vu tant d'étrangers. Tous ceux qui souffraient du voisinage de Philippe étaient accourus à Rome. Le jeune Demetrius, incapable de répondre à tout, lut une déclaration de son père dans laquelle le roi prétendait avoir agi conformément aux demandes des commissaires et se plaignait de la partialité de ceux-ci. On décida d'envoyer de nouveaux commissaires corriger les irrégularités qui avaient pu être commises. L'estime témoignée au jeune prince le firent détester à la cour de Macédoine.

Messène venait de quitter la ligue achéenne. Philopoemen fut surpris avec une faible escorte alors qu'il marchait sur Coronée. Il fut capturé et traité avec respect. Les habitants de Messène se précipitèrent pour le voir. Le lendemain, le peuple voulut qu'il soit libéré mais les chefs de la révolte décidèrent de le faire mourir et il fut empoisonné. Par la suite, Messène vaincue dut livrer les coupables aux Achéens et la ligue lui fit des funérailles grandioses. T. Quinctius Flaminius se rendit à la cour de Prusias qui avait accueilli Hannibal après la défaite d'Antiochus et fait la guerre à Eumène. Aussitôt après l'entrevue, des soldats investirent la maison d'Hannibal. Celui-ci connaissait l'inconstance de Prusias. Il avait pratiqué des issues secrètes dans sa maison mais elle fut cernée si étroitement que la fuite était impossible. Hannibal se fit alors apporter du poison qu'il avait en réserve et le but. Hannibal, Philopoemen et Scipion l'africain, les trois généraux les plus célèbres de leur siècle, sont tous trois morts en terre étrangère, d'une façon qui ne correspondait pas à l'éclat de leur vie.

Pendant ce temps, Demetrius et les ambassadeurs rentrèrent en Macédoine. La foule, effrayée à l'idée d'une guerre contre Rome, accueillit avec faveur le jeune prince. Il était plus jeune que Persée mais la mère de celui-ci n'était qu'une concubine. Demetrius était le portrait de son père. Persée commençait à penser que son droit d'aînesse pèserait peu dans la succession. Philippe redoutait également son jeune fils. Il voyait d'un œil jaloux l'empressement du peuple pour lui. De son côté, Demetrius était revenu de Rome avec une trop haute idée de lui-même. La jalousie de Philippe et de Persée se renforça quand il fallut rappeler des garnison sur l'ordre du sénat. Demetrius se montrait plus empressé auprès des ambassadeurs que de son père. Voulant écarter les soupçons, Philippe conduisit son armée en Thrace. Il prit Philippopolis et obligea les barbares de la plaine à se soumettre. Laissant à Philippopolis une garnison que les Odryses chassèrent, il alla fonder une ville en Péonie et l'appela Perseis.

Les consuls partirent pour leurs provinces. Marcellus ordonna au proconsul Porcius de marcher contre la nouvelle ville des Gaulois. Les barbares se soumirent. Ils étaient douze mille. Ils envoyèrent une délégation à Rome pour exposer au sénat que le manque de terre et la famine en Gaule les avaient obligés à franchir les Alpes pour chercher où s'installer. Ils avaient trouvé un lieu désert, ils s'y étaient fixé sans faire de tort à personne et s'étaient mis sous la protection du peuple romain. On leur avait ordonné de partir, ils s'y étaient résigné. Mais ils protestaient parce qu'on leur avait enlevé leurs armes. Le sénat envoya des commissaires pour leur rendre leurs biens à condition qu'ils rentrent en Gaule pour bien montrer qu'on ne voulait pas de ces migrations. Les Alpes étaient une barrière entre la Gaule et l'Italie qu'il ne fallait pas franchir. On établit à Aquilée une colonie latine et des citoyens romains furent envoyés à Modène et à Parme sur des terres prises aux Boiens. Le proconsul Terentius battit les Celtibères sur l'Ebre. En Espagne ultérieure, le proconsul Sempronius était malade et les Lusitaniens restèrent tranquilles. Aux comices, Cn. Baebius Tamphilus et L. Aemilius Paulus furent désignés consuls. Des prodiges entraînèrent des supplications. On crut qu'une île était apparue près de la Sicile.

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