Livre 41: 178-174 av. JC

(lacune)

Le consul décida d'intervenir en Histrie avant que les ennemis ne se rassemblent. Il alla camper près du lac Timave, proche de la côte. Le duumvir naval C. Furius arriva d'Ancone avec dix navires. Les bateaux furent envoyés au port le plus proche. Des postes furent placés entre le port et le camp. On mit en alerte une cohorte et deux manipules furent chargés de protéger ceux qui allaient puiser de l'eau. Une légion était sur la route d'Aquilée et surveillait ceux qui allaient au fourrage et au bois. C'est de ce côté qu'était le camp gaulois. Les Histriens furent frappés par la faiblesse des défenses du camp. Ils attaquèrent la cohorte et les deux manipules à la faveur de la brume. Abusés par la mauvaise visibilité, les Romains s'enfuirent vers le camp où la panique se mit. Tous, même le consul, se précipitèrent vers la côte. Seul un tribun essaya de résister avec quelques hommes. Ils furent massacrés et le camp fut pris et pillé. Bientôt les barbares furent gorgés de nourriture et de vin. Côté romain, c'était la débandade. Il y eut même bagarre entre les marins et les soldats qui voulaient embarquer.

Finalement, le consul ramena l'ordre dans sa troupe et organisa la reprise du camp. Un porte-enseigne jeta son drapeau par-dessus le retranchement et tous le suivirent. Les Histriens ivres furent massacrés et on retrouva tout ce qu'on avait perdu, sauf les provisions. Même les malades laissés au camp participèrent au combat. Deux habitants d'Aquilée étaient tombés sur le camp envahi par les Histriens. Il étaient repartis précipitamment et leurs informations répandirent la terreur jusqu'à Rome où l'on parla d'une armée anéantie. Une levée extraordinaire fut décrétée dans toute l'Italie. Deux légions furent formées. Dix mille hommes furent demandés aux Latins. Le consul Junius reçut l'ordre de réclamer des soldats aux cités gauloises. Les préteurs Claudius et Titinius rassemblèrent des troupes à Pise et Ariminum. Arrivé à Aquilée, Junius apprit que l'armée était sauvée. Le soulagement fut immense. Les Histriens, apprenant l'arrivée du second consul, se dispersèrent. L'armée prit ses quartiers d'hiver à Aquilée.

On apprit qu'en Sardaigne les Iliens et les Balares avaient envahi la province. Les Lyciens vinrent se plaindre des Rhodiens. Sempronius Gracchus triompha des Celtibères et Postumius triompha des Lusitaniens. De grosses sommes d'argent furent versées au Trésor et les soldats reçurent des gratifications. C'est à ce moment que Junius revint pour les Comices. Des tribuns du peuple promirent que l'autre consul aurait des comptes à rendre sur l'affaire d'Histrie. Les nouveaux consuls furent C. Claudius Pulcher et Ti. Sempronius Gracchus. A cause de la guerre, la Sardaigne fut élevée au rang de province consulaire et revint à Gracchus. Claudius obtint l'Histrie. Les Latins vinrent se plaindre du nombre de leurs concitoyens qui émigraient à Rome. Leurs cités se dépeuplaient et pourtant ils devaient toujours le même contingent de soldats. Le sénat décida d'y mettre bon ordre. Pour la Sardaigne, on décida la levée de deux légions et de douze mille alliés. Les mêmes forces furent envoyées en Histrie. Une autre légion fut dépêchée en Espagne. Des prodiges eurent lieu. Il y eut des sacrifices et des supplications.

Junius et Manlius, après un hiver passé à Aquilée, ravagèrent l'Histrie. Les habitants rentèrent de résister puis demandèrent la paix. Quand on apprit cela, le nouveau consul Claudius partit aussitôt, sans prononcer ses vœux, de peur de voir la province lui échapper. Sur place, sa conduite fut tout aussi étourdie. Il reprocha leur conduite à Manlius et Junius en présence des troupes qui refusèrent de lui obéir tant qu'il n'aurait pas prononcé les vœux à Rome. Malgré ses menaces, ils dut s'exécuter. Pendant son absence, Junius et Manlius attaquèrent Nesactium où Epulon, le roi des Histriens, était réfugié. Claudius de retour licencia l'ancienne armée et reprit l'affaire à son compte. On détourna un fleuve qui passait au pied des remparts et fournissait de l'eau aux barbares. Ceux-ci se mirent à massacrer leurs femmes et leurs enfants. La ville fut prise et Epulon se suicida. Le butin, plus important que prévu, fut laissé aux soldats. Toute l'Histrie fut ainsi pacifiée mais au même moment les Ligures redevinrent menaçants. Le sénat demanda à Claudius de passer en Ligurie. Sempronius, l'autre consul, connut aussi le succès en Sardaigne. Il mit en déroute les Iliens et les Balares. Il brûla des armes en l'honneur de Vulcain puis ramena ses troupes en quartiers d'hiver dans les villes alliées.

En Ligurie, les ennemis furent battus et leur camp fut pris. Claudius revint à Rome après avoir pacifié deux provinces dans son consulat. Le triomphe lui fut accordé. Les soldats reçurent une gratification mais les alliés n'eurent que la moitié de ce que recevaient les Romains. Ils restèrent silencieux pendant le défilé. Les Ligures, l'armée consulaire repartie et la légion de Pise licenciée, prirent Modène. Le sénat demanda à Claudius de présider immédiatement les comices et de retourner au plus vite en Ligurie. Les nouveaux consuls furent Cn. Cornelius Scipion Hispalus et Q. Petilius Spurinus. Le sénat leur assigna Pise et la Ligurie comme province. Claudius conserva son commandement pour un an. Lors du sacrifice de la prise de fonction, le bœuf offert par Petilius avait un foie anormal et celui de Cornelius n'en avait pas. Les sénateurs firent refaire les sacrifices jusqu'à complète expiation. Tous les dieux agréèrent les offrandes sauf la déesse Salus auprès de laquelle Petilius n'eut pas de succès.

Pise revint à Cornelius et les Ligures à Petilius. Les féries latines eurent lieu trois jours avant les nones de mai. Le magistrat de Lanuvium immola une victime sans prier pour le peuple romain. Les pontifes décidèrent de faire recommencer la fête. Le scrupule religieux fut accru par l'accident du consul Cornelius qui était tombé paralysé d'un côté du corps en revenant du mont albain. Après être allé prendre les eaux à Cumes, il était mort. On lui fit des funérailles magnifiques. Son collègue Petilius dut tenir des comices pour le remplacer. Pendant ce temps, il ne fallut que trois jours à Claudius pour reprendre Modène aux Ligures. Sempronius amena les Sardes à une complète soumission. Le sénat décréta deux jours de supplications mais demanda au proconsul de rester encore une année dans l'île. Les comices désignèrent C. Valerius Laevinus comme nouveau consul. Il brûlait d'agir. L'occasion lui en fut donnée par une nouvelle révolte des Ligures.

Le proconsul Claudius réagit immédiatement. Les Ligures, à son arrivée, se retranchèrent sur les monts Letus et Ballista. Le consul Petilius, ne voulant pas que la guerre s'achève sans lui, convoqua Claudius et son armée en Gaule, dans la plaine du Macra. Valerius, l'autre consul, s'y rendit également et ils se partagèrent les troupes. Ils décidèrent d'attaquer l'ennemi de plusieurs côtés et tirèrent au sort leurs positions. Les augures dirent plus tard que Petilius avait commis une irrégularité. Dans son discours aux soldats, il prédit que le jour même il occuperait le Letus. Puis il attaqua et fut tué d'un coup de javelot. Sa mort passa heureusement inaperçue et ses troupes réussirent à déloger l'ennemi. C'est alors seulement que les gardiens des poulets évoquèrent l'irrégularité dans les auspices. Les spécialistes disaient que, les deux consuls ordinaires étant morts, le consul de remplacement n'avait pas qualité pour tenir les comices.

(lacune)

P. Mucius soumit ceux qui avaient dévasté Luna et Pise. Pour cela, le sénat décréta trois jours de supplications et le sacrifice de quarante victimes. Le soulèvement des Gaulois et des Ligures apaisé, on commença à s'inquiéter de la Macédoine. Persée entretenait la lutte entre Dardaniens et Bastarnes. Des ambassadeurs macédoniens vinrent dirent que Persée n'y était pour rien. Les Dardaniens voulurent profiter de l'hiver pour réagir. Ils attaquèrent en deux groupes. L'un fut battu et les Dardaniens se retrouvèrent assiégés dans leur ville. Pendant ce temps, l'autre groupe s'emparait du camp bastarne.

(lacune)

Antiochus se ridiculisait par des cadeaux puérils à de grands personnages mais dans deux domaines il montrait une âme vraiment royale. C'était les villes et la religion. Il paya les murailles de Mégalopolis, en Arcadie. Il fit construire à Tégée un magnifique théâtre en marbre. Il offrit un service de vaisselle en or au prytanée de Cyzique. Il fit entreprendre à Athènes la construction d'un temple à Jupiter olympien. Délos lui doit des autels et des statues et Antioche un magnifique temple à Jupiter capitolin. La brièveté de son règne l'empêcha de terminer beaucoup de travaux. Ses spectacles étaient magnifiques. Il adopta la mode romaine des gladiateurs. Cela effraya d'abord ses populations puis le goût des armes se répandit.

(lacune)

Les consuls furent chargés de lever deux nouvelles légions et dix mille Latins. Cela fut difficile parce qu'une épidémie des bovins s'attaquait aux hommes. Les malades mouraient en une semaine ou restaient longtemps épuisés par la fièvre. La mortalité était énorme chez les esclaves dont les cadavres s'entassaient dans les rues. L'administration suffisait à peine aux funérailles des personnes libres. Le fléau ne cessant pas, le sénat fit consulter les livres Sibyllins. Le peuple fit le vœu de célébrer deux jours de féries si la peste s'éloignait. Il naquit un enfant à deux têtes, un autre avec une seule main et une petite fille avec des dents.

En juin, les députés rentrèrent d'Afrique, sûrs que des envoyés de Persée avaient été reçus à Carthage. Persée soumit les Dolopes qui voulaient en appeler aux Romains. Puis il alla consulter l'oracle de Delphes. Son apparition en Grèce causa quelque émoi mais il reprit ensuite le chemin de son royaume sans faire de dégâts. Il cherchait le moyen de renouer avec les Achéens qui, avec les Athéniens, avaient poussé l'animosité jusqu'à fermer leurs frontières aux Macédoniens. Son royaume servait de refuge aux esclaves d'Achaïe. Il les fit arrêter et écrivit aux Achéens. La majorité apprécia cette lettre mais Callicratès, un partisan de Rome, réagit. Les Achéens laisseraient-ils menacer leur indépendance pour quelques esclaves ? Archon, fils du préteur Xénarque replaça le débat sur la situation concrète. Persée était en paix avec Rome. Il n'y avait pas de raison que les Achéens soient plus intransigeants. La décision fut repoussée.

En Grèce, les exilés d'Hypata obtinrent qu'on les laisse rentrer mais, quand il pénétrèrent en ville, quatre-vingts d'entre eux furent massacrés. Des troubles avaient lieu en Crète. Les Lyciens se plaignaient des Rhodiens. En Espagne, les Celtibères se révoltèrent mais furent mis en déroute. Les consuls partirent pour leurs provinces. Les députés envoyés en Etolie se déclarèrent impuissants. Ap. Claudius, de retour d'Espagne, eut droit à l'ovation. Les comices désignèrent L. Postumius Albinus et M. Popilius Laenas comme consuls. Un tableau fut placé dans le temple de Mater Matuta pour célébrer les victoires en Sardaigne. Il y eut quelques combats de gladiateurs. Le principal fut donné par T. Flaminius à la mort de son père. Il y eut distribution de viande, jeux scéniques et soixante quatorze combats pendant quatre jours.

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