Livre 40: 182-179 av. JC

On apprit que les Apuans menaçaient Pise. En Espagne citérieure les Celtibères s'agitaient et en ultérieure la discipline était relâchée. Cela fit décider la levée de nouvelles armées. Quatre légions et quinze mille Latins revenaient aux consuls. Sept mille Latins devaient être envoyés en Gaule. Quatre mille Romains et sept mille Latins iraient en Espagne. Le printemps fut très orageux. Un ouragan fit de gros dégâts. On le considéra comme une prodige et les haruspices ordonnèrent qu'on en conjure les effets. On fit des expiations pour un mulet à trois pieds. A la même époque, on apprit la mort de Sempronius en Espagne ultérieure. Quant à Philippe, les inquiétudes augmentaient. Tout annonçait une rupture prochaine. Il avait peur de tout. Herodicus, un thessalien, et ses deux gendres avaient été égorgés sur son ordre quelques années auparavant. Ses filles restèrent veuves avec des fils en bas âge. L'une se remaria avec Poris, un notable énien. A sa mort, l'autre la remplaça et veilla sur toute la famille. Elle apprit l'ordre d'arrêter les enfants des victimes du roi. Poris décida alors de s'exiler à Athènes mais le vent les empêcha de s'éloigner. Le matin, au moment d'être rejoints par un navire royal, ils se suicidèrent tous. Cette affaire rendit le roi odieux à tous.

Persée, voyant la popularité de son frère, commença à interroger les amis de son père. Quand ceux-ci comprirent que la haine de Philippe et de Persée contre les Romains augmentait, ils entrèrent dans leurs vues. Ils multipliaient les critiques contre Rome et ses institutions. En répondant, Demetrius excitait les soupçons de son père qui reporta sa confiance sur Persée. A cette époque revinrent les agents qu'il avait envoyés chez les Bastarnes demander des secours. L'alliance de cette nation guerrière releva le courage de Philippe et Persée en profita. C'était le moment de la revue traditionnelle de l'armée qui se déroule ainsi. On coupe une chienne en deux et les troupes royales défilent entre la tête à droite et les entrailles à gauche. Philippe parut avec ses deux fils, Persée âgé de trente ans et Demetrius de vingt-cinq. Après le défilé, l'armée mima un combat. Le groupe de Demetrius l'emporta. Persée vit le parti qu'il pouvait en tirer. Les deux frères donnèrent un banquet à leurs partisans. Persée avait envoyé chez Demetrius un espion qui fut repéré et maltraité. Par amitié Demetrius entraîna ses convives chez son frère. Ceux qui avaient frappé l'espion cachèrent des armes pour pouvoir se défendre. Persée fit semblant de se barricader. Démétrius, ivre et ignorant de ce qui se tramait, rentra chez lui. Le lendemain, Persée l'accusa auprès de Philippe d'avoir voulu le faire assassiner.

Le roi fit venir Demetrius. Il avait montré à ses fils les catastrophes qu'entraînait la discorde entre des frères. Il avait cité en exemple les deux rois de Lacédémone, Eumène et Attale, même les deux Scipion. Rien n'y avait fait. Il leur demanda d'exposer leurs griefs. Persée prit la parole, faussement indigné. Il accusa son frère de vouloir régner à tout prix. Il demanda que soient convoqués certains convives de son frère. Il était menacé parce qu'il refusait de voir les Romains dépouiller la Macédoine. Ceux-ci attendaient sa disparition et celle de Philippe. En bref, il accusait son frère de vouloir prendre le pouvoir avec l'appui de Rome. Demetrius était consterné. Il essaya de démonter les accusations de Persée en rappelant que ce n'était pas lui qui avait demandé à être otage ni ambassadeur à Rome. Philippe fit sortir ses fils et conféra avec ses amis. Démétrius avait réussi à détruire l'accusation de complot mais son crédit à Rome était mal vu. Les premiers germes de la nouvelle guerre de Macédoine étaient semés.

Rentrant d'Espagne, Terentius reçut l'ovation. La même année, il y eut contestation entre les Carthaginois et Massinissa à propos d'une province. Le père du roi l'avait prise aux Carthaginois. Syphax la leur avait rendue et Massinissa venait de la reprendre. Les arbitres romains laissèrent la province à Massinissa tout en renvoyant le fond du problème au sénat. En Ligurie, les ennemis se dispersèrent. Le sénat ordonna à un consul de licencier son armée et de revenir à Rome, et à l'autre de passer l'hiver à Pise. On disait que les Gaulois transalpins allaient attaquer mais on ne savait pas où. Ce fut Baebius qui rentra pour les élections parce que son frère se présentait. Les nouveaux consuls furent P. Cornelius Lentulus et M. Baebius Tamphilus. On leur attribua encore la Ligurie. Le préteur d'Apulie eut aussi la responsabilité de l'Istrie parce que les gens de Tarente et de Brindes se plaignaient des pirates. Les Marseillais se plaignaient aussi de pirates ligures. Les consuls reçurent quatre légions et seize mille Latins. On s'occupa aussi de la marine. On fit armer vingt navires dont les équipages furent formé de Romains sortis d'esclavage.

Plusieurs prodiges eurent lieux et une épidémie ravagea la campagne. Le sénat décida des sacrifices et on consulta les livres sibyllins. Les consuls firent proclamer qu'il y aurait trois jours de supplication dans toute l'Italie. La mortalité était si forte qu'on ne put lever les huit mille fantassins et les trois cents cavaliers latins destinés à combattre les Corses et les Sardes révoltés. Il fallut prendre des hommes à l'armée de Pise. Le préteur d'Apulie dut encore s'occuper des bacchanales. On reçut des ambassades d'Eumène, d'Ariarathe, roi de Cappadoce, et de Pharnace, roi du Pont. Les Achéens annoncèrent qu'ils avaient repris Messène. On promit aux bannis de Lacédémone qu'on intercèderait pour eux. Philippe de Macédoine avait envoyé deux ambassadeurs pour voir si Demetrius avait réellement eu des conversations avec les Romains pour ôter la couronne à son frère. C'était en fait des complices de Persée. Pour tenir ses troupes en haleine, Philippe marcha contre la Médique. Il voulait monter au sommet du mont Hemus pour voir d'un coup d'œil le Pont-Euxin, l'Adriatique, le Danube et les Alpes. Tout le monde lui dit que la route était impraticable pour une armée. Il demanda alors son avis à Demetrius. Le roi ne voulait pas exposer ses deux fils en même temps. Il voulait emmener l'aîné et laisser le deuxième garder la Macédoine.

Demetrius, sachant qu'on se méfiait de lui, approuva la résolution de son père. On le fit escorter jusqu'en Macédoine par Didas, un général dévoué à Persée. Philippe, arriva au pied de la montagne. Au fur et à mesure de l'ascension, le terrain devenait boisé et difficile. Le sommet était enveloppé par un épais brouillard. Le troisième jour, le but fut atteint. Il est peu probable que le roi ait vu grand'chose. Il éleva des autels à Jupiter et au soleil et redescendit. Manquant de vivres, il passa chez les Denthélètes, ses alliés, et pilla leur territoire. Il retourna ensuite en Médique assiéger Pétra. Les habitants se rendirent et donnèrent des otages mais, sitôt Philippe parti, s'enfuirent dans les montagnes. Le roi, poussé par les messages de Didas, retourna en Macédoine. Le général avait mis Demetrius en confiance et avait appris ses projets. Le prince voulait se réfugier à Rome. Les ambassadeurs montrèrent au roi une fausse lettre de Quinctius qui confirmait les dires de Persée. Un confident de Demetrius mourut sous la torture sans rien révéler mais Persée renouvela ses accusations. On jugea à propos d'éliminer discrètement le jeune prince. Philippe envoya Demetrius à Astrée, en Péonie, et ordonna à Didas de le faire disparaître. Celui-ci l'empoisonna et on l'acheva en l'étouffant dans sa chambre.

Pendant ce temps, L. Aemilius Paulus pénétra sur le territoire des Ingaunes. Des députés vinrent soi-disant demander la paix et demandèrent un délai pour convaincre leurs compatriotes. Les Ingaunes en profitèrent pour attaquer le camp. Aemilius envoya des messagers au proconsul Baebius pour demander du secours. Mais l'armée de celui-ci était en route pour la Sardaigne. Baebius écrivit à M. Claudius Marcellus de venir de Gaule dégager le camp assiégé. Tout cela demandait du temps et l'attaque reprit le lendemain. Aemilius cherchait à gagner du temps en restant enfermé. Malheureusement, les troupes de Gaule étaient en opération et les levées, gênées par l'épidémie, traînaient. Les consuls enrôlèrent des volontaires sur la route et exigèrent le serment militaire de tous ceux qui avaient moins de cinquante ans. Aemilius, ne voyant rien venir, tenta sa chance. Les premiers jours, les Ligures se présentaient en bon ordre mais rapidement ils ne sortirent plus que gorgés de nourriture et de vin, persuadés que les Romains ne bougeraient pas. On les laissa approcher et on fondit sur eux. Ce fut la débandade. La cavalerie romaine poursuivit les fuyards. Les Ligures perdirent quinze mille hommes et se soumirent. Le sénat décréta trois jours de supplications et on licencia les troupes enrôlée à la hâte.

L'année fut marquée par la sécheresse et la disette. Il y eut six mois sans pluie. En creusant dans un champ au pied du Janicule, des paysans trouvèrent deux coffres en pierre avec des inscriptions grecques et latines disant qu'ils contenaient le corps de l'ancien roi Numa Pompilius et ses livres. L'un était vide et dans l'autre il y avait quatorze volumes paraissant presque neufs. Sept étaient en latin et traitaient du droit des pontifes. Les sept autres étaient en grec et parlaient de philosophie. Beaucoup de gens les lurent jusqu'à ce que le préteur de la ville s'aperçoive qu'ils contenaient des principes contraires au culte établi. Il les fit brûler.

La guerre éclata en Espagne citérieure. Les Celtibères avaient trente-cinq mille hommes. Fulvius, qui commandait la province, avait levé tous les auxiliaires possibles mais c'était insuffisant. Au printemps, il alla chez les Carpétans, mit une garnison dans Ebura et campa devant la ville. Les Celtibères se postèrent non loin et se rangèrent en bataille entre les deux camps. Les Romains restèrent quatre jours enfermés dans leurs retranchements. Fulvius, pensant que inaction avait persuadé les Celtibères qu'il n'attaquerait pas le premier, envoya de nuit L. Acilius et six mille auxiliaires derrière l'ennemi. A l'aube, il fit avancer Scribonius, le préfet des alliés, contre le camp espagnol. Les Celtibères envoyèrent toutes leurs forces. Scribonius se replia. Les Espagnols le poursuivirent. Quand ils furent près du camp romain, le préteur fit sortir ses troupes en hurlant pour prévenir Acilius.

Le camp espagnol tomba immédiatement et les Romains en incendièrent la partie visible du champ de bataille. Les Celtibères virent qu'il ne leur restait plus qu'à combattre. Ils tinrent longtemps puis s'enfuirent dans toutes les directions, poursuivis par la cavalerie. Ils perdirent vingt-trois mille hommes. Le préteur perdit deux cents Romains, huit cents alliés et deux mille quatre cents auxiliaires. Il alla assiéger Contrébie. Les chemins rendus impraticables par la pluie empêchèrent les Celtibères d'intervenir. La place capitula et les Romains se logèrent en ville. Quand les renforts celtibères arrivèrent enfin, ignorant la reddition de la ville, ils crurent les Romains établis de l'autre côté ou partis. Ils avancèrent sans précautions. Les Romains firent une brusque sortie et les Celtibères s'enfuirent. Ils perdirent encore douze mille hommes et cinq mille furent faits prisonniers. Fulvius ravagea la région et força la plupart des Celtibères à se soumettre. En Espagne ultérieure, Manlius eut aussi le dessus sur les Lusitaniens.

Une colonie latine fut établie à Aquilée. Un temple à Venus Erycine et un autre à la Piété furent dédicacés. La première statue dorée d'Italie fut placée dans le second. Le proconsul Aemilius Paulus triompha des Ingaunes. Une foule de notables prisonniers défilèrent. Chaque soldat reçut trois cents as. La cérémonie fut rehaussée par une ambassade ligure qui venait demander la paix perpétuelle. On leur répondit que ce n'était pas la première fois mais qu'ils n'avaient qu'à faire ce que les consuls leur diraient. On eut donc la paix en Ligurie. En Corse, il fallut combattre. Le préteur contraignit les habitants à donner des otages et cent mille livres de cire. Il y eut aussi des combats en Sardaigne. On rendit cent otages aux Carthaginois. Les comices désignèrent A. Postumius Albinus Luscus et C. Calpurnius Pison comme nouveaux consuls. Le sénat entendit un compte-rendu de la pacification de l'Espagne. Fulvius faisait savoir que son armée n'avait besoin ni de solde ni de vivres mais qu'elle servait depuis longtemps et qu'il fallait l'autoriser à rentrer en Italie faute de quoi on risquait des actes d'indiscipline.

Ti. Sempronius succéda à Fulvius Flaccus en Espagne citérieure. Il voulut savoir si les Celtibères étaient réellement soumis. Le lieutenant interrogé répondit qu'on ne pouvait deviner les dispositions des Celtibères mais qu'on ne pouvait pas savoir non plus jusqu'à quand durerait la docilité des vieux soldats. Fulvius fut autorisé à rapatrier les soldats les plus anciens. A l'arrivée des renforts, il pourrait licencier en gardant vingt trois mille hommes. Il y eut ainsi, cette année, huit légions en plus de l'armée de Ligurie qui attendant son licenciement. Les levées furent difficiles à cause de l'épidémie qui ravageait l'Italie depuis trois ans et qui emporta le consul Calpurnius. On la mit au nombre des prodiges, on chargea le grand pontife de chercher des expiations et on offrit des statues dorées à Apollon, Esculape et Salus. Il y eut deux jours de supplications. Tous les citoyens y assistèrent, des couronnes sur la tête et des branches de laurier à la main. Une enquête eut lieu pour voir s'il n'y avait pas aussi des empoisonnements. La mort du consul paraissait suspecte. On soupçonnait sa femme, Quarta Hostilia. Ces soupçons furent renforcés quand son fils succéda à son beau-père. Des témoins affirmaient l'avoir entendu dire à son fils qu'elle saurait assurer sa nomination. Elle fut condamnée pour cela.

Pendant ce temps, Cornelius et Baebius conduisaient leurs armées contre les Apuans qui ne s'y attendaient pas. Ils se rendirent. On voulut les déporter loin de leurs montagnes pour faire cesser les guerres. Ils supplièrent qu'on ne les éloigne pas des tombeaux de leurs ancêtres mais ils n'étaient pas de force à reprendre la lutte. On déplaça quarante mille hommes, femmes et enfants dans le Samnium, on leur donna de l'argent et on leur distribua des terres. Cornelius et Baebius rentrèrent ensuite à Rome et reçurent le triomphe. Ce furent les premiers généraux à recevoir cet honneur sans avoir combattu. Flaccus, proconsul d'Espagne, comme son successeur tardait, quitta ses quartier d'hiver et alla ravager les régions encore non soumises de Celtibérie. Cela poussa les barbares à la rébellion. Au même moment, il fut appelé à Tarragone pour licencier ses vétérans et incorporer les recrues. Cela l'obligea à quitter la Celtibérie. Les barbares attaquèrent l'armée engagée dans un défilé. Avec sang-froid, Fulvius fit face et, finalement, les Espagnols s'enfuirent. Leur déroute fut complète et ils perdirent dix-sept mille hommes. L'armée arriva triomphante à Tarragone. On régla le sort des vétérans et Fulvius rentra à Rome.

En Ligurie. Les consuls réduisirent les Ligures en interceptant leurs convois. Ils reçurent la soumission des Apuans des bords de la Magra et les firent transporter dans le Samnium. Postumius fit couper les vignes et brûler les récoltes des Ligures de la montagne pour les forcer à se rendre. Avant l'arrivée des consuls à Pise, l'armée était commandée par A. Postumius et le tribun militaire M. Fulvius Nobilior. Celui-ci licencia sa légion. Apprenant cela par hasard, Postumius courut après les soldats démobilisés et les ramena à Pise. Le tribun fut relégué en Espagne et les hommes ne reçurent que six mois de solde pour l'année. Les réfractaires furent vendus. La même année, L. Duronius accusa Gentius, roi d'Illyrie, de piraterie et affirma que des Romains étaient prisonniers à Corcyre. On décida que le préteur C. Claudius enquêterait. Les habitants de Cumes obtinrent le droit de rédiger leurs actes publics en latin. Les Pisans offrirent des terres pour une colonie latine. Le préteur Maenius annonça que, dans l'enquête sur les empoisonneurs, il avait condamné trois mille personnes et qu'il était sur la trace de beaucoup d'autres.

Q. Fulvius Flaccus, de retour d'Espagne, fut nommé consul avec L. Manlius Acidinus. Il triompha en apportant de grosses quantités d'or et d'argent et distribua des gratifications aux troupes. Le tribun du peuple L. Villius fit adopter une loi qui fixait l'âge requis pour les différentes magistratures. P. Mucius Scaevola, préteur de la Villle, reçut l'enquête sur les empoisonnements. Fulvius voulut célébrer les jeux à Jupiter et élever le temple à la Fortune Equestre qu'il avait promis en Espagne. Les Espagnols avaient fourni l'argent. L'hiver fut très rigoureux. Il tomba beaucoup de neige. Beaucoup d'arbres furent gelés. Un ouragan interrompit les Féries latines. Plusieurs statues furent endommagées au Capitole, il y eut de la foudre et on apprit la naissance d'un mulet à trois pattes. Les comices censoriens nommèrent M. Aemilius Lepidus et M. Fulvius Nobilior qui se détestaient. Les principaux sénateurs les supplièrent de se réconciler. Aemilius se plaignit d'avoir été deux fois écarté du consulat par Fulvius. Celui-ci affirma que son collègue avait répandu des calomnies sur son compte. Pourtant ils s'engagèrent à oublier leurs griefs et furent conduits au Capitole au milieu des applaudissements.

En Espagne, Albinus devait marcher contre les Vaccéens et Gracchus pénétrer en Celtibérie. Celui-ci prit Munda d'assaut puis mit le siège devant Certima. Les habitants lui demandèrent la permission d'aller demander l'aide des autres Celtibères. Ce fut accordé. Quelques jours plus tard, ils revinrent avec des députés. On leur donna à boire, ils vidèrent leurs coupes et en redemandèrent. Les Romains rirent de cette ignorance des usages. Ils demandèrent ce qui donnait à Gracchus l'audace de les attaquer. Alors il fit mettre son armée sous les armes et lui fit faire quelques évolutions devant eux. Après cela, les délégués déconseillèrent à leurs compatriotes d'intervenir. La place capitula. Il marcha ensuite sur Alcé près de laquelle campaient les Celtibères. Il les attira jusqu'au camp romain et les mit en déroute par une brusque sortie. Gracchus ravagea ensuite la Celtibérie. La plupart des peuples se soumirent. On fit beaucoup de butin et des prisonniers importants comme les enfants de Thorus, le principal roi espagnol. A cette nouvelle, celui-ci demanda à servir dans l'armée romaine et se retourna contre ses anciens alliés.

Les censeurs firent achever divers travaux comme une digue, le port du Tibre, un pont, une basilique avec des boutiques qu'on vendit au profit du trésor, des aqueducs et des canaux. Ils établirent de nouveaux impôts et modifièrent la façon de voter. Pendant ce temps, le consul Fulvius remportait une victoire contre les Ligures. Trois mille Gaulois transalpins passèrent en Italie et demandèrent des terres à Rome. Le sénat leur ordonna de quitter l'Italie et chargea Fulvius de punir ceux qui leur avait donné cette idée. C'est cette année que Philippe de Macédoine mourut, rongé de remords. Il voyait Persée qui se considérait déjà comme le roi. Seul Antigone lui était resté fidèle, ce qui lui valut la haine de Persée. Antigone établit la réalité du complot qui avait abouti à la mort de Demetrius, en particulier la fausse lettre des Romains. Cela raviva la douleur de Philippe. Persée était trop puissant pour fuir. Son père voulut le priver de la couronne en désignant Antigone comme son successeur mais il mourut trop tôt et le médecin prévint Persée qui accourut prendre le pouvoir. Cette mort permit à Rome de rassembler ses forces. Persée fit mettre à mort Antigone et, pour gagner du temps, envoya une ambassade à Rome pour renouveler l'alliance de son père. Le consul Fulvius triompha des Ligures. Il rapportait beaucoup de dépouilles mais ni or ni argent. Sitôt après, les comices désignèrent les nouveaux consul M. Junius Brutus et A. Manlius Vulso. Il y avait eu des prodiges comme un tremblement de terre, des statues qui avaient bougé et des rats qui avaient rongé des olives sacrées. Pour cela, on fit représenter une seconde fois les jeux romains.

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